Dans la vie d’un club comme l’Atlético de Madrid, les jours de gloire ne s’oublient pas de sitôt. Un temps relégué en deuxième division espagnole entre 2000 et 2002, les Colchoneros sont revenus sur le devant de la scène nationale et le 17 mai 2014, l’escouade menée par Diego Simeone a rendez-vous avec l’histoire. Au Camp Nou, l’Atlético doit éviter la défaite face au Barça pour être considéré comme vainqueur de la Liga BBVA. Le match démarre et une première tuile vient perturber l’équipe peu avant le premier quart d’heure de jeu : Diego Costa s’est blessé à la cuisse droite.
Remplacé, l’attaquant hispano-brésilien vient à peine de terminer de pleurer depuis le banc de touche que son coéquipier Arda Turan se blesse à son tour, au dos cette fois-ci, dans un choc avec Cesc Fàbregas. Résultat des courses : après vingt-deux minutes de jeu, l’Atlético a déjà effectué deux changements dans ce match capital. Cerise sur le gâteau : onze minutes plus tard, le Barça ouvre le score grâce à un pétard d’Alexis Sánchez. La fin du rêve madrilène ? Non. Contre toute attente, l’Atlético ne rompt pas dans un stade acquis à la cause catalane. Au retour des vestiaires, le capitaine Gabi adresse un corner en direction de Diego Godín et le stoppeur catapulte une puissante tête dans le but du Barça. 1-1, ce sera le score final. Au bout du suspense, l’Atlético est champion d’Espagne !

Luis Suárez : "Ce qui est primordial, c’est le mental"

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15/07/2021 À 18:19
Ça y est, l’Atlético de Madrid a pu démontrer toute sa solidité pour contredire les préjugés d’une Espagne qui avait la vilaine habitude de surnommer le club "El Pusas" (Le Poissard, en VF) en référence à ses échecs passés. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Le 24 mai 2014, l’Atlético n’a pas passé dix jours sereinement qu’arrive la finale de la Ligue des champions face au voisin du Real Madrid. Le club rojiblanco prend les devants, frôle la victoire mais rend les armes sur un coup de tête de Sergio Ramos après avoir mené 1-0 jusqu’à la toute dernière minute du temps additionnel. La suite, tout le monde la connaît : le Real Madrid s’impose 4-1 après prolongation et réattribue à l’Atlético son costume de poissard complexé et insoignable. Mais sept ans après, cela est-il encore valable aujourd’hui ?

Luis Suárez se lamenta tras una ocasión

Crédit: Getty Images

À en écouter Luis Suárez, arrivé cet été en provenance du FC Barcelone, pas vraiment. "Ce qui est primordial, c'est le mental, synthétise El Pistolero dans un entretien accordé à France Football en février dernier. C'est très important d'être costaud dans sa tête et de sentir que l'on a les moyens de retourner les situations difficiles. Cela a toujours été l'une de mes caractéristiques : je n'ai jamais baissé les bras, même lorsque je traversais des moments difficiles. C'est ce caractère qui m'a poussé à venir dans cette équipe qui se bat pour des choses importantes. L'une de mes motivations, c'était de pouvoir montrer qu'il faut encore compter sur moi. C'est une question d'amour-propre." Reste désormais à savoir si le mental de champion de Suárez est suffisamment fort pour influencer un vestiaire de l’Atlético qui commence à dangereusement s’essouffler.

Simeone : "Nous devons trouver un équilibre émotionnel"

Pour son premier match au Camp Nou depuis son départ de Barcelone, l’avant-centre uruguayen sera de la partie, après avoir squatté l’infirmerie pendant trois semaines le mois dernier. Une excellente nouvelle tant l’avance obtenue par l’Atlético de Madrid a fondu comme neige au soleil en l’espace de deux mois. C’est bien simple : entre le 17 octobre 2020 et le 31 janvier 2021, l’Atlético a engrangé quinze victoires en seize journées de championnat. De quoi s’offrir un matelas confortable de dix points d’avance sur le Real Madrid et le FC Barcelone à la fin du premier mois de l’année. Hélas pour l’Atlético, la donne comptable est moins reluisante depuis début février : sept victoires, cinq nuls et trois défaites en Liga, soit dix-neuf points laissés en cours de route et un total de 76 unités pour permettre au Barça (troisième, 74 points) comme au Real (deuxième, 74 points mais des confrontations directes favorables face aux Culés) de s’autoriser un sprint final en compagnie d’une équipe que tout le monde voyait championne au démarrage de l’année civile.
Battu dans les dernières minutes sur le terrain de l’Athletic Club il y a deux semaines (2-1), cet Atlético de Madrid galvanisé par Simeone compte plus que jamais sur son unité collective pour résister à la pression de ses deux chasseurs. "Nous avons perdu la première période contre l’Athletic Club car nous n’avons pas joué comme nous le voulions, expliquait El Cholo en conférence d’après-match. La deuxième période, c’était tout le contraire. Nous devons trouver un équilibre émotionnel. Si nous nous concentrons plus sur cela, nous serons plus proches de la victoire." Dès lors, l’objectif de titre de l’Atlético pourrait se jouer sur d’infimes détails comme la gestion du calendrier (déplacement à Barcelone, réceptions de la Real Sociedad et Osasuna, puis déplacement à Valladolid) et la maîtrise de son effectif.

Atlético Madrid - Athletic Bilbao

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Avantage Real Madrid ?

Au total, l’Atlético a utilisé vingt-huit joueurs depuis le début de la saison 2020-2021, et treize d’entre eux dépassent déjà les trente matchs joués. De son côté, le Real affiche vingt-neuf joueurs utilisés et seulement dix sont au-dessus des trente rencontres jouées. Enfin, le Barça compte vingt-sept joueurs utilisés cette saison et treize d’entre eux cumulent au moins trente rencontres. L’avantage de la fraîcheur physique serait-il pour le Real malgré sa récente élimination en C1 ? À vrai dire, il ne serait qu’à moitié surprenant de voir Zinedine Zidane retomber sur ses pattes avec un titre en poche en fin de saison… De plus, ce Barça-Atlético pourrait faire les affaires de l’ennemi commun. En effet, un match nul au Camp Nou permettrait au Real Madrid de prendre les commandes de la Liga en cas de succès à domicile contre le FC Séville, désormais distancé dans la course au titre après sa courte défaite contre l’Athletic (0-1).
Quoi qu’il en soit, l’Atlético continue de s’accrocher à sa première place malgré les éléments contraires. La semaine dernière, les Madrilènes se sont imposés dans la douleur à Elche (1-0) et ne doivent leur salut qu’à l’imposante carrure de Jan Oblak ayant poussé Fidel à tirer son penalty sur le poteau dans le temps additionnel de la rencontre. Considéré comme l’un des piliers sur lesquels Simeone peut s’appuyer après sept années de bons (voire excellents) et loyaux services, le Slovène n’en était pas à son premier rôle de sauveur puisqu’en mars dernier, il avait déjà arrêté un penalty en fin de partie contre le Deportivo Alavés lors d'une victoire toute aussi étriquée (1-0).
"Passer de la génération d’il y a deux ans à celle d’aujourd’hui, c’est un travail qu’on a mené tous ensemble, évoquait le gardien de but pour le magazine Panenka en janvier dernier. On a eu besoin d’un an pour reconstruire une équipe et un bloc fort, et cette année, on le prouve sur le terrain. Mais il nous reste encore la moitié du chemin à parcourir, on doit prouver qu’on a fait les choses suffisamment bien pour être là où on a envie d’être." En 2014, Oblak était le portier du Benfica Lisbonne. Il n’a donc jamais été champion d’Espagne. À son échelle, voilà de quoi permettre à la muraille des Matelassiers de trouver des ressources mentales insoupçonnées pour souffrir, résister, lutter et gagner à la manière d’une tête victorieuse de Godín.

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Crédit: Eurosport

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