L'élégant N.10, célébré pour son pied gauche de velours et ses crochets déroutants, raccroche cette fois définitivement les crampons. Frustré par une dernière aventure en Eredivisie de nouveau polluée par les blessures, Arjen Robben a une nouvelle fois dit stop, un an après être sorti de la retraite. "En regardant la saison passée, j'ai dû parvenir à la conclusion honnête que le nombre de matches joués était décevant. Mon coeur de footballeur veut continuer... mais la décision d'arrêter est juste et réaliste", a avoué dans un communiqué celui qui n'a pu disputer qu'une demi-douzaine de rencontres.
Le livre d'or de Robben, ex-gloire du Bayern Munich bardée de titres, se referme donc sur un dernier chapitre au goût amer dans le club de sa région natale au nord des Pays-Bas, où il a peaufiné ses dribbles dès l'âge de 12 ans, en intégrant le centre de formation. "Tout le monde au FC Groningue espérait et désirait que Robben continuerait pour une autre saison, il a décidé d'arrêter après une longue délibération", a regretté l'équipe au maillot vert et blanc. Au pays des "Oranje", le rapide et très technique ailier droit reste un roi, malgré un palmarès vide de tout titre international.

Robben et sa "spéciale"

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Son plus grand regret restera la finale de Coupe du monde perdue en 2010 face à l'Espagne (0-1 en prolongation), avec notamment un face-à-face manqué face à Iker Casillas à l'heure de jeu, quand les deux équipes étaient encore à égalité. Troisièmes du Mondial-2014, les Pays-Bas de Robben, Wesley Sneijder et Robin van Persie ont aussi connu un grand passage à vide lors de l'Euro-2012, plombé par des querelles d'ego et des défaites au premier tour contre l'Allemagne, le Portugal et le Danemark.

Robben face à Casillas

Crédit: Imago

Le gaucher virevoltant a construit sa réputation à Groningue et au PSV Eindhoven, avant de larguer les amarres pour rejoindre Chelsea (2004/07) puis le Real Madrid (2007/09), traumatisant ses adversaires par sa "spéciale" : repiquage vers l'intérieur depuis la droite, contournement des défenseurs et frappe du gauche dans la lucarne opposée. "Robben fait tout le temps le même geste et tout le monde le sait. Mais il a un coup de reins et un sens du but exceptionnel", rapportait il y a quelques années Raphaël Guerreiro qui, avec le Borussia Dortmund, a souvent eu à affronter l'ailier au crâne dégarni.
Je connais mon corps
De 2009 à 2019, Robben a en effet écrit son histoire au Bayern Munich, à qui il a offert 99 buts en Bundesliga et une moisson de trophées : vingt, au total. Avec le "Rekordmeister", il a notamment été huit fois champion d'Allemagne et, surtout, soulevé la Ligue des champions en 2013, inscrivant le but vainqueur d'une finale haletante contre Dortmund (2-1). Son association de bienfaiteurs avec Franck Ribéry a régalé les supporters du géant allemand, au point que leur duo s'est fondu dans un même surnom: "Robbéry", ou "Rib-Rob".
Malheureusement pour Robben, sa carrière a été hachée par les blessures. A Madrid, il avait même gagné le surnom de "joueur de cristal" pour sa fragilité physique. L'Allianz Arena avait rugi de bonheur quand l'ailier néerlandais, retraité de la sélection depuis 2017, avait refoulé la pelouse en mai 2019 après cinq mois de blessure. "Cet accueil des fans, c'était de la chair de poule pure", avait lâché l'intéressé.
Avant d'annoncer sa fin de carrière, peu de temps après, il avait sorti comme une prémonition: "J'ai envie de continuer à jouer, mais je ne veux plus passer cinq mois arrêté par une ou plusieurs blessures, ça n'a aucun intérêt. Je connais mon corps, j'ai encore la force physique, l'endurance, la forme, je peux encore jouer quatre, cinq ans, à condition d'être épargné par les blessures". Elles ne lui ont pas laissé cette chance.

Arjen Robben

Crédit: Getty Images

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