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Gerard Lopez, ex-entraîneur du Barça B : "Puig ressemble à Iniesta, il a tout"

Gerard Lopez : "Puig ressemble à Iniesta, il a tout"

Le 11/08/2018 à 14:19Mis à jour Le 11/08/2018 à 17:39

L'homme était compliqué à localiser depuis son départ du Barça. Après avoir refusé tout entretien, y compris pour parler du FC Nantes avec qui il était en négociation, nous avons réussi à bloquer Gerard López quelques minutes à la télévision espagnole pour évoquer deux thèmes : la récente incorporation des jeunes du Barça B, et les contacts avec le FC Nantes, avec qui il est resté en bons termes.

Qu'avez-vous pensé du Barça en cette pré-saison ?

G.L. : Compte tenu des absences des internationaux, deux joueurs ont marqué les esprits, le latéral gauche Miranda [qui remplacera Digne comme remplaçant de Jordi Alba, ndlr] et aussi Ricky Puig qui a crevé l'écran. Cucurella aussi a bien joué... Tous sont talentueux et méritent d'avoir des minutes, mais c'est compliqué au Barça. Le fait qu'ils aient acquis le respect du groupe est déjà une bonne chose.

Deux joueurs que vous avez connu l'année passée au Barça B...

G.L. : Oui. Miranda avait même débuté lors de la première journée contre Valladolid. Au début de la saison dernière, j'avais des réserves car il n'était que dans sa deuxième année de Juvenil (U19). Et en latéral gauche, nous avions “Cucu” et un joueur du Celta que nous avions recruté (Samu Araujo). Mais en pré-saison, j'ai vu qu'il avait quelque chose de spécial. C'est un garçon qui apprend vite. En plus, il est grand, costaud, rapide, et représente une menace aérienne sur coups de pied arrêtés. Il doit encore améliorer son jeu défensif, mais je le vois préparé pour être le remplaçant de Jordi Alba.

Quant à Puig, c'est une énorme surprise pour tout le monde...

G.L. : Il a aussi débuté avec moi, mais en cours de saison. La D2 espagnole est physique, et je ne savais pas si le faire jouer dans un contexte difficile, alors que son corps n'était pas prêt, était une bonne chose. Mais je croyais en lui. Je voyais sa qualité aux entraînements, même s'il ressemblait à un enfant de 13 ans. Au Barça, ils ont douté de son physique. Certains ne voulaient pas qu'il reste. Cela m'avait rappelé les débuts de Xavi. On disait de lui qu'il était trop petit, qu'il ne prenait aucun risque, que son jeu était ennuyeux... Quelques années plus tard, il était devenu le meilleur milieu de terrain du monde... Il faut laisser du temps aux jeunes joueurs.

Il ressemble vraiment à Xavi ?

G.L. : Je dirais plus à Iniesta. Vision du jeu, capacité de dernière passe, changement de rythme, éliminer son adversaire direct sur un toucher de balle ou une feinte... Puig a tout ça.

Le Barça s´est bien renforcé (Arthur, Lenglet, Malcom, Arturo Vidal) mais les nostalgiques diront que l'ADN Barça semble se perdre...

G.L. : C'est quoi l'ADN du Barça ? Le jeu offensif et la recherche du contrôle. Pas que le contrôle du ballon, mais le contrôle de l'équilibre du match. J'ai joué sous Rijkaard, et l'équipe était très forte avec Davids, Kluivert, Xavi ou Ronaldinho. On avait l'ADN Barça selon moi : l'équipe dictait sa manière de jouer, et à partir de là, tentait de contrôler le match. Le tout à un rythme très élevé et intense. Aujourd'hui le Barça a une multitude de possibilités. Il peut jouer avec Rakitic-Vidal-Coutinho comme avec Busquets-Puig-Aleña pour les plus "nostalgiques". Mais ces derniers doivent aussi comprendre que le football évolue. Et que le Barça doit s'adapter. Même Pep Guardiola a évolué !

C'est vrai que vous avez été proche de signer à Nantes ?

G.L. : Il y a eu des contacts et cela m'intéressait. J'avais commencé à penser à l'équipe, à regarder le marché espagnol et français, à appeler des gens au Barça, j'avais même échangé avec Xavi sur le sujet... Mais c'est du passé. Ils ont pris Cardoso qui est un très bon coach et qui a fait ses preuves au Portugal. Les Kita voulaient quelqu'un avec plus d'expérience. Je ne suis pas pressé, je suis encore jeune dans le métier. Les opportunités viendront. Et puis cette saison, conme vous le voyez ici à la télé [il montre les studios, NDLR], je vais commenter le Barça toute la saison à la télévision, j'analyserai aussi la Liga avec Jorge Valdano à la radio, en plus de diriger la fédération de Catalogne. Je vais être bien occupé.

Samedi, Nantes reçoit Monaco, un club que vous connaissez bien...

G.L. : Monaco, c'est spécial, j'y ai joué en 2005, Deschamps était le coach, avec Maicon, Evra, Squillacci, Vieri... J'aurais aimé m'imposer, mais je me suis rompu le tendon d'Achille un soir au Parc des Princes et je ne suis jamais revenu... Les deux équipes sont importantes pour moi. C'est pour ça que j'ai accepté de me rendre à la Beaujoire, sur invitation des Kita. Ils se sont comportés en gentlemen.

Vous dites que vous serez à la Beaujoire samedi ? Cela peut être vu comme un moyen de pression sur Cardoso, vu la pré-saison compliquée des Canaris...

G.L. : Arrêtez de chercher la petite bête... Moi, je souhaite une grande saison à Nantes et à Miguel Cardoso. Dites-le, ça : je leur souhaite aussi de retrouver l'Europe. Si Nantes a besoin de moi, de mes réseaux, pour toute autre chose, des renseignements sur un joueur par exemple, en revanche ce sera avec plaisir.

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