Comment le PSG se réorganise autour de son milieu, "coeur du jeu" cher à Laurent Blanc

Eurosport sur Google

Le passage du PSG du 4-4-2 au 4-3-3 n'est pas un simple changement d'organisation. C'est une nouvelle philosophie de jeu qui replace le milieu de terrain au centre du dispositif. Analyse.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Après des débuts mitigés, le PSG de Laurent Blanc semble avoir atteint sa vitesse de croisière après deux mois de compétition. Les deux matches nuls en ouverture de la saison, face à Montpellier (1-1) et Ajaccio (1-1), sont oubliés... Enfin presque, l'AS Monaco regarde encore de haut les Parisiens qui courent toujours après ces quatre points égarés en cours de route. Mais le PSG semble bien avoir oublié une chose : le 4-4-2 hérité de Carlo Ancelotti. Après deux essais infructueux, majoritairement la faute à des ailiers qui n'en étaient pas, Laurent Blanc a changé son fusil d'épaule au soir du déplacement de son équipe à Nantes lors de la troisième journée (1-2).

Une relance à trois têtes

Ironie de l'histoire, c'est dans le 4-3-3 rêvé par Carlo Ancelotti à son arrivée dans la capitale que l'ancien sélectionneur des Bleus a connu pour la première fois la joie de la victoire en Ligue 1 avec son nouveau club. Un autre succès a suivi face à Guingamp (2-0), pas plus convaincant au fond, mais qui a fait du bien avant la trêve internationale. Puis est arrivé le match-référence du PSG cette saison, à l'issue de la trêve internationale, dans le stade des premiers exploits du coach Laurent Blanc. A Bordeaux, Paris a certainement livré sa prestation la plus aboutie de la saison (0-2) en grande partie grâce à un choix d'homme : ce soir-là, Verratti remplaçait Pastore dans le onze de départ et s'installait dans l'entrejeu aux côtés de Thiago Motta et Matuidi.
Si l'international français a récité sa partition habituelle, le milieu italien a fait vivre un véritable calvaire à ses homologues girondins. Aux côtés de Thiago Silva et Thiago Motta, il participe depuis à la relance parisienne, la "première passe". Surtout, par sa mobilité -il décroche souvent pour venir jouer à hauteur de ses deux partenaires-, il attire des adversaires hors de leur position habituelle et crée ainsi des espaces qui peuvent être exploités par ses coéquipiers. A Bordeaux, Poko et Nguemo ont passé la soirée à lui courir après, ne parvenant jamais à le saisir avant d'être ensuite pris dans leur dos par les passes de Thiago Motta ou Thiago Silva. En clair, face à une équipe qui tenterait de presser la relance parisienne, l'association Verratti-Motta-Silva apparaît comme une arme létale. Car si deux "quarterbacks" peuvent être bloqués par deux attaquants, la présence d'un troisième homme force la sortie au pressing d'un joueur supplémentaire, créant naturellement des brèches dans le bloc adverse.

De l'axe vers les ailes

Face aux Girondins, le PSG a exploité à plein cet avantage en faisant tourner le ballon derrière, autour de ses trois distributeurs, avant de trouver des failles en plein coeur du milieu de terrain bordelais. Au-delà de Matuidi qui peut offrir un relais dans cette zone, les véritables solutions viennent alors des attaquants : Ibrahimovic évidemment, dont la passe décisive pour Cavani à Nantes illustre à merveille son rôle dans un tel système. Servi par une passe de Thiago Motta qui a brisé le milieu adverse, l'attaquant suédois a su se remettre dans le sens du jeu pour lancer l'Uruguayen en profondeur. L'autre solution vient généralement d'une aile, avec le déplacement à l'intérieur de l'un des attaquants : face à Bordeaux, Ongenda avait excellé dans ce registre, repris ensuite par Lavezzi dans d'autres rencontres.
Une fois la première connexion établie dans le coeur du jeu, celui-ci est ensuite envoyé sur les ailes en fonction des courses des joueurs de couloir. Certains peuvent attaquer la profondeur, comme Cavani ; d'autres peuvent rester en position d'ailier et profiter des remontées de balle rapides pour attaquer leurs adversaires directs. Lucas Moura a enfin convaincu lors de ses dernières apparitions grâce à ce registre. Troisième possibilité, le joueur excentré peut être un latéral, qui monte afin de compenser le déplacement entre les lignes de son ailier. Face à Monaco, en tout début de partie, Maxwell a ainsi déboulé plusieurs fois sur son aile gauche pour profiter de l'espace ouvert par Lavezzi, qui attirait son adversaire direct vers l'intérieur du terrain.

Ibrahimovic-dépendance et Ibrahimovic dépendant ?

De l'axe vers l'aile pour accélérer... et de l'aile vers l'axe pour terminer les actions. Voilà le credo du 4-3-3 parisien. Si l'attaque ne peut être rapide, les joueurs de couloir parisiens vont ensuite chercher à revenir dans l'axe pour lancer un dernier mouvement dans la zone de vérité. Première solution, trouver Ibrahimovic dans le coeur du jeu : l'attaquant suédois a l'habitude de décrocher pour se défaire de la défense adverse et jouer de son avantage sur la plupart des milieux du championnat. Une fois dans le sens du jeu, à lui de prendre la bonne décision en fonction des incursions de ses partenaires d'attaque (Cavani, Lavezzi...), et de Matuidi depuis le milieu de terrain. A Nantes et à Bordeaux, la connexion Ibrahimovic-Matuidi s'est faite dans les vingt derniers mètres pour à chaque fois offrir l'avantage au PSG (buteur à Bordeaux, le Français est impliqué dans l'action aboutissant au but victorieux de Lavezzi à La Beaujoire).
Mais dans ce 4-3-3, Zlatan ne peut être le créateur sans une remontée de balle efficace. Les vrais cerveaux du jeu parisien sont aujourd'hui à l'arrière et se nomment Thiago Silva, Thiago Motta et Marco Verratti. Ce sont eux qui, par leur qualité de relance, peuvent mettre Ibrahimovic et les autres attaquants dans de bonnes conditions. Sans relation Motta-Ibrahimovic par exemple, pas d'appel de Cavani à Nantes ou de raids d'Ongenda dans le coeur du jeu. Sans relais entre Verratti et le jeune Français, pas de duels gagnés par Lucas Moura sur son aile droite à Bordeaux. Aujourd'hui, plus l'attaque parisienne part de loin, plus le Suédois peut faire briller ses partenaires dans les trente derniers mètres. Alors que l'Ibra-dépendance est sur toutes les bouches, Laurent Blanc est tout simplement en train de rendre à son tour le Suédois dépendant de ses partenaires du milieu de terrain. Lieu "délaissé" par le 4-4-2 d'Ancelotti qui préférait l'efficacité dans les deux surfaces, l'entrejeu a toutes les chances d'être la clé des prochains succès du PSG. Reste à savoir jusqu'où Thiago Motta et Marco Verratti pourront aller...
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité