Le rêve est bien souvent plus doux que la réalité. En signant au FC Barcelone, Samuel Umtiti réalisait, de son propre aveu, un "rêve d'enfance". Avant de s'engager avec les Blaugrana, l'ancien Lyonnais avait minutieusement étudié le jeu catalan tout en caressant le doux espoir de faire partie, dans un futur plus ou moins lointain, de la vénérable institution. Alors, ce 16 juillet 2016, quand ce jour est arrivé, Umtiti a bien eu du mal à masquer son émotion. Imaginez donc, réaliser son rêve de gosse à 22 ans est un accomplissement rare. Alors même si la réalité l'a rattrapé, pas question de mettre fin à l'aventure. Et pour comprendre l'obstination de Big Sam à vouloir rester en Catalogne malgré l'empressement du Barça à vouloir lui faire changer d'air, il faut comprendre la fascination du défenseur central pour son club.

"Umtiti, par ici la sortie", titrait ce mardi Sport, journal catalan qui a toutes ses entrées au club. Il faut dire que le Barça est franchement lassé par les bulletins de santé rouge écarlate du champion du monde. 215 jours de blessure depuis la Coupe du monde avec ce genou gauche qui n'a jamais vraiment récupéré de la campagne russe. Umtiti a refusé l'opération, le Barça a vu rouge et ne veut désormais plus entendre parler d'un défenseur qui manque de fiabilité, mais dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2023. Derrière Piqué et Lenglet, les options sont rares et les blessures d'Umtiti fragilisent nettement le clan blaugrana.

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Le Barça, challenge ultime

Le problème est le même avec Ousmane Dembélé, sous contrat jusqu’en 2022. Depuis 2017, l'ailier des Bleus en est à près de 500 jours d'absence à cause de blessures en tout genre. Contrairement à Umtiti qui a connu une première année scintillante, Dembélé ne s'est jamais imposé en Catalogne. Le Barça a le même objectif avec les deux Français : vendre des joueurs à la valeur marchande certaine bien qu'en chute libre (55 millions d'euros pour Dembélé, 30 pour Umtiti) pour libérer de la masse salariale, mais surtout récupérer du cash à réinvestir sur sa cible de l'été, Lautaro Martinez. Le Barça a le même problème aussi : pour Dembélé, pas question de quitter le FC Barcelone. Une obstination qui avait fait capoter le retour de Neymar l'an passé et qui pourrait bien assécher la puissance de frappe de son club sur le marché des transferts.

Les maillots d'Umtiti et Dembélé

Crédit: Getty Images

Mais comment en vouloir aux deux champions du monde ? Au-delà de l'aspect purement financier de deux contrats forts généreux (9 millions d'euros annuels pour Umtiti, 12 pour Dembélé), le duo a accompli son rêve ultime en rejoignant la Catalogne et ce qu'il considérait alors comme le meilleur club du monde. Une fois installé, ils n'ont aucune raison de s'en aller même si l'aventure tourne au vinaigre. Sportivement, les deux hommes ont subi un sévère déclassement depuis la Coupe du monde et il semble bien difficile pour eux de trouver un challenge à la hauteur de ce qu'ils ont au sein de l'un des deux meilleurs clubs du monde.

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Pas de départ, pas d'échec

Ce mardi, Sport annonce quatre destinations possibles pour un prêt de Samuel Umtiti : Naples, la Lazio Rome, l'AS Rome et le Torino. Un départ chez l'une de ses quatre formations de Serie A serait forcément subi comme une déchéance sportive et son aventure barcelonaise comme un échec. En restant au Barça, Dembélé et Umtiti maintiennent l'espoir de réussir dans le club qui les faisait rêver gamin. Partir, ce serait y renoncer définitivement. Ces dernières années, la caste des potentiels vainqueurs de la C1 s'est drastiquement rétrécie à mesure que les plus fortunés, et souvent les plus ambitieux d'entre eux, creusaient l'écart en offrant des contrats juteux et des challenges excitants. Voilà pourquoi le Barça (Umtiti, Dembélé mais aussi Rakitic, Vidal et Rafinha) et le Real Madrid (Bale, Isco, James) ont tant de mal à revendre ceux qu'ils sont si ardemment désirés. Les voilà pris au piège. Car tant que Dembélé et Umtiti ne voudront pas partir, il faudra faire avec.

Umtiti, Dembélé et Todibo dans les tribunes du Camp Nou

Crédit: Getty Images

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