Equipe de France - Sélectionneur - L'idole Zidane remet son statut d'icône en péril
Par Glenn Ceillier
Publié 28/07/2026 à 22:55 GMT+2
Zinédine Zidane a choisi de repartir pour un tour en devenant le nouveau sélectionneur de l'équipe de France. S'il attendait ce poste depuis des années, l'ancien meneur de jeu, devenu une icône mondiale par ses exploits de joueur et sur le banc du Real Madrid, prend le risque de voir les regards portés sur lui évoluer alors qu'il aura la lourde tâche de succéder à Didier Deschamps.
Zidane sale del paro: Inminente vuelta a los banquillos para cumplir un sueño.
Crédit: Getty Images
C'est un idéal pour beaucoup de supporters des Bleus. Voir l'icône Zinédine Zidane sur le banc de l'équipe de France. L'ancien numéro 10 dont l'élégance, la technique et la délicatesse ont tant fait rêver les Bleus. L'une des personnalités préférées des Français depuis des années et le sacre du Mondial 1998, où ZZ est devenu une légende vivante avec son doublé en finale face au Brésil. L'homme qui a aussi réussi l'exploit de faire gagner au Real Madrid trois Ligue des champions de rang en tant qu'entraîneur (2016, 2017, 2018). Certains fantasmaient de le voir prendre le costume de sélectionneur. Et leur rêve va se réaliser.
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Zinédine Zidane est le nouveau patron des Bleus. Il va insuffler une nouvelle dynamique. Amener son aura aux Tricolores. Ses fidèles le pensent même capable d'allier le beau et l'efficacité, comme à l'époque où il était joueur. Et de ramener Kylian Mbappé and co vers les sommets planétaires. Sur le papier, le mariage semble idyllique alors que le Marseillais a confié plusieurs fois dans L'Equipe que prendre en charge "un jour" les Tricolores était son ambition ultime. Mais voilà, Zizou prend aussi un risque.
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Deschamps aurait-il vraiment pu mieux faire ?
Video credit: Eurosport
L'héritage de Deschamps à assumer
Être sélectionneur de l'équipe de France, c'est s'exposer plus que jamais. C'est se confronter à 69 millions de sélectionneurs en herbe qui ont leur avis sur tout, la sélection des joueurs, le style de jeu et évidemment les résultats. Et puis, Zidane va surtout devoir assumer l'héritage de Didier Deschamps. Or son ancien coéquipier à la Juventus Turin et chez les Bleus a mis la barre très haut. C'est simple, personne n'avait fait aussi fort.
En 14 ans sur le banc de l'équipe de France, "DD" a guidé ses troupes à un titre mondial en 2018 en Russie, la Ligue des nations en 2021 et deux finales internationales (Euro 2016, Mondial 2022). "C'est certainement le plus grand sélectionneur de l'histoire de l'Équipe de France", a résumé Philippe Diallo, le président de la FFF. Et malgré les critiques sur son jeu trop frileux aux yeux de certains ou son échec à la Coupe du monde 2026, personne ne peut lui enlever cela. Avec lui sur le banc, la France s'est habituée à une certaine régularité dans les résultats. Le dernier carré est devenu une norme. Et à chaque début de compétition, on était en droit de rêver en grand.
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Espagne - Argentine, pire finale de l'histoire ?
Video credit: Eurosport
Il y a toujours un risque, Zizou le sait
Sur le plateau de Fox Sports il y a quelques semaines, Thierry Henry a bien résumé les choses en évoquant le départ de Deschamps : "Il va être très difficile à remplacer pour nous. On a souvent entendu qu’il était chanceux. Cela n’a rien à voir avec la chance. La récompense est dans le risque. Il a souvent pris des risques, mais calculés. Car il est loin d’être stupide. Faites-moi confiance, il a un grand cerveau", a prévenu Titi.
Zinédine Zidane ne pourra pas baisser le curseur. La France a pris le pli de ce rythme de croisière appréciable. Il devra parvenir à le maintenir. Ce ne sera pas si aisé malgré un groupe talentueux emmené par une génération d'exception. Et la pression s'annonce énorme sur les épaules du champion du monde (1998) et d'Europe (2000) qui prend le pari d'écorner son image. Mais Zidane n'arrive pas en terre inconnue non plus. S'il a longtemps été décrit comme un joueur discret devant les médias, il n'a en effet jamais eu peur de prendre des risques.
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Zinedine Zidane et Didier Deschamps lors de leur arrivée à la Juventus Turin
Crédit: Getty Images
Sur le terrain quand il portait encore les crampons mais aussi quand il est devenu entraîneur, Zidane ne s'est jamais caché. Son retour en Bleu pour la Coupe du monde 2006 est là pour l'illustrer. Tout comme ses deux passages au Real Madrid, où l'attente est colossale surtout quand on s'appelle Zidane. "Il y a toujours un risque, Zizou le sait. Il n'y a rien de plus compliqué que d'entraîner le Real Madrid, a résumé Robert Pires dans Le Parisien en 2019 quand Zizou avait choisi de revenir s'occuper des Merengue malgré l'attente liée à son premier passage. Il y a une pression qui n'existe nulle part ailleurs, l'attente des supporters est énorme. Même avec son statut d'idole absolue, il sait qu'à n'importe quel moment, la situation peut se compliquer."
Ses passages au Real comme symboles
Ce sera la même chose avec les Bleus. Et ça ne fait évidemment pas peur à Zidane qui a déjà été confronté à cette pression aussi constante que pesante. Il aime ça. Et s'en nourrit. Quitte à risquer d'entacher son statut d'icône. Après son parcours de joueur qui l'a placé au rang de légende mondiale, Zizou n'aurait ainsi pas forcément eu besoin de plonger dans la vie stressante d'entraîneur, au risque de s'y casser les dents alors qu'il ne semblait pas forcément taillé pour cela.
Il s'est lancé avec courage et brio dans le grand bain du Real, ajoutant quelques lettres de noblesse à son CV. Il repart pour un tour chez les Bleus, remettant une nouvelle fois sa renommée en jeu. Alors qu'il n'a plus rien à prouver, il réalise son rêve de poursuivre son histoire avec l'équipe de France. Quitte à écorner son aura s'il ne parvient pas à suivre le rythme de Deschamps, même si cela n'effacera pas son illustre passé. Mais malgré les aspirations élevées, il préfère se lancer avec l'espoir d'ajouter encore quelques pages glorieuses à sa légende. Et on ne peut que saluer cette prise de risque.
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