Coupe du monde (France-Angleterre) - La petite finale, un match comme un autre ? "En 1982, la cassure était trop forte..."

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Après 1958, 1982 et 1986, l'équipe de France va de nouveau jouer le match pour la troisième place du Mondial contre l'Angleterre ce samedi à Miami. Pour les Bleus de Didier Deschamps, qui dirigera son dernier match, comment préparer cette petite finale où un turnover sera attendu ? Pour Eurosport, Alain Giresse et Bernard Genghini sont revenus sur leur expérience de 1982 et 1986.

Une équipe bis contre l'Angleterre ? "Konaté a raison, on ne peut pas avoir un double discours"

Video credit: Eurosport

"Personne ne veut jouer ce match". Après la grande déconvenue contre l'Argentine (1-2, demi-finale de la Coupe du monde 2026) mercredi, Thomas Tuchel, le sélectionneur des Three Lions, a traduit la pensée de plusieurs membres de la délégation anglaise avant la "petite finale" de samedi à Miami.
Comme pour l'équipe de France de Didier Deschamps, la déception est encore trop forte pour s'y consacrer aussi pleinement qu'une rencontre classique de Coupe du monde. Cependant, ce match est au calendrier et il faudra le jouer avec une troisième place symbolique à aller chercher. "Généralement, pour cette rencontre, il y a deux équipes marquées et frustrées par leur élimination. Mais après, à choisir, c'est mieux de finir troisième que quatrième. Vous avez la médaille de bronze au lieu d'avoir celle en chocolat", nous glisse en souriant Bernard Genghini, lui aussi éliminé en demi-finales en 1982 et 1986.
Genghini : Peut-être que Mbappé aura envie d'y participer pour finir meilleur buteur de la compétition
Ce duel face aux Anglais n'aura donc rien d'amical. En effet, quelques derniers objectifs seront encore à relever en Floride. Avec sûrement une composition d'équipe modifiée voire quasi-changée. "Peut-être que Kylian Mbappé aura envie d'y participer pour finir meilleur buteur de la compétition (ndlr : avec 8 réalisations, il partage actuellement la tête avec Lionel Messi)", rappelle Bernard Genghini.
"Concernant le onze de départ, je pense qu'il y aura des discussions entre Didier Deschamps et les joueurs pour voir comment ils se sentent et comment ils appréhendent l'événement", nous précise Alain Giresse, lui aussi présent dans le groupe France en 1982 et 1986.
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Deschamps aurait-il vraiment pu mieux faire ?

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Lors du Mondial espagnol, quatre joueurs français présents au coup d'envoi (Manuel Amoros, Marius Trésor, Gérard Jeanvion, Jean Tigana) contre l'Allemagne de l'Ouest (3-3 a.p, 8-7 aux t.a.b) ont enchaîné face à la Pologne (défaite 2-3). "En 1982, on est sorti d'une élimination douloureuse et injuste. On était tellement touchés et abattus que Michel Hidalgo a préféré lancer plusieurs joueurs qui n'avaient pas joué contre la RFA. C'était au-delà d'une simple élimination donc si on avait pu rentrer directement en France, on l'aurait fait, nous raconte Alain Giresse. Les trois jours qui nous ont séparé de la petite finale, on était complétement déconnectés de la réalité d'une préparation de match. La cassure était trop forte même si quelques bien-pensants de l'époque disaient qu'on était professionnels et qu'on devait faire face."
"On ressortait de ce match contre la RFA avec une déception immense (ndlr : il le répète plusieurs fois). La qualification pour la finale nous avait échappé d'un rien. C'était tellement dans nos esprits que ce match pour la troisième place, on l'a joué en se disant : 'si on gagne, on gagne, si on perd, on perd', renchérit Bernard Genghini, sorti sur blessure à la 50e minute contre la RFA à Séville et forfait face à la Pologne. Donc, je peux comprendre que ceux qui restent sur le coup de la déception après la demi-finale n'aient pas envie de remettre ça quatre jours après."
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Alain Giresse, trop marqué après France-RFA 1982, n'a pas joué le match pour la troisième place contre la Pologne au même titre que certains coéquipiers.

Crédit: Imago

Quarante-quatre ans après, cette rencontre contre l'Angleterre sera aussi l'occasion de donner du temps de jeu à des joueurs qui en ont terriblement manqué lors de ce Mondial comme Jean-Philippe Mateta (21 minutes), Warren Zaïre-Emery (19 minutes), Maghnes Akliouche (7 minutes), Marcus Thuram (1 minute), N'Golo Kanté (0 minute), Lucas Hernandez (0 minute) ou Brice Samba (0 minute).
Giresse : "En 1986, l'idée était de lancer les joueurs du futur"
En 1986, Bernard Genghini, sur le banc pendant toute la compétition, en avait profité pour se mettre en évidence lors du match de la troisième place remporté contre la Belgique (4-2 a.p) au cours duquel Henri Michel avait conservé dans son onze de départ quatre éléments (Manuel Amoros, Patrick Battiston, Jean Tigana et Bruno Bellone) titulaires contre la RFA (0-2) trois jours plus tôt. Pour le reste, l'idée était "de lancer les joueurs du futur", dixit Alain Giresse, dont la carrière internationale s'est arrêtée après le Mondial 1986.
"Au Mexique, je m'étais échauffé à quasiment tous les matches sans entrer une seule fois. Là, vous êtes revanchard et frustrés de ne pas avoir participé à la compétition, souligne Bernard Genghini. Vous avez envie de montrer ce que vous avez dans le coffre et que le sélectionneur aurait dû vous faire un peu plus confiance. Et c'est ce qui est arrivé contre les Belges car je marque un but et je suis sur l'action du dernier but qui se conclut par un penalty (marqué par Manuel Amoros)."
Pour les joueurs qui seront lancés contre l'Angleterre, la mission sera triple : savourer les dernières gouttes de ce Mondial 2026, imiter les aînés de 1958 et 1986 troisièmes de la compétition... et se montrer aux yeux du successeur de Didier Deschamps qui prendra ses fonctions au cours de l'été avec l'Euro 2028 déjà en ligne de mire.
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Bernard Genghini lors de la petite finale du Mondial 1986 contre la Belgique.

Crédit: Imago


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