Espagne - Argentine - "Sur le terrain, c'est une pourriture" : Leandro Paredes, le dernier salopard

Eurosport sur Google

On l'a encore vu face à l'Angleterre en demi-finale de cette Coupe du monde : Leandro Paredes sait décidément fortement s'illustrer quand il s'agit de taquiner l'adversaire, si ce n'est plus. Ceux qui l'ont affronté sur les pelouses de Ligue 1 lorsqu'il évoluait au Paris Saint-Germain se souviennent de l'Argentin, sans galvauder, à raison, ses qualités de footballeur.

Espagne ou Argentine : qui sera champion du monde ?

Video credit: Eurosport

Arnaud Souquet : "Il se rapproche d'un Téji Savanier"

Cinq matchs face à Paredes avec Montpellier, cinq défaites.
"Leandro Paredes, un bon souvenir ? En tant que sportif, oui, c'est un top joueur, sur le jeu long, avec cette qualité de passe, et même dans l'impact où il n'a pas peur, avec cette mentalité sud-américaine. Donc un super joueur. Après, humainement, et je parle sur le terrain, c'est une pourriture. Ça fait partie du jeu, il y en a tant d'autres, et pas forcément des Sud-Américains d'ailleurs. Sur le terrain, on a envie de les frapper, mais hors terrain, ce sont des crèmes et des gens avec qui on s'entend super bien. Mais c'est beaucoup de paroles, de chambrage, des petits coups... Je l'ai affronté quand il y avait Lionel Messi au PSG, c'était déjà son lieutenant. Vous, journalistes, vous n'entendez pas tout, mais beaucoup de choses se disent, et elles ne sont pas forcément très bonnes à entendre. Mais ça fait partie du jeu, c'est comme le trashtalking en NBA.
C'est compliqué, il ne faut pas tomber dans son jeu, basculer et prendre un rouge. Ce n'est pas facile. Quand j'étais à Montpellier, il le faisait quand le PSG menait 2 ou 3-0, jamais en début de match. C'est à nous de rester calme. Je pense qu'il teste. Certains, ça ne leur fait rien, d'autres, ça peut les faire basculer. Je me souviens qu'Andy Delort et lui s'étaient un peu attrapés. Paris faisait un toro à trois, avec notamment Verratti et Paredes, et c'était parti en échauffourée après un tacle appuyé. C'était à la limite du manque de respect et Andy ne voulait pas se laisser faire. Paredes, je dirais qu'il se rapproche d'un Téji Savanier : cette qualité incroyable de passe, de jeu, mais, parfois, sur le terrain, tu as envie de le tarter. C'est leur caractère, il faut le respecter... même si ça peut être dur. Mais quand je dis ça, ce n'est pas de la jalousie ou de la critique. Tu prends n'importe quelle équipe... Regarde l'Angleterre : Bellingham, il a l'air tout aussi insupportable..."

Pierrick Capelle : "Celui qui met des coups en douce"

Cinq matchs face à Paredes avec Angers SCO, cinq défaites.
"Il marque comme les autres joueurs du PSG, mais lui dans ce registre (de roublard) un peu plus. Sinon, les joueurs du PSG, en général, n'étaient pas là-dedans, ils jouaient à fond, nous battaient 3-0 si besoin, mais sans se la raconter, en étant même bienveillants après le match, à être accessibles, etc. Lui, sur le terrain, par contre, c'était le gars typiquement à mettre des coups en douce. Le gars qui allait toujours parler à l'arbitre. C'est ce type de joueur et on en a peut-être fait un petit peu les frais, même s'ils n'ont pas à forcer contre nous. Certains, dont je faisais peut-être partie, essayaient de le titillier. Je me rappelle d'un moment où on arrivait à tenir un peu le score et on se disait que ça pouvait les énerver un petit peu, et donc qu'on pouvait plus venir le titiller et un peu l'embrouiller.
Mais il aime ça et il a du répondant tout de suite. Même si je pense qu'il préfère le faire subir aux autres. Dès qu'on leur rentre dedans, les Argentins peuvent vite perdre leurs nerfs, mais, malgré tout, ils adorent le faire perdre aux autres. On jouait avec nos armes et, oui, ça pouvait faire partie d'une sorte de déstabilisation, même s'il n'était pas trop, trop embêté avec nous. J'ai davantage le souvenir technique, puissant, avec une frappe de balle et une qualité de passe incroyable. Un top joueur. Au milieu, il sait faire le travail de l'ombre et il sait aussi distribuer. Tu es toujours content de l'avoir dans ton équipe."

Xavier Chavalerin : "Le joueur chiant"

Cinq matchs face à Paredes avec le Stade de Reims, deux victoires, trois défaites
"Je l'ai affronté en Ligue 1 avec Reims. Un joueur chiant (rire), qu'on n'aime pas affronter. Comment le décrire... C'est difficile de gérer un joueur comme ça. Il est aussi bon techniquement que roublard... (On lui soumet le titre de notre article, "Le dernier salopard") Ouais, c'est exactement ça. Mais il est tellement fort avec le ballon ! Il dégage une sérénité balle au pied, il voit le jeu, c'est un numéro dix reculé... C'est le genre de joueurs chiants qui obtiennent toujours des fautes, qui parviennent à te faire sortir de ton match en faisant des petites fautes, en gueulant même si on ne comprend pas toujours tout. On ne sait pas s'il nous insulte ou pas. Paredes, dès qu'on le touche un peu, il râle. C'est vraiment le joueur qu'on n'aime pas affronter, mais qu'on aime avoir dans son équipe. Du chambrage ? J'en n'ai pas vraiment vu de sa part, parce qu'avec Reims, on avait réussi à le battre plusieurs fois avec le PSG, donc je l'ai plus vu énervé.
picture

Leandro Paredes qui sèche Jude Bellingham, une image parmi tant d'autres du combat imposé par l'Argentine

Crédit: Getty Images

Sur le terrain, ça me faisait rire quand je le voyais se prendre la tête avec d'autres. Mais ça correspond à l'équipe d'Argentine depuis deux Coupes du monde, c'est leur jeu qui est fait comme ça : une équipe très technique, qui sait ses forces et ses faiblesses, et qui sait aussi sortir l'adversaire de son match. On l'a vu avec l'Angleterre : Bellingham, c'est un peu un truc clé du match. Il n'a pas fait ce qu'il avait accompli sur les matches précédents car il s'est énervé, il s'est même embrouillé avec Messi, il poussait les adversaires, il a beaucoup râlé... Et Paredes, lui, ne se prend pas de carton (rire), il arrive souvent à esquiver... Il me fait penser à Téji Savanier : joueur très technique, très, très fort, mais qui arrive à te faire péter un plomb car il râle, car il ne faut pas les toucher, car il est malin à obtenir des fautes. Tout ça alors que, en dehors, je suis sûr que ce sont des mecs faciles à vivre. C'est juste la mentalité sur le terrain, ce sont des malins."

Romain Thomas : "Au PSG, je ne le trouvais pas aussi border..."

Trois matchs face à Paredes avec Angers SCO, trois défaites.
"Franchement, en jouant contre lui, je n'avais pas cette image-là. Je savais qu'il était agressif, etc, mais là, avec la sélection... Il surjoue. Au PSG, je ne le trouvais pas aussi 'border' qu'avec l'Argentine. Là, il y a tout un truc derrière Messi. Je pense qu'ils sont briefés, ils tirent tous dans le même sens. Et ça leur réussit. Mais en regardant le match (face à l'Angleterre), c'est fatigant quand même. A son époque du PSG, Paris survolait tellement... Je ne l'ai jamais vu vraiment être là à toujours faire dégoupiller l'adversaire, etc. Là, ça va au-delà du foot.
Après, Paredes, c'est un top joueur ! Vraie qualité de pied, vrai joueur de ballon. S'il est encore là avec l'Argentine, c'est qu'il a quelque chose. Mais je pense qu'ils se donnent tous une posture. Quand ils sont esseulés chacun dans leur club, je ne les trouve pas... Regarde un (Alexis) McAllister avec Liverpool, on sent le tempérament, mais pas de là à... Là, ils se montent les uns avec les autres, je trouve ça dommage. C'est encore plus marqué qu'il y a quelques années. Ils ne sont que là-dedans !"
picture

le t-shirt d'un fan argentin à l'effigie de Leandro Paredes après la qualification de l'Argentine pour la finale de la Coupe du monde, le 15 juillet 2026

Crédit: Getty Images


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité