C’est la question qui se pose toujours et à laquelle on n’a pas forcément la réponse, comme pour l’œuf et la poule : la presse et les observateurs les ont-ils vu trop beaux ? Ou alors Kai Havertz, Timo Werner et Leroy Sané sont-ils dans le creux de la vague et vont très rapidement revenir émerveiller l’Europe du football ? Ils seraient bien inspirés de le faire dès ce mardi, où la "Nationalmannschaft", après un premier tour en dent de scie, à l’image de la carrière de ces trois hommes, affronte l’Angleterre à Wembley (18h).

Leroy Sané, plus si fameux

A l’été 2016, il avait fait, après une saison tonitruante à Schalke 04, tourner la tête de Pep Guardiola qui l’avait attiré pour une somme estimée à 52 millions d’euros chez les Cityzens. Sa technique, sa qualité de dribble et de percussion, en faisait à raison une des attractions de la planète football. Mais rien ne s’est passé vraiment comme il l’espérait à Manchester. La faute, surtout, à une grave blessure aux ligaments croisés du genou survenue en août 2019, qui a coupé l’ailier dans son élan, après notamment une saison 2017/18 aboutie (14 buts, 19 passes décisives toutes compétitions confondues).
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Leroy Sané lors du match face à la Hongrie

Crédit: Getty Images

Depuis, et comme c’est arrivé tant de fois à des joueurs aussi talentueux que lui, Leroy Sané n’a jamais réussi à retrouver son tranchant sur les ailes. Vendu au Bayern l’été dernier, il a bien démarré avec un but et deux passes décisives lors du premier match de championnat du vainqueur de la Ligue des champions 2020, mais n’a pas confirmé ensuite, et certaines de ses prestations, face au PSG notamment, en ont fait un bouc émissaire pour certains. Sa triste performance lors du match nul (2-2) face à la Hongrie mercredi dernier, alors qu’il avait bénéficié de la confiance de son coach qui l’a titularisé après deux entrées comme remplaçant, a encore montré les doutes qui tenaillent le joueur de 25 ans. Pas sûr que Löw lui accorde une seconde chance.

Timo Werner et l’efficacité perdue

Lui aussi semblait franchir les étapes palier par palier avec une assurance déconcertante. Piqué par le RB Leipzig à Stuttgart en 2016, l’attaquant au mètre 81 avait réalisé une première grosse saison d’entrée (21 buts rien qu’en Bundesliga), avant d’exploser lors d’une saison coupée en deux par la pandémie de Covid-19, avec 34 réalisations au compteur, toutes compétitions confondues. Chelsea semblait donc réaliser une bonne affaire en attirant l'été dernier l’un des meilleurs buteurs du Vieux Continent dans ses rangs, aussi rapide qu’intelligent dans son placement. Sauf que, près d’un an plus tard, Werner est désormais plus raillé pour ses innombrables ratés devant le but adverse que pour ses qualités naturelles de buteur.

Timo Werner n'a pas eu l'efficacité escomptée cette saison avec les Blues de Chelsea

Crédit: Getty Images

Avec seulement 12 buts (et 15 passes décisives) en 52 matches toutes compétitions confondues avec les Blues cet été, il a certes remporté la Ligue des Champions, mais aura été un des joueurs les plus conspués. "Je sais que je n'ai pas joué une saison exceptionnelle", a-t-il d’ailleurs reconnu en mai lors d'un chat vidéo avec Goal et SPOX, invoquant une coupure dûe au Covid compliquée à gérer et des douleurs à un genou. Déjà muet lors de la Coupe du Monde 2018, il n’a toujours pas réussi à trouver les chemins des filets lors de cet Euro avec l’Allemagne, où le retour de Thomas Müller sonne comme un terrible désaveu pour lui. Qui plus est, son équipe a réalisé sa prestation la plus probante face au Portugal (4-2), lorsque Werner était… sur le banc.

Kai Havertz, une influence à retrouver

Le milieu offensif avait choisi le meilleur moment pour briller : celui post-confinement, quand, après des mois où les fans avaient été privés de sport, il a enchaîné les buts avec le Bayer Leverkusen lors de la reprise du championnat allemand. Avec 5 buts lors des 4 premiers matches, alors qu’il a alors seulement vingt ans, il fait lui aussi partie des meilleurs buteurs du championnat (12 réalisations au final) au sein d’une équipe du Bayer Leverkusen très plaisante à voir jouer, et c’est là encore Chelsea qui parvient à l’attirer en mettant la main au portefeuille : il a fallu pas moins de 80 millions d’euros pour le faire atterrir à Londres !
A Chelsea, tout est nouveau et je n'ai vraiment pas joué mon meilleur football, j'ai ressenti une pression complètement différente de celle d'avant au Bayer Leverkusen
Mais comme Werner, son adaptation à l’heure anglaise a été catastrophique. Incapable de trouver ses marques sous la férule de Frank Lampard, pataud (car touché par le Covid-19 en novembre), il était loin du gamin si doué qui recevait les louanges de Peter Bosz, le nouvel entraîneur de l’OL. "Les gens s'attendent à ce que vous soyez le nouveau Cristiano Ronaldo. Mais ce ne sera pas si rapide, tout est nouveau et je n'ai vraiment pas joué mon meilleur football au début. J'ai ressenti une pression complètement différente de celle d'avant au Bayer Leverkusen", racontait-il au Süddeutsche Zeitung mi-juin pour expliquer cet écart surprenant entre les attentes des supporters et la réalité.
Comme beaucoup de joueurs de Chelsea, il s’est remis à l’endroit avec l’arrivée de Thomas Tuchel, et a inscrit le seul but de la finale de la Ligue des champions face à City. Lui, semble bien lancé dans cet Euro, en témoigne ses deux réalisations face au Portugal et la Hongie, qui ont fait du bien à ses compatriotes. Une belle prestation face aux Anglais lui permettrait de confirmer qu’il est sur la bonne voie.

Havertz a déjà inscrit deux buts pour l'Allemagne dans cet Euro

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