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Barça - Real Sociedad : Robin Le Normand, itinéraire d’un aventurier devenu leader de Liga
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Publié 15/12/2020 à 21:52 GMT+1
LIGA - Défenseur central de la Real Sociedad depuis 2016, Robin Le Normand ne possède pas un parcours classique pour un footballeur français. À la manière d’Antoine Griezmann, le stoppeur de l’actuel leader de Liga a terminé sa formation dans le Pays basque avant d’éclore au grand jour. Voici la feuille de route d’un talent oublié par l’Hexagone.
Robin Le Normand (Real Sociedad)
Crédit: Getty Images
Ce n’est malheureusement plus une surprise pour ses plus grands fans : la Liga espagnole souffre actuellement d’une baisse de charisme. Des montagnes comme le Real Madrid, le FC Barcelone ou l’Atlético de Madrid accouchent régulièrement de souris au moment de s’exprimer sur la pelouse. Les équipes du ventre mou et a fortiori du bas de classement resserrent les lignes pour réduire le risque d’encaisser un but et de nombreux attaquants en subissent les frais.
Malgré cette frilosité ambiante, la Real Sociedad constitue à la fois la meilleure attaque (23 buts) et la deuxième meilleure défense (6 buts) de Liga après onze journées. Si les éléments à majorité basque du 4-2-3-1 d’Imanol Alguacil pratiquent une rotation d’effectif régulière, Robin Le Normand sonne comme la touche française au cœur de la charnière centrale de cette Erreala séduisante sur le papier.
Naufragé à Brest, séduit par Olhats
Pourtant, personne (ou presque) ne connaît l’existence de Le Normand en France. Si sa côte de popularité est si basse à l’intérieur de nos frontières, c’est parce que ce gaillard d’un mètre quatre-vingt-sept s’est principalement construit un avenir dans le football professionnel à Saint-Sébastien. Tiens, cela rappelle étrangement la trajectoire d’un certain Antoine Griezmann, et cela est tout sauf un hasard.
Né à Pabu le 11 novembre 1996, Le Normand est recruté à 15 ans dans les sections de jeunes du Stade Brestois 29 où il partage parfois le vestiaire avec Gauthier Larsonneur, actuel gardien du pensionnaire de Ligue 1. Un an plus tard, l'espoir effectue ses débuts dans l’équipe réserve du SB29. Toujours sous contrat fédéral, le jeune homme fait une apparition en équipe première le 15 avril 2016 lors d’une défaite à Sochaux (2-1). Ce sera la seule de sa carrière, puisque Brest, déjà occupé à préparer l’arrivée de Jean-Marc Furlan via son nouveau président Denis Le Saint, décide de ne pas offrir de contrat professionnel au défenseur de 19 ans.
Cependant, Le Normand va bénéficier d’un coup de pouce extérieur au moment propice. Déjà instigateur principal dans l’arrivée de Griezmann à la Real Sociedad, Éric Olhats entre en scène et séduit le joueur qu’il considère comme un garçon avec un fort potentiel. "Au début, c’était assez difficile, raconte Le Normand pour Ouest-France en décembre 2018. Tu as un peu l’impression que tu ne vas pas y arriver… Olhats me suivait depuis plusieurs années, quand Brest a décidé de ne pas me conserver il m’a dit de venir à la Real, pour voir ce que ça donne."
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Robin Le Normand (Real Sociedad) face à Eibar
Crédit: Getty Images
Comme Griezmann, le Costarmoricain de naissance passe des tests à Saint-Sébastien. Comme Griezmann, le retour du club espagnol est positif et une place dans l’équipe réserve lui est attribuée dans un premier temps. Mieux que Griezmann, Le Normand met seulement deux ans avant de s’engager définitivement chez les Txuri-Urdin jusqu’en 2020.
"C’est la grosse différence avec la France : ici, on joue pour gagner !"
Désormais, l’actuel contrat de Le Normand s’arrête au 30 juin 2024. Une preuve supplémentaire que le club compte sur son stoppeur breton pour les années à venir, comme en témoigne son temps de jeu en constante progression : 528 minutes en équipe première en 2018-2019, puis 3019 minutes l’exercice suivant et déjà presque la moitié cette saison. Indispensable dans le schéma tactique d’Imanol Alguacil, Le Normand a débuté seize rencontres sur dix-neuf possibles.
En Espagne, le numéro 24 (comme son âge actuel) s’épanouit dans une culture footballistique plus tournée vers l’avant. "Ici, on joue pour gagner. C’est la grosse différence avec la France, où on joue pour ne pas perdre, synthétisait Le Normand en février dernier, toujours pour Ouest-France. Peu importe le score du match, on se bat toujours les uns pour les autres et on garde notre idée de jouer au sol, de produire du jeu. Et quand tous les joueurs sont convaincus de ce qu’ils font, ça donne ça." De quoi aller à contre-courant des idées reçues sur la Liga contemporaine et démontrer qu’il est bien possible pour Le Normand de réussir hors de ses bases grâce à son aventure basque.
Alors c’est vrai, les défenseurs centraux français les plus populaires en Espagne vont rester Raphaël Varane, Clément Lenglet, Samuel Umtiti ou Jules Koundé, mais Le Normand et son CV original ne doit pas pour autant tirer un trait sur un avenir international, bien au contraire. "L’équipe de France, je l’espère, mais j’en suis encore loin, poursuit l’intéressé. Il ne faut pas s’emballer. J’en rêve, comme tout joueur français. Mais j’ai encore du travail." Le 5 mars 2014, Antoine Griezmann portait pour la première fois le maillot bleu face aux Pays-Bas grâce à ses prestations à la Real Sociedad. Et si Le Normand suivait une nouvelle fois les traces de son aîné ?
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