Justice | "Le football est libre" : La Super Ligue triomphe, l'UEFA minimise

Eurosport sur Google

Le verdict est tombé ce jeudi. La cour de justice de l'Union européenne a estimé que les règles de l'UEFA relatives à l'autorisation de compétitions de football, telles que la Super Ligue, dissidente de la Ligue des champions, étaient contraires au droit de la concurrence. "Le football est libre", s'est notamment félicité Bernd Reichart, patron d'A22, la société promotrice de la Super Ligue.

Ceferin moque la Super Ligue : "J'espère qu'ils savent ce qu'ils font…"

Video credit: Eurosport

Est-ce une décision comparable à l'arrêt Bosman de 1995, qui avait permis la libre circulation des joueurs ? Seul le temps pourra probablement y répondre. Mais ce jeudi, en estimant que les règles de l'UEFA relatives à l'autorisation de compétitions de football, telles que la Super Ligue, dissidente de la Ligue des champions, étaient contraires au droit de la concurrence, la Cour de justice de l'Union européenne n'a pas laissé place au doute.
Si un club décide donc de rejoindre une autre compétition non organisée par l'UEFA, l'instance ne pourra ni lui interdire, ni le sanctionner. "Le monopole de l'UEFA est terminé. Le football est libre", a réagi sur le réseau X Bernd Reichart, patron d'A22, la société promotrice de la Super Ligue.
Le Real Madrid et le FC Barcelone, eux, ont affirmé jeudi leur intention de continuer à défendre le projet de Super Ligue. "Nous continuerons à défendre un projet moderne, pleinement compatible avec les compétitions nationales", a déclaré le président du club madrilène, Florentino Pérez, le FC Barcelone estimant pour sa part que cette décision ouvrait "la voie à une nouvelle compétition de football au plus haut niveau en Europe".
"Ce projet sera ouvert à tous, fondé sur le mérite sportif et qui imposera le respect du fair-play financier (...) C'est un grand jour pour l'histoire du football", a ajouté Pérez. Pourtant, du côté du Nyon (Suisse), on ne semble pas vraiment paniquer après cette annonce.

L'UEFA n'est pas inquiète

L'UEFA a ainsi "confiance" dans la conformité au droit européen de ses nouvelles règles sur les compétitions concurrentes comme la Super Ligue, a-t-elle expliqué jeudi dans un communiqué, minimisant la portée du revers sur la forme que lui a infligé la justice européenne.
"Cet arrêt ne signifie pas une approbation ou une validation de la soi-disant 'Super ligue'. Il souligne plutôt une lacune préexistante" dans la réglementation de l'UEFA, "un aspect technique qui a déjà été reconnu" et corrigé en juin 2022 avec de nouveaux textes, affirme l'organisation européenne. Plus précisément, une réglementation de 24 pages prévoyant un système d'autorisation pour les "compétitions interclubs internationales".
L'instance "reste déterminée à défendre la pyramide du football européen", conjointement avec "les fédérations nationales, les ligues, les clubs, les supporters, les joueurs, les entraîneurs, les institutions de l'UE, les gouvernements et les partenaires", a-t-elle ajouté.
picture

Ceferin

Crédit: Getty Images

Du côté de la Ligue espagnole de football, LaLiga, on a rappelé jeudi une opposition ferme au projet de Super Ligue. "Aujourd'hui plus que jamais, nous réitérons que la 'Super Ligue' est un modèle égoïste et élitiste. Tout ce qui n'est pas totalement ouvert, avec un accès direct seulement à travers les championnats nationaux, saison par saison, est un format fermé", a réagi l'organisation sur le réseau X (anciennement Twitter).
L'association Football Supporters Europe a estimé qu'il n'y avait "pas de place dans le football européen pour une Super Ligue séparatiste", après l'intervention de la Cour de justice de l'Union européenne.
"Quoi qu'il advienne" après cet arrêt, le projet lancé en 2021 d'une compétition privée d'élite concurrençant la Ligue des champions "met en danger l'avenir du football européen", estime l'organisation dans un communiqué, promettant que ses membres "continueront à se battre" pour l'empêcher.
Le football européen est "plus uni que jamais contre les tentatives de quelques individus" de relancer des projets de tournois privés, a affirmé jeudi la puissante Association européenne des clubs (ECA), renouvelant son soutien à l'UEFA.
Pour l'ECA, l'arrêt de la Cour européenne de justice invalidant les règles opposées en 2021 par l'UEFA à une première tentative de compétition concurrente "ne soutient ni n'approuve en aucune manière un quelconque projet de Super Ligue".
"Depuis que l'affaire a été portée devant les tribunaux il y a deux ans, des réformes majeures" ont été mises en place, "y compris de nouvelles règles de l'UEFA pour l'autorisation préalable des compétitions" adoptées en juin 2022, rappelle l'ECA, qui représente environ 500 clubs à travers le continent.
Si l'organisation A22 a soumis dès la mi-journée une nouvelle proposition de compétition privée, à 64 clubs chez les hommes et 32 chez les femmes, l'ECA estime que "le monde du football s'est éloigné de la Super Ligue il y a des années".
"L'ECA continuera à travailler avec l'UEFA, la Fifa et toutes les parties prenantes reconnues du football pour développer le jeu de manière positive et progressive, sur la base des principes de méritocratie sportive, d'inclusivité et d'équité", promet l'association.
(Avec AFP)
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité