Eurosport
Thomas Tuchel, un été avec le PSG en forme de casse-tête
Par
Publié 29/07/2018 à 20:30 GMT+2
INTERNATIONAL CHAMPIONS CUP - Le PSG a disputé lundi son dernier match contre l'Atlético de Madrid dans le cadre de la compétition amicale. Une rencontre durant laquelle Thomas Tuchel était de nouveau privé de la grande majorité de ses cadres. Alors que le mois d'août et les premiers matches officiels se profilent, l'Allemand avance dans l'incertitude. Et cela commence visiblement à l'inquiéter.
Eurosport
Crédit: Eurosport
De l'inquiétude et un peu de tension. C'est ce qu'a laissé transparaitre Thomas Tuchel, samedi, en conférence de presse, après la large défaite concédée face à Arsenal (1-5) dans le cadre de l'International Champions Cup. Progressivement, le successeur d'Unai Emery laisse filtrer les sujets qui le préoccupent.
Ce ne sont évidemment pas les résultats qui ennuient l'Allemand, déjà battu avec sa jeune troupe par le Bayern il y a une semaine (1-3) avant de renverser l'Atlético de Madrid (3-2) lundi. Parce qu'au fond, la compétition amicale ne présente pas de réel intérêt sur le plan sportif. Les très nombreuses absences avec lesquelles Paris doit actuellement composer rend les performances du club illisibles.
Contre les Gunners, il a endossé l'entière responsabilité de la défaite, soulignant par la même occasion, sans détour, le manque de talent de son équipe : "On a peut-être été trop optimistes avant le match en voulant contrôler. C'était mon approche, j'en prends la responsabilité. Personne n'aime perdre mais quand on regarde la feuille de match avant de jouer, on sait qu'on a presque aucune chance de gagner à ce niveau."
Si les revers, parfois spectaculaires, subis par les Parisiens ces derniers jours font parler, ce qui tracasse Tuchel est plus problématique. L'Allemand s'est exprimé en longueur sur l'enchaînement des matches amicaux, pointant du doigt la fatigue accumulée par les rares membres de l'équipe première sursollicités durant l'été. "Il y a beaucoup de responsabilités sur les épaules de Lass (Diarra), Adrien (Rabiot) et Christopher Nkunku, a-t-il expliqué. Ils donnent tout. On essaye d'éviter les blessures car il y a de l'intensité. Nos matches sont importants, mais le plus important, c'est le repos des joueurs."
Evoquant le cas d'Arsenal, le nouvel entraîneur du PSG s'est montré envieux, notant "l'avantage" pour le club londonien "d'être au complet". Il a ensuite embrayé sur la nécessité de revoir l'organisation des compétitions après un Mondial : "Il faut trouver une solution pour les années de Coupe du monde, peut-être recommencer la saison plus tard. Quitte à la finir plus tard. On devrait pouvoir terminer en juin ou même, mi-juillet pour donner du repos aux joueurs." Une critique également formulée par José Mourinho et Pep Guardiola ces derniers temps.
Dans moins d'une semaine, le PSG disputera face à Monaco, en Chine, le premier match officiel de la saison à l'occasion du Trophée des champions. Puis le 12 août, ce sera le retour de la Ligue 1, avec une rencontre face à Caen au Parc des Princes. Pour les cadres de l'effectif, ces rendez-vous feront aussi office de premiers matches de préparation. Peu d'entre eux ont d'ailleurs repris à ce jour à l'entraînement. Angel Di Maria a réintégré le groupe dimanche, tout comme les jeunes Moussa Diaby et Yacine Adli. Thiago Silva, confirmé en tant que capitaine, est arrivé lundi. Marquinhos et Neymar débarqueront dans le courant de la semaine, tandis que Thomas Meunier, Presnel Kimpembe, Kylian Mbappé et Alphonse Areola ne seront pas disponibles avant le 6 août. Enfin, Edinson Cavani, touché au mollet depuis la Coupe du monde, doit d'abord penser à se soigner.
Un mercato en suspens
Tuchel a également abordé un autre sujet brûlant du côté de la capitale. Celui du mercato. On le sait, le club doit être vigilant quant à ses dépenses, lui qui doit trouver au minimum 100 millions d'euros par saison pour satisfaire les exigences du fair-play financier. Mais il doit aussi se renforcer, au milieu où l'absence d'une sentinelle de niveau international fait toujours défaut. Et derrière, où la vente de Yuri et la blessure de longue durée de Dani Alves ne font que renforcer les inquiétudes.
"On pourrait en parler des heures, de quel type de défenseur central je veux..., a lancé l'Allemand dimanche. J'ai trois défenseurs centraux de haut niveau, mais que se passera-t-il en cas de blessure de l'un, de suspension de l’autre, si l’on joue avec une défense à trois ? On doit se préparer à tout." Si Lassana Diarra peut éventuellement dépanner à ce poste, comme il l'a montré lors de l'International Champions Cup, les manques sont évidents. Notamment sur les côtés, puisque Layvin Kurzawa, actuellement en phase de reprise, et Thomas Meunier seront les seuls latéraux disponibles pour la reprise du championnat, s'il n'y a pas de mouvement.
De Leonardo Bonucci à Jérôme Boateng, plusieurs pistes ont été évoqués ces dernières semaines. Mais rien n'a abouti à ce jour. Et d'autres joueurs sont même annoncés partants, comme Di Maria, Rabiot et même, Kurzawa...
Neymar et la nécessité du huis clos
Thomas Tuchel le sait, Neymar sera aussi l'un des grands sujets de discussion dans les jours à venir. Il lui faudra gérer le cas du Brésilien, déçu par les résultats de sa sélection au Mondial et vivement critiqué durant la compétition pour ses roulades à répétition.
"Je suis certain d'avoir un lien avec lui et je suis certain d'avoir besoin de créer des liens avec ce genre de joueurs", a déclaré le technicien du PSG. "C'est un joueur extraordinaire. Il sait comment gérer les grandes victoires, il sait aussi comment gérer les défaites, parce que le sport, c'est comme ça", a-t-il poursuivi. Avant d'enchaîner : "Je suis jeune - enfin pas tant que ça - mais je sais que quand je parle de Neymar, chaque mot peut être interprété. Donc la meilleure chose à faire quand je veux lui parler de quelque chose est de le faire à huis clos."
A quelques jours des premières échéances de la saison, Tuchel avance donc dans le flou. Il sait pourtant qu'il lui faudra obtenir rapidement des résultats. Dès le mois d'août. Son prédécesseur et bourreau de ce week-end peut en témoigner.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité