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"L'échange" Arthur-Pjanic : Tout sauf du foot…

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Arthur Melo sous le maillot du Barça, une histoire ancienne désormais

Crédit: Getty Images

ParCyril Morin
29/06/2020 à 21:57 | Mis à jour 30/06/2020 à 06:10
@cyrilmourinho

LIGA - C’est officiel, le FC Barcelone a décidé de céder Arthur Melo contre Miralem Pjanic dans le cadre d’un "échange" qui s’apparente en réalité à deux transferts séparés, histoire de maquiller les comptes au 30 juin. Si sportivement l’apport du Bosnien peut être intéressant pour le Barça, le problème est ailleurs : dans cette affaire, il n'a été question que d'argent et de fuite en avant.

"L'argent doit être sur le terrain, pas en banque". A l’heure où le Barça cherche son identité, il est toujours intéressant de revenir aux racines. Dans cette quête-là, difficile de trouver plus inspirant et plus rassembleur que la figure de Johan Cruyff. En plus d’avoir été l’un des plus grands joueurs de l’histoire, le maestro aura transmis son patrimoine génétique à un FC Barcelone qui en a largement récolté les lauriers par la suite. Le Barça, c’est plus qu’un club, c’est un ADN qu’il convient de préserver.

Voilà pour la légende et la belle histoire que l’on raconte aux enfants pour les bercer de bons sentiments. Dans le football actuel, il n’y a que des adultes, froids et cyniques, qui ne s’embarrassent guère d’émotions. A la guerre comme à la guerre. Un sou est un sou. Et, dans l’histoire, le romantisme en prend un coup.

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Arthur Melo n'est qu'une victime collatérale d'un dossier pensé à l'envers. Transféré dans le cadre d’un échange qui n’en a que le nom - on y reviendra - avec Miralem Pjanic, le Brésilien est évidemment une victime grandement consentante avec un joli salaire à la clé et une place de choix dans le milieu turinois. Mais une victime, quand même, d’une décision qui ne dit absolument rien de son niveau personnel au Barça. Ou si, qui traduit plutôt qu'il est une exception au milieu de flops de renom.

Amoureux du Barça, Arthur Melo contemple son nouveau flocage lors de son arrivée en juillet 2018

Crédit: Getty Images

Pourquoi le Barça se débarrasse-t-il d’Arthur Melo ? Parce que le milieu relayeur est l’un des seuls actifs intéressants à monnayer pour l’actuelle direction. Un des seuls à avoir confirmé quelque peu depuis son arrivée du côté du Camp Nou en juillet 2018. Ne cherchez pas plus loin. Et ne cherchez pas non plus pourquoi Jean-Clair Todibo sera vendu au plus offrant cet été : si sa signature en janvier 2019 relevait d’un projet au long cours, il semble déjà voué à s’achever un an et demi plus tard. En somme, les deux hommes ont été sacrifiés sur l'autel monétaire. Sacrifiés aussi car la direction actuelle du Barça s’est attachée des boulets au pied.

Bidouille comptable

En réécrivant la citation célèbre de Cruyff, on ne dirait qu’une chose : l’argent n’est pas sur le terrain, il est sur le banc. Car c’est le premier constat à dresser dans toute cette histoire : les trois joueurs les plus chers de l'histoire de ce club légendaire sont aujourd’hui remplaçants. Voire carrément indésirables. A eux trois, Antoine Griezmann, Ousmane Dembélé et Philippe Coutinho ont couté la bagatelle de 400 millions d’euros. Leur apport, sportif mais également financier puisqu’il convient d’en parler, est très en deçà de tout ça.

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Voilà donc pourquoi la présidence Bartoméu court après les millions. Des mauvais choix initiaux, des joueurs surpayés qui n’apportent pas assez sportivement et une fin de règne en forme d’épée de Damoclès au-dessus d’eux. Car si le Barça est en posture délicate financièrement (plus grosse masse salariale du monde, revenus en chute avec la crise du Covid-19), il n’est pas encore au bord de la rupture avec ses revenus XXL. Mais les avals bancaires contractés par l’actuelle direction obligent celle-ci à une grande braderie pour ramener des millions sur le bilan comptable et ainsi ne rien devoir rembourser par eux-mêmes à leur départ en 2021 (pour plus d’infos sur ces avals, on vous conseille cette vidéo).

La conclusion de tout ce fatras économique ? Un "échange" aux air de bidouille comptable qui arrange tout le monde. Ici, le tout le monde n’englobe évidemment pas les joueurs qui n’auront jamais été considérés en termes sportifs dans cette transaction mais uniquement en biens monétisables à court terme. D’ailleurs, l’hésitation d’Arthur Melo a bien failli rendre caduque la transaction. Preuve que si quelqu’un a d’abord pensé au terrain dans l’histoire, il n’est pas à chercher au sein du conseil d’administration du Barça. En quoi consiste cette bidouille ? Le Barça va vendre pour 72 millions d'euros Arthur et pourra lisser l'indemnité de Pjanic sur les quatre années de contrat du Bosnien. Résultat : un bilan comptable plutôt flatteur pour l'exercice qui se clôt en cette fin juin.

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Passe-passe sportif

Sportivement, puisque cela devrait être le noeud du dossier, le Barça n’est pas immédiatement perdant. Miralem Pjanic est un cador du continent, au profil technique suffisant pour jouer dans le "grand" Barça. A 30 ans, il a faim d’un nouveau challenge, est au prime de sa carrière et peut apporter caractère et expérience à une équipe sans grande ligne conductrice autre que celle de donner la gonfle à Lionel Messi.

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Reste à savoir comment Quique Setién compte mettre en musique un milieu avec trois regista aux profils identiques et à la compatibilité pas encore assurée. Mais, vous vous en doutez, ce n’est plus le souci d’une direction qui n’en finit plus de s’enliser. Le poste pour poste Arthur-Pjanic s’apparente à un tour de passe-passe sportif aux conséquences économiques positives. C’est tout ce qu’il convient d’en retenir pour Bartoméu et compagnie.

De tout ça se dégage désormais une autre urgence. Économique, financière mais surtout politique. En 2021, c’est une nouvelle tête qui sera amenée à devenir président du FC Barcelone. Nul doute qu’il sera facile pour le nouveau boss blaugrana de se dédouaner du bilan Bartoméu. Mais attention à ne pas tomber dans les mêmes surenchères : au Barça, le terrain compte presque plus qu’ailleurs. Il convient de ne plus l’oublier désormais…

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