Retour vers le futur. Et la lumière. A une époque, Patrik Schick était présenté comme l'un des futurs grands avant-centres modernes. Certains le comparaient à Zlatan Ibrahimovic. D'autres voyaient en lui le nouveau Dennis Bergkamp après un but sublime avec la Sampdoria Gênes, où de nombreux observateurs lui promettaient un avenir radieux et riche en succès. Mais au fil des années, il est retombé dans un certain anonymat. Avant d'exploser à nouveau durant cet Euro 2020, où il s'impose comme le fer de lance d'une équipe de République tchèque détonante avant de défier le Danemark en quart de finale.
Dire que Patrik Schick retrouve la chaleur des projecteurs avec ce championnat d'Europe est un doux euphémisme. Il vole même vers le soleil sans se bruler les ailes jusqu'à présent. Son lob sublime de 45 m contre l'Ecosse (2-0) lors du premier match de la Reprezentace a déjà émerveillé tout le monde. Et depuis, il ne cesse de régaler. Un doublé face à l'Ecosse (0-2), un but contre la Croatie (1-1), un autre face aux Pays-Bas en 8es (0-2), il accumule les réalisations et n'est resté muet qu'une seule fois contre l'Angleterre (défaite 2-0). C'est l'atout numéro 1 des Tchèques devant. Et l'un des acteurs majeurs de cet Euro, tout simplement. Ce qui n'était pas forcément écrit.

Patrik Schick

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Nedved en 2017 : "Il me rappelle Zlatan Ibrahimovic"

S'il s’est fait remarquer avec le Bayer Leverkusen cette saison avec 9 buts en 29 matches de Bundesliga ou encore 3 réalisations en 5 rencontres de Ligue Europa, Patrik Schick ne provoquait plus la hype comme lors de ses jeunes années. Son passage à la Samp' à 20 ans en avait en effet fait saliver plus d'un avec ses 11 buts en Serie A durant l'exercice 2016-17.
Entre sa technique, son sens du but et son physique, il avait alors tout pour affoler le marché. "Il a un grand avenir devant lui. Il me rappelle Zlatan Ibrahimovic quand ce dernier est arrivé à la Juve. Schick est le même profil d'attaquant : grand, avec des bons pieds et rapide. S'il continue de progresser, il sera lui aussi un joueur de classe mondiale", avait résumé en 2017 Pavel Nedved, alors directeur sportif de la Juve. A l'époque, les Bianconeri voulaient l'attirer. Mais une visite médicale passée à Turin révèle une très légère anomalie cardiaque ce qui annule son transfert chez les Bianconeri. Le début d'une période galère.

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Un transfert avorté et la galère après une arrivée record

Si la Roma saisit sa chance pour le récupérer, Patrik Schick n'a jamais réussi à s'épanouir dans la capitale italienne. Il s'y est même noyé. Entre les blessures, une mauvaise communication (avec une interview où il a avoué se voir "rapidement" à Manchester United ou au Real Madrid) et une concurrence accrue avec Edin Dzeko qui le force régulièrement à s'expatrier sur un côté ou sur le banc, l'élégant gaucher a déçu. Trois buts en 26 matches toutes compétitions confondues en 2017-2018 puis cinq la saison suivante en 32 matches, son rendement n'est pas à la hauteur des attentes du club de la Louve, qui avait déboursé plus de 40 millions d'euros pour le faire venir - soit le plus gros transfert de l'histoire de la Roma -.
Prêté ensuite à Leipzig où il retrouve un peu ses sensations (10 buts en 22 matches) puis vendu pour 26 millions d'euros en septembre dernier à Leverkusen, Schick s'est remis doucement dans le bon sens. Sans être la star annoncée lors de ses premiers pas dans la Botte, la faute à des soucis physiques réguliers et une certaine inconstance. Mais en sélection, l'histoire est différente. Plus proche d'un Milan Baros que de Jan Koller, le Tchèque déçoit rarement avec son pays. Il compte déjà 15 buts en 30 sélections.
Et dans cet Euro, Patrik Schick évolue dans une sphère que nombre d'acteurs du monde du ballon le voyaient rejoindre à ses débuts. "C'est un joueur exceptionnel, meilleur à certains égards que Ronaldo", s'est même emballé Jaroslav Hrebik, le directeur sportif du Sparta Prague dans le Guardian. "Les clubs devraient payer le prix fort pour lui mais il serait préférable qu'il travaille davantage son jeu sans ballon. Ensuite, nous aurions un joueur de classe mondiale". Durant cet Euro, la République tchèque l'a déjà. Et en récolte les fruits.
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