Coupe du monde 2026 - Après l'élimination de la France face à l'Espagne : Trop beaux pour être vrai

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Pendant un mois, les Bleus ont donné l'impression d'être la meilleure équipe du monde. Puis une demi-finale face à l'Espagne a suffi à faire vaciller toutes les certitudes. Comment une sélection si séduisante a-t-elle pu s'effondrer au premier vrai choc ? Et si cette Coupe du monde avait révélé autant ses immenses qualités que ses limites ? Et s’ils s’étaient vus trop beaux, et nous avec ?

"On nous a vendu une équipe de méchants mais on s'est fait marcher dessus par l'Espagne"

Video credit: Eurosport

De notre envoyé spécial à Dallas,
Quelqu’un s’est trompé. Est-ce nous ou eux ? Ou les deux ? Après un mois d’une campagne flamboyante, à écraser tout ce qui se présentait, les Bleus avaient construit une légende. Ici, ils étaient comparés au Brésil 2002, là-bas on les voyait aller au bout. Tout le monde est tombé dans le panneau nous, eux et, même, Zlatan Ibrahimovic. Au final, les rois n’ont pas de couronne et sont devenus ordinaires. Comment expliquer le sévère retour de bâton face à l’Espagne ? Comment ont-ils pu semer autant de promesses pour finir la queue entre les jambes à Dallas ?
Tout un tas de thèses s’affrontent désormais. Un déficit physique ? Les Bleus avaient un jour de repos et un calendrier autrement plus favorable que les Espagnols. Une mauvaise gestion des émotions ? Ils nous répètent depuis un mois qu’ils sont froids comme des lames. L’arbitrage ? Didier Deschamps se trompe de combat : le penalty était justifié et Michael Olise aurait même dû quitter ses partenaires dès le quart de jeu après un tacle terrible sur Rodri.
Le manque d’adversité proposée aux Bleus jusqu’ici qui a pu biaiser l’image qu’on s’en faisait ? "C’est une très bonne question, a réagi Rayan Cherki devant les micros. Il y a peut-être de la vérité là-dedans. Peut-être que, quand c’est trop facile, on pense qu’on est au-dessus de la mêlée. Aujourd’hui, du dernier remplaçant au premier titulaire, on joue dans toutes les nations de la planète. On a perdu contre nous-mêmes."
Le meneur de City, le visage miné par la déflagration, a le mérite de l’honnêteté. Ils ont peut-être pensé qu’ils étaient "au-dessus de la mêlée" alors que la Roja les a rappelés à leur réalité. Celle-ci ne remet pas en cause leur talent, ni ce qu’ils ont fait à Boston, New York ou Philadelphie.

Au premier coup de vent...

C’était beau, c’était puissant et un match de Coupe du monde, même face à l’Irak ou à la Suède, donne des vérités. Celles de mardi ne sont évidemment pas les mêmes. Ce groupe manque sans doute d’épaisseur et au premier coup de vent, ce penalty stupide, le château de cartes s’est écroulé. Plus que le niveau des adversaires rencontrés jusqu’ici, c’est sans doute parce que tout s’est bien passé depuis un mois que tout a fichu le camp mardi. Même si l’un ne va pas sans l’autre. Au fond, ils n’avaient pas souffert avant Dallas pour répondre au scenario proposé par l’Espagne. 
Pas de révolte mais un renoncement général qui raconte tout. C’est Mike Maignan qui est allé relever un à un des Bleus dévastés au coup de sifflet final. La démission générale éclaire d’un jour nouveau le potentiel de cette équipe de France.
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Il manquait aux meilleurs joueurs du monde un état d’esprit. Le Paraguay nous a bercé d’illusions révélant moins un caractère qu’un amour-propre. La nuance est immense. L'amour-propre permet de répondre à une provocation. Le caractère permet de survivre à une tempête. C’est là que nous nous sommes trompés parce qu’il leur manquait ce qui ne se voit pas.

La plus belle mais pas la plus forte

Le Brésil 2002 avait du talent et du caractère. La France de 2018 aussi. Cette équipe possède sans doute autant de football que ces deux champions du monde. "Quand on joue notre football, c'est extraordinaire", a rappelé Cherki. Il a raison. Mais quand on l’en empêche alors cette équipe devient tout à fait ordinaire. À l’image d’un Michael Olise, meilleur joueur du monde dans le confort mais inutile sous la pression.
Mardi, à Dallas, les Bleus ont découvert qu'une Coupe du monde ne se gagne pas seulement avec les pieds mais aussi avec des épaules. C'est peut-être la leçon la plus cruelle de cette demi-finale. Pendant un mois, ils ont été la plus belle équipe du tournoi. Au moment où il fallait devenir la plus forte, ils ne savaient plus comment faire.
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