Les espoirs déçus

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Deux fleurons de la formation française, Anthony Le Tallec et Florent Sinama-Pongolle, ont lancé leur carrière en Angleterre, où ils peinent cependant à confirmer tous les espoirs placés en eux par Liverpool, qui avait recruté en 2001 ces deux jeunes prod

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Crédit: Eurosport

C'est une date qu'ils n'oublieront jamais. Ce 30 septembre 2001, l'équipe de France des moins de 17 ans devient championne du monde en battant le Nigeria en finale (3-0). Leur talent éclate au grand jour, terminant conjointement meilleurs joueurs et pour Sinama-Pongolle meilleur buteur du tournoi (9 buts).
Les plus grands clubs se pressent pour enrôler les deux prodiges du Havre. C'est finalement Liverpool, alors dirigé par Gérard Houllier, qui emporte la mise. Après deux ans de prêt au Havre pour parfaire leur apprentissage du monde professionnel, ils découvrent enfin l'Angleterre.
En novembre 2005, le jugement n'est plus exactement le même. La destinée des deux jeunes attaquants (21 ans), qui affrontent avec l'équipe de France Espoirs l'Angleterre en 8e de finale de l'Euro-2006, vendredi à Londres, a connu quelques chaos. Comme pour Jérémie Aliadière, 22 ans, une autre ex-star en devenir, dont le parcours à Arsenal a été perturbé par les blessures, avant qu'il ne soit prêté en début de saison à West Ham pour un sort guère plus favorable (4 matches joués). Au point que lui ne figure plus sous le maillot bleu des Espoirs.
Confirmation
A Liverpool, avec le remplacement de Gérard Houllier par Rafael Benitez à l'été 2004, Sinama-Pongolle et Le Tallec, d'espoirs attendus sont passés à la catégorie espoirs déchus. Florent Sinama-Pongolle, probablement le plus talentueux des deux, a le mieux réussi chez les "Reds", même s'il n'a marqué que 7 buts en 56 matches sous le maillot rouge et pris part à seulement sept rencontres cette saison (dont trois titularisations).
"Venir ici était un risque mais aussi une chance à saisir, confie-t-il. Je n'ai pas de regrets. C'était dur au début et j'ai eu du mal à m'adapter. Mais aujourd'hui, je suis content de ma situation. Je veux juste rester dans le groupe, éviter les blessures et faire de mon mieux." Le Réunionnais n'a pas non plus été épargné par les blessures. Une cheville, une cuisse, puis un genou qui l'a tenu éloigné des terrains pendant huit mois, tous ces arrêts ont freiné sa progression.
"Le manageur me fait jouer à plusieurs postes, explique-t-il. C'est un peu frustrant car j'aime évoluer devant mais je n'ai que 21 ans. Le manageur cherche quelqu'un pour évoluer à droite, pourquoi pas moi." Son magnifique but contre le Betis Séville (2-1) en Ligue des champions a souligné un énorme potentiel chaque jour soumis à confirmation.
Valeur
Pour Anthony Le Tallec, l'aventure Liverpool a plutôt tourné au cauchemar. L'ancien Havrais, plus milieu offensif qu'attaquant, n'y a disputé que 32 matches, pour un but. Après un prêt de six mois à Saint-Etienne en 2004, conclu sur un échec, il est retourné avec les "Reds" pour ne pratiquement pas y jouer (sept matches en six mois).
Cette saison, il a été prêté à Sunderland où il a vite perdu sa place de titulaire (huit apparitions en tout). "Les dirigeants m'ont dit que je devais y aller pour apprendre mais ce n'est vraiment pas facile pour moi là-bas", glisse-t-il. "J'en ai marre d'être toujours prêté, je ne veux plus l'être, ajoute-t-il. A Liverpool on m'a dit qu'on comptait sur moi pour l'avenir mais je ne sais pas si je veux rester. Je veux m'investir dans un club où je me sente bien. Peut-être qu'il n'y a pas de futur pour moi à Liverpool."
Dans ce contexte morose, l'équipe de France Espoirs est comme un rayon de soleil. Ils mèneront d'ailleurs l'attaque des "Bleuets" vendredi, avec l'idée deprouver leur valeur à leur pays d'adoption.
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