Joan Laporta, le favori

Points forts
Joan Laporta est favori et il le sait. Cet été un sondage lui donnait 40 points d'avance sur son premier poursuivant… sans même qu'il ne se soit déclaré candidat ! Depuis les prédictions n'ont pas changé, l'ancien président du club de 2003 à 2010 reste en position de force. Preuve de cela, il a dynamité tous les scores lors de la récolte de signatures pour se présenter à la présidence : 10 000 griffes obtenues, et ce malgré le confinement contraignant au goût du jour en Catalogne. Aucun autre candidat dans l'histoire du club n'avait obtenu autant de parrainages.
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Laporta : "On doit prolonger Messi, ce n’est pas négociable"
14/01/2021 À 15:29

Joan Laporta

Crédit: Eurosport

Dès lors, l'avocat de 58 ans gère son avance avec une sobriété qu'on ne lui connaissait pas. Oublié le Laporta tonitruant et vindicatif des précédentes campagnes, place à un candidat plus présidentialiste que jamais. Cette fois-ci, l'ancien député au parlement catalan joue la carte de l'expérience. S'il a réussi à relever le club d'une situation catastrophique en 2003, il s'estime en capacité de rééditer l'exploit en 2021. Aucun autre candidat ne connaît les rouages du football aussi bien que lui. De quoi faire jouer ses contacts afin de faire venir des stars au Barça cet été ? Là encore, le favori ne s'emballe pas.
D'ordinaire, les candidats à la présidence du club multiplient les promesses quant aux arrivées de joueurs. En 2003, Laporta disait vouloir faire venir Beckham. En 2015, sa promesse de campagne s'appelait Paul Pogba. Et en 2021 ? "Une maxime que je me suis fixée pour cette campagne est de ne pas parler de joueurs. Çapeut déstabiliser le club et l'équipe première", déclarait-il récemment au quotidien Sport.

900 millions de dettes mais la rumeur Haaland : les grosses ficelles de Raiola avec le Barça

Si la presse catalane profite des bonnes relations entre l'avocat et Mino Raiola pour spéculer au sujet d'une future arrivée d'Haaland, le candidat préfère pour sa part être associé à un autre nom : Leo Messi. "Je crois que j'ai un avantage compartif par rapport aux autres candidats en raison de la relation que j'ai avec Leo. Lui sait que tout ce que je lui ai dit, je l'ai fait", déclarait-il à la Cadena Ser. Ce script impliquant l'Argentin, Laporta le répète à la virgule près depuis des mois, tel un gramophone. Il a d'ailleurs raison d'insister sur ce point ; dans l'esprit de beaucoup d'observateurs, il est le seul à pouvoir convaincre l'Argentin de rester au club.
Points faibles
Laporta est peut-être en train de confondre sobriété avec suffisance. La tâche qui attend le futur président est immense : les caisses sont vides, la dette est colossale, le projet de nouveau stade est à l'arrêt et la rénovation de l'effectif a toujours besoin d'un coup de pinceau. Laporta a beau être à bien des égards le plus grand président de l'histoire du Barça, son nom seul ne sera pas suffisant pour redresser le club. Il faut des propositions concrètes et c'est là que le bât blesse. Son programme économique est davantage fait de lignes directrices énigmatiques que d'idées pratiques, tandis que le programme sportif reste flou.
Aussi, il ne faut pas sous-estimer le rôle qu'a eu l'entourage de Laporta dans les succès du Barça. À son arrivée en 2003, le président était entouré d'une équipe de jeunes dirigeants aussi brillants que visionnaires : Txiki Begiristain, Ferran Soriano, Marc Ingla, Sandro Rosell, des noms qui atteindraient tous des sommets dans les sphères dirigeantes du football. Pour cette campagne, les accompagnants de Laporta sont bien plus conventionnels.

Victor Font, le technocrate

Points forts
A 48 ans, Victor Font est en train de mener à bien le projet d'une vie. Cela fait sept ans que cet entrepreneur prépare sa candidature. Son point fort, son programme. Aucun autre candidat n'a atteint le niveau de détails proposé par la candidature de Font. L'entrepreneur est ainsi capable de discourir une heure au sujet de ses propositions pour la section basket avant de s'épancher sur sa vision pour la section de hockey sur patins à roulette.
Que cela concerne l'aspect économique, le développement des plateformes Youtube et Twitch ou les réformes envisagées pour donner plus de protagonisme aux socios, sa feuille de route regorge de propositions novatrices. Mais pourquoi un tel niveau de détails si cela n'intéresse au final pas grand-monde ? À cause de Superman.
Le Barça a toujours été un club très présidentialiste, et ce modèle que Font appelle "un modèle Superman", il l'estime caduque. L'ère des présidents omnipotents à la Núñez, Laporta ou Bartomeu, c'est terminé. Dans son modèle de club à lui, les commandes doivent appartenir aux experts. "Notre volonté depuis que nous avons commencé en 2013 a été d'écouter toutes les personnes qui connaissent bien le club et incorporer leurs conseils, leurs idées, leurs visions. Ceci est un projet qui est né de la volonté d'additionner les forces, d'agglutiner le talent" déclarait-il récemment à El Nacional. Capter les talents catalans et les installer au Barça, voilà son mantra.
C'est ainsi que la candidature de Victor Font est remplie d'une liste longue comme le bras d'entrepreneurs, de professionnels de la santé, de communicants, et bien sûr, de personnalités sportives. Xavi, pour commencer, avec qui Font a confié parler davantage qu'avec sa propre femme par les temps qui courent. Pierre angulaire de son projet, le candidat voit en l'ancien capitaine culé un manger général et un futur entraîneur. Jordi Cruyff ensuite, à qui le poste de directeur sportif reviendrait.
Quant à la formation et au département méthodologique, ils seraient confiés à Joan Vilà, Albert Benaiges et Paco Seirul-lo, des mythes blaugrana qui seraient à nouveau tous réunis sous la présidence Font. Chose originale, Toni Nadal, oncle de Rafael, serait impliqué dans une section de comportement qui aurait pour but de transmettre aux membres du club les valeurs du Barça.
Points faibles
Victor Font est un homme peu charismatique auquel il faut ajouter un manque de talent communicationnel déroutant. Lui-même le déclarait à As, "les projets ne gagnent pas les élections". Sous-entendu, les élections se gagnent grâce à une bonne communication. Et là où Laporta marche sur l'eau dans ce domaine (une affiche géante installée à proximité du Santiago Bernabéu aura suffi pour qu'on ne parle que de lui durant des jours), la campagne Font est en train de multiplier les faux-pas et les rétropédalages à une vitesse supersonique. Cela devient même caricatural.
Aussi, Font a un véritable problème de positionnement. Durant un temps, Font a eu le monopole du cruyffisme. Puis, Laporta est arrivé. Et comme il est impossible d'être plus cruyffiste que l'ancien président, Font a été obliger d'adapter son positionnement, se déportant quelque peu vers l'électorat plus conservateur. En résulte un grand écart pas toujours convaincant.

Toni Freixa, le mystère

Points forts
A quoi peut bien aspirer Toni Freixa ? Membre des conseils d'administration de Laporta, Rosell et Bartomeu, les discours de cet avocat de 52 ans ont toujours été durs à déchiffrer. À défaut d'avoir un programme abouti, les minimes espérances de Freixa passent par la captation du vote nuñiste (le vote anti-cruyffiste). Là où les cruyffistes diviseront leur vote entre Laporta et Font, Freixa espère pouvoir capter l'entier du vote conservateur afin de jouer les trouble-faits.

Griezmann a-t-il encore un avenir au Barça ?

Pour ce faire, Freixa peut compter sur Sport et Mundo Deportivo. Les deux quotidiens sportifs catalans détruisent Laporta et Font à coup d'éditoriaux depuis des semaines. Selon un éditorialiste influent de Mundo Deportivo, Laporta serait "un Berlusconi catalan" et Font "un novice perdant une couche à chaque lavage". Freixa ? "Un Obama". Rien que ça.
Points faibles
Lors des dernières élections, Freixa n'avait obtenu que 3,7% des votes. Selon les derniers sondages d'opinion, il ne ferait guère mieux cette fois-ci. À vrai dire, le fait qu'il ait passé le cap des signatures nécessaires pour se présenter est déjà un exploit. Reste pour lui la possibilité d'une alliance avec un autre candidat conservateur dans le but de gagner quelques points.
Prévues pour le 24 janvier, les élections pourraient être reportées en vue du contexte sanitaire en Catalogne.
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