Le jeu : Zidane avait tout prévu

Après Jürgen Klopp mardi, c’est Ronald Koeman qui a été battu par Zinédine Zidane dans un premier temps. Le choix du Français de placer Federico Valverde à droite de son 4-3-3 a offert un Real Madrid polymorphe : à cinq derrière, avec un Lucas Vazquez presque en défense centrale pour apporter de la densité dans l’axe, mais ô combien tranchant devant. C'est sur une percée du latéral-ailier-récupérateur uruguayen que Benzema a ouvert le score.
Derrière, tout n'a pas été simple mais Zidane n’a pas eu à s'adapter au scénario match, à l'inverse du Barça. Malgré l'entrée d’Antoine Griezmann et de nombreuses occasions sous le déluge, les Blaugrana ont manqué d'efficacité et d'un vrai attaquant de pointe. Tout ce que le Real a en sa possession…
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Transcendé ou orphelin : Benzema-Messi et le spectre Cristiano Ronaldo

Les joueurs : Valverde-Benzema-Courtois, le trident déterminant

Quelle santé ! Surprise du onze de départ du Real Madrid, Federico Valverde n'a pas tardé à prendre son rôle hybride à cœur. Omniprésent dans le couloir droit, impactant aussi à la récupération et déterminant sur l’ouverture du score, l’Uruguayen a irradié la première période de son activité et libéré un Toni Kroos inspiré à l’animation.
Passeur décisif et impressionnant tactiquement, Lucas Vazquez ressemble de plus en plus au latéral droit idéal. Buteur sur un geste exceptionnel, Benzema a continué sur sa lancée, tout comme un Thibaut Courtois vigilant.
Côté Barça, Ousmane Dembélé a déçu, pas aidé par une animation en berne et un Lionel Messi discret. Jordi Alba a bien tenté de secouer le cocotier en seconde période mais personne n’a vraiment suivi sa cadence.

Karim Benzema (Real Madrid)

Crédit: Getty Images

Le facteur X : La chance du champion ?

On ne saurait vous dire avec assurance qui sera sacré en cette fin de saison palpitante en Liga. Mais, ce samedi, ce fut aussi une histoire de poteaux ou de transversales. Le Real a touché du bois, à deux reprises, certes. Mais le Barça aussi, surtout sur cette dernière action où le jeune Ilaix Moriba a expédié une reprise canon… sur la barre (90+5e). Si ce n'est pas la chance du champion…

Le tweet "ah oui, quand même"

La stat : 13 ans

Victorieux à l'aller, le Real Madrid a remis ça ce samedi pour le match retour pour ainsi faire carton plein face au Barça. Deux victoires dans la même saison lors du Clasico, ce n’était plus arrivé aux Merengue depuis… 2007-2008. A l’époque, Zinédine Zidane n’avait pas encore ses diplômes d'entraîneur et peut-être même pas encore l'envie de le devenir. Que cela semble loin…

L’instant fraîcheur : le changement de maillot de Messi

Pour mesurer l'intensité de la pluie qui s'est abattue sur Madrid samedi soir lors du deuxième acte, observez le changement de maillot de Lionel Messi, frigorifié. Dans des conditions épiques, les deux équipes ont pourtant offert un sacré spectacle.

La décla : Zinédine Zidane

"Il va falloir bien se reposer, recharger les batteries, et se dire que mercredi, on va avoir encore un gros match à jouer (en quart de finale retour de C1 contre Liverpool). On est vivants dans les deux compétitions, on a envie de se battre, de continuer, et c'est ce que l'on va faire jusqu'à la fin."

La question : le Real va-t-il réussir le doublé ?

Commençons par répondre avec un chiffre : 4, comme le nombre de titulaires indiscutables qui manquaient au Real Madrid face au Barça (Carvajal, Ramos, Varane et Hazard). Mieux, après le coaching de Zinédine Zidane, il n’y avait plus que Courtois, Mendy, Casemiro et Modric comme cadres pour boucler un match encore brûlant, malgré le temps, face au rival historique.
Vous voyez où on veut en venir ? On ne sait toujours pas de quelle planète vient réellement Zinédine Zidane mais tout ce qu’il touche se transforme en or. Son bricolage a pris des airs d’orfèvrerie encore ce samedi. Déjà dominant mardi dans son approche face à Liverpool, le Français a remis ça pour apporter le changement juste à une équipe qui survit vraiment à tout.
A mesure que s’approche la ligne d’arrivée, le Real ne fait qu’accélérer. Jusqu’où ? Ce doublé Liga - Ligue des champions, utopique même pour les plus fervents croyants en décembre, est devenu une réalité plausible. Et accessible au vu du classement. Car plus la pente est raide, plus le Real est grand.
C’est sa grande force et aussi son (unique ?) faiblesse : n’avoir aucun équivalent européen sur la gestion des matches de gala mais n’avoir presque aucune réponse dans ses matches plus anodins, où les espaces se font plus rares. Jusqu’ici, le Real s’est accroché, on se demande encore comment. Le voici dans le moment qu’il préfère, en position idéale : le money-time. Et si Cristiano Ronaldo n’est plus là pour faire pencher la balance du bon côté, Zinédine Zidane suffit parfois à tout renverser. Même les situations les plus désespérées.

Toni Kroos (Real Madrid)

Crédit: Getty Images

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