Personne n'a oublié sa frustration débordante. Thibaut Courtois avait eu beaucoup de mal à digérer la défaite face à la France en demi-finale de la Coupe du monde 2018 en Russie (1-0). Le gardien belge estimait que la meilleure équipe ne s'était pas imposée ce jour-là. C'est peu de dire que ses déclarations d'après-match l'avaient poursuivi… Quatre ans plus tard, les rôles se sont inversés. Le Canada était meilleur que la Belgique sur le terrain, mais c'est bien l'équipe de Courtois qui a gagné (1-0). " Ils ont frappé plus au but, en général… mais c'est le foot", a lâché le dernier rempart belge au micro de TF1, dans une phrase qui peut prêter à sourire.
Le sourire, Courtois peut l'avoir. Il a été en vue, peut-être un peu trop, dans cette entrée en matière peu convaincante de la formation de Roberto Martinez. Le gardien belge n'a pas menti. Les Canadiens ont en effet adressé beaucoup plus de tirs sur son but que les Diables Rouges sur celui de Milan Borjan : 21 à 9. Et encore, quelques frappes belges sont arrivées dans les derniers instants de la rencontre, quand le Canada s'est découvert pour tenter d'égaliser. Il fallait que le gardien du Real Madrid réponde présent dans ces conditions. C'est exactement ce qu'il a fait.
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Si le tournant du match a été en faveur de la Belgique, c'est bien à son Courtois qu'elle le doit. Il a eu la bonne inspiration en sortant le penalty d'Alphonso Davies après dix grosses minutes de jeu seulement. "Je savais que Davies tirait toujours sur la droite (du gardien), a-t-il révélé après la rencontre sur la RTBF. J'ai donc opté pour ce côté. C'est la première fois que j'arrête un penalty avec l'équipe nationale." Encore décisif par ailleurs (8e, 16e, 52e, 82e), le portier madrilène a sauvé les apparences d'une défense belge bien trop fébrile et approximative.

"Notre poule est sous-estimée"

Ce constat est dû en partie à la qualité affichée par le Canada. Les Canadiens n'avaient pourtant plus participé à une Coupe du monde depuis 1986. Malgré ce manque d'expérience, ils ont bousculé une Belgique qui ne s'attendait pas forcément à une opposition aussi relevée. "Nous avons été surpris par le pressing imposé par les Canadiens, a reconnu le meilleur gardien du Mondial 2018. On ne pensait pas qu'ils presseraient si fort. Le Canada est une équipe très jeune, très offensive, avec beaucoup de vitesse, beaucoup de force. Ce n'était pas un match facile."
Mais la prestation canadienne n'explique pas tout. Il y avait des craintes légitimes sur la capacité de la Belgique à afficher le même niveau qu'il y a quatre ans. Elles se sont vérifiées. Ses limites défensives étaient visibles à l'œil nu et se sont traduites dans les statistiques. Mais elle a également manqué de tranchant en attaque. Dans ce secteur, c'est le but de Michy Batshuayi qui est venu cacher la misère. Mais les partenaires de Kevin de Bruyne sont loin d'afficher le même potentiel qu'en Russie. "Je crois que nous n'avons pas encore trouvé notre meilleur jeu, je crois qu'on a vu ça", a confirmé Courtois.
Malgré tout, la Belgique a assuré l'essentiel. Il ne s'agit pas forcément de convaincre dans un premier match de Coupe du monde, il s'agit surtout de gagner. "Les premiers matches d'une Coupe du monde sont souvent difficiles, stressants, a expliqué Courtois. Regardez l'Allemagne et l'Argentine (battus par le Japon et l'Arabie saoudite, NDLR). Et nous, avec des matches d'ouverture pas évidents face à l'Algérie en 2014 et le Panama en 2018... Notre poule est sous-estimée. Il y a quatre bonnes équipes. Et nous sommes en tête. Avec une victoire lors du prochain match (face au Maroc, dimanche, NDLR), nous serons qualifiés." Peu importe la manière, finalement…
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