Sofiane Boufal, l'art du dribble : Avant France-Maroc (Coupe du monde) portrait de l'ailier marocain

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COUPE DU MONDE 2022 - Jules Koundé est prévenu : mercredi soir, il aura affaire à un sacré client, en la personne de Sofiane Boufal. L'ailier de 29 ans, auteur d'une très belle Coupe du monde, a encore montré qu'il était l'un des meilleurs dribbleurs de la planète football. Avant France-Maroc, ses premiers éducateurs et coéquipiers à Angers ont décrit le phénomène local pour Eurosport.

Un petit but encaissé : Mais comment faire pour marquer contre le Maroc ?

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C'est l'une des images marquantes de cette Coupe du monde. Nous sommes à la 22e minute du huitième de finale Maroc-Espagne : en deux mouvements sur son côté gauche, Sofiane Boufal met complètement dans le vent Marcos Llorente, qui est pourtant loin d'être un novice. Aperçu chaque week-end en Ligue 1, cet art du dribble de l'ailier des Lions de l'Atlas a époustouflé tous les observateurs du Mondial qatari.
"C'est le dribble de la Coupe du monde et il va rester. C'est du Sofiane tout simplement (rires), nous confie Grégory Malicki, son premier capitaine chez les professionnels à Angers SCO. Il est capable de réaliser tellement de choses qu'il nous l'a sûrement fait dans ses jeunes années. En fin de compte, c'est le dribble du quartier qu'il a su appliquer sur le terrain à bon escient."
Dans la vie comme sur le terrain, Sofiane Boufal a toujours su forcer son destin. A 5 ans, le futur demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 intègre l'Intrépide d'Angers, le club amateur "le plus proche de sa cage d'escalier". Il en laissera un souvenir "extraordinaire". A Gilles Latté, son premier éducateur entre 1998 et 2005, mais aussi sur tous les rectangles verts de la région qu'il fréquentera par la suite.
"Il joue en professionnel comme lorsqu'il était tout petit. Toute la ville d'Angers avait repéré que ce gamin avait quelque chose de particulier. Il était capable de tout faire. A l'époque, il était tout petit et menu. Dès qu'il était confronté à des adversaires plus costauds, il était un peu en difficulté. Mais il a réussi à trouver des moyens pour éviter la confrontation avec son dribble. C'était déjà un dribbleur hors-pair. Il dribble comme d'autres se lèvent du lit chaque matin, confie Gilles Latté, qui n'a pas oublié l'époque où Sofiane Boufal effaçait chaque adversaire un à un pour aller marquer. Beaucoup d'entraîneurs disent aux gamins de donner leur ballon, mais moi je ne voulais pas le brimer."
Ce genre de situation pouvait créer des tensions sur le bord du terrain. Mais l'éducateur angevin savait qu'il avait un joueur unique dans son effectif. "Les parents des autres joueurs criaient car Sofiane prenait beaucoup de place dans l'équipe, raconte Gilles Latté. Lui voulait tout faire sur le terrain : marquer, tirer les coups-francs, les penalties, etc..."
Le joueur de 29 ans le confirme aujourd'hui : sa technique est innée. Tout simplement. "J’ai toujours eu ce style de jeu, ce côté dribbleur et je ne saurais expliquer pourquoi. Parfois, je ne sais pas comment j’ai fait. C’est le pied qui parle", a-t-il affirmé en avril dernier à Ouest-France.
Mais son sens du dribble ne l'a pas toujours aidé à surnager. A son arrivée au centre de formation d'Angers SCO, son petit gabarit l'empêche de s'imposer dans l'équipe-type. Au sein du club, "plusieurs voix s'étaient élevées pour se séparer de Sofiane car dans certains matches il n'était pas au niveau", révèle Gilles Latté. "Heureusement, des éducateurs ont été très patients et notamment Stéphane Moulin (ndlr : avant son intronisation en tant qu'entraîneur principal d'Angers en 2011), souligne-t-il. Ils trouvaient que ce gamin-là avait quelque chose de particulier. A l'âge de 16-17 ans, sa croissance est arrivée brutalement lors d'un été. Et c'est parti comme ça..."
Patrice Sauvaget l'a eu sous sa coupe en U19 à Angers. Et lui aussi en garde que des souvenirs fabuleux. "C'était déjà un petit malin. Tous les jours, il enchaînait les dribbles à l'entraînement et nous faisait un truc de nouveau : il était capable de faire n'importe quel dribble, n'importe quand et n'importe où, sourit l'actuel entraîneur adjoint de Stéphane Moulin au Stade Malherbe Caen, en évoquant un joueur qui marche à l'affectif. Même parfois, je pense qu'il ne sait pas ce qu'il va faire quand il reçoit le ballon car c'est tellement un joueur d'instinct. Il rendait fou ses adversaires et parfois ses partenaires."
Car même aujourd'hui, ses dribbles peuvent irriter lorsqu'une passe s'impose sur une action. "Parfois, oui, il y a de la gourmandise, mais pas tout le temps. Ça peut aussi être un manque de solution, l’obligation de créer ce décalage. Parfois, si je ne dribble pas, on pourrait jouer 1h30 sans faire la différence", s'est justifié le Lion de l'Atlas à Ouest-France.
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Un Mondial déjà réussi ? "Une sortie de route face au Maroc resterait un échec"

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Une fois sa croissance terminée, Sofiane Boufal ne quitte plus le chemin qui lui était destiné : celui du football professionnel. "La première fois que je l'ai vu, c'était lors d'un match de la réserve d'Angers. J'ai vu cette petite crevette qui faisait des dribbles chaloupés. Il faisait mal à la tête aux défenseurs. Je m'étais dit : 'mais qu'est-ce que c'est que ça' (rires), se remémore Grégory Malicki. Puis, il n'a pas tardé à nous rejoindre chez les pros. D'ailleurs, je l'ai blessé à l'un de ses premiers entraînements. Il avait fait un crochet et je n'avais pas réussi à m'arrêter."
Le 24 août 2012, le jeune Angevin joue son premier match de Ligue 2 contre Istres (0-1). Là encore, Sofiane Boufal franchit la marche avec aisance et des prestations qui ont impressionné Charles Diers. "Parfois, il pouvait surjouer avec ses dribbles, mais les cadres de l'équipe l'ont laissé s'exprimer avec cette qualité première car il rendait le jeu moins stéréotypé et désarçonnait plus facilement les défenses adverses. Après, il faut que ça soit décisif et on lui a répété à ses débuts mais il l'a vite intégré, note l'actuel maire adjoint en charge des Sports de la ville d'Angers. Aujourd'hui, ça devient rare les joueurs comme lui." Grégory Malicki valide également : "Sofiane Boufal fait partie du top 3 des joueurs les plus déroutants que j'ai connus dans ma carrière. Sur les dribbles, il n'a rien à envier à Eden Hazard (ndlr : les deux hommes se sont côtoyés à Lille)."
Deux ans après son retour dans son club formateur, Sofiane Boufal, auteur d'un début de saison assez décevant en Ligue 1 comparé à l'exercice 2021-22, pourrait retrouver les lumières des plus grands championnats européens. Et même dès janvier, comme l'a laissé entendre Saïd Chabane, le président angevin, dimanche soir au micro de RMC Sport. Pour Sofiane Boufal, la demi-finale contre la France sera la cerise sur le gâteau après une Coupe du monde réussie. Et nul doute que ses dribbles vont continuer d'attirer l'appétit des recruteurs.
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