Quand un joueur hérite du numéro 10 de l’Inter, il se retrouve en possession d’un maillot chargé de légende. De sacrés artistes sont passés avant lui. Luis Suarez (l’Espagnol, pas l’Uruguayen), Lothar Matthaüs, Dennis Bergkamp, Ronaldo, Roberto Baggio ou encore Clarence Seedorf, entre autres. Wesley Sneijder a dignement gagné sa place dans cette liste prestigieuse en guidant les Nerazzurri vers un titre de champion d’Europe en 2010. L’hiver dernier, le Néerlandais a pu léguer son numéro 10 avec le sentiment du devoir accompli. Son successeur n’est pas celui qui était attendu. Le Brésilien Paulinho n’a pas franchement poussé pour un transfert que les Corinthians ne souhaitaient manifestement pas non plus. Au dernier jour du mercato, l’Inter a donc décidé que Mateo Kovacic serait le nouveau porteur du maillot légendaire.
Même s’il est considéré comme le nouveau génie du foot croate depuis quelques temps déjà, avec les convoitises qui vont avec, le stratège de 19 ans n’a rien vu venir. Il a appris la nouvelle alors qu’il s’entraînait avant de disputer un match amical avec le Dinamo Zagreb contre le Zrinjski Mostar. Son coach, Krunloslav Jurcic, est venu lui dire : "Prépare tes affaires, tu prends l’avion pour Milan. Le club a accepté une offre de l’Inter pour toi." Pour 11 millions d’euros, Kovacic venait de devenir nerazzurro. "Je lui ai demandé s’il était sérieux. C’était un rêve qui devenait réalité. Je ne peux pas décrire ce que j’ai ressenti sur le moment", racontait-il dans un large sourire à son arrivée en Lombardie. Autant surpris qu’heureux d’avoir une chance de faire décoller sa carrière dans un grand club européen.
Boban : "Potentiellement, il est meilleur que moi"
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Cette étape était attendue. Kovacic fait partie de ces adolescents prodiges que les recruteurs suivent depuis longtemps. Le natif de Linz, où ses parents avaient migré en 1991 pour fuir le conflit dans les Balkans, a commencé le football à l’âge de 6 ans avec les équipes de jeunes du LASK Linz. A 13 ans, il s’était déjà fait remarquer par la Juventus Turin, le Bayern Munich et l’Ajax Amsterdam. Ses parents ont coupé court aux éventuelles négociations et décidé de rentrer en Croatie. Kovacic a donc poursuivi sa formation au Dinamo Zagreb, où son parcours a été placé sous le signe de la précocité : surclassé dans l’équipe des moins de 17 ans alors qu’il n’en avait que 14, plus jeune buteur de l’histoire du championnat de Croatie à 16 ans et 198 jours et plus jeune joueur à porter le brassard de capitaine du Dinamo. Malgré un an d’arrêt pour une grave blessure à la jambe à 15 ans.
Kovacic a toujours eu un temps d’avance jusqu’ici. C’est un peu à l’image de son jeu. Le Croate est un milieu de terrain au registre extrêmement large. Il peut jouer dans l’axe ou sur les côtés, dans un rôle de récupérateur, de joueur "box to box" ou de meneur, cela ne l’empêche pas d’exprimer ses qualités. Elles sont à la fois physiques et techniques. Pour un jeune homme de 18 ans, Kovacic a déjà une dimension athlétique importante. Il est vif, rapide, solide sur ses jambes. C’est particulièrement frappant sur les raids solitaires dans lesquels il se lance régulièrement, où l’on constate que sa conduite de balle est irrésistible. Car c’est aussi, surtout, un virtuose technique. "Il va vite, très vite. Ce n’est pas un meneur de jeu, il n’est pas encore assez complet. Il doit travailler mais il a le foot dans le sang. Potentiellement, il est meilleur que moi", estimait Zvonimir Boban sur ESPN.
Déjà une bonne expérience en Ligue des champions
Le jeune prodige croate n’était pas la priorité de l’Inter, mais il peut difficilement être considéré comme un choix par défaut compte tenu de son potentiel. Andrea Stramaccioni souhaitait sa signature et se réjouit de l’avoir obtenue. "Je crois beaucoup en lui. Je voulais vraiment qu’il nous rejoigne et tout le monde peut se rendre compte de son talent. Face à Tottenham (4-1 a.p.), sur 70 ou 75 ballons joués, il n’a fait que cinq ou six mauvais choix. C’est incroyable", s’enthousiasmait récemment l’entraîneur de l’Inter. Kovacic a réussi de bons débuts en Serie A, et son expérience n’y est probablement pas étrangère. A 18 ans, il a déjà plus de 70 matches de championnat croate et une dizaine de rencontres de Ligue des champions au compteur. Le public français a d’ailleurs déjà eu l’occasion de le voir à l’œuvre, puisqu’il a affronté le PSG cette saison et Lyon l’an dernier.
Stramaccioni ne néglige pas la marge de progression de son joueur pour autant. Jusqu’ici, l’entraîneur de l’Inter utilise son jeune milieu avec parcimonie, en prenant soin de ne pas trop le surexposer. Ce qui n’empêche pas les attentes très élevées de l’Inter à l’égard de Kovacic. "Mateo doit être géré avec soin pour le moment. Il n’a que 18 ans. Mais il deviendra certainement une star", promet le technicien nerazzurro. L’attitude très professionnelle et la mentalité affichées par le nouveau numéro 10 de l’Inter seront essentielles s’il doit éventuellement devenir un digne hériter de ce maillot prestigieux. "Je suis honoré de porter ce numéro 10, mais c’est tout. Ce qui est important, c’est que je joue bien", tempère-t-il. Les tifosi nerazzurri, pas toujours servis ces derniers temps, n’attendent que ça.
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