S'il ne devait rester qu'une seule rivalité au XXIe siècle, ce serait sans doute celle-ci. Le Real Madrid et le FC Barcelone, les deux plus grands clubs des années 2000 et 2010, se sont partagés les Ligas et les Ligues des champions entretenant un antagonisme parfait autour des deux plus grands joueurs de leur époque, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Alors que, pour la première fois depuis 15 ans, l'affiche se jouera sans l'un ni l'autre, le Clasico au prestige forcément entamé a-t-il encore un sens ? D'un point de vue strictement sportif, il oppose ce dimanche deux équipes du haut de tableau du championnat espagnol. Ni plus, ni moins.
Barcelone et Madrid n'écrasent plus la Liga et il serait bien cavalier de ne pas se rendre à l'évidence : le choc ne sera pas accompagné de la même fièvre que lors de la décennie écoulée. Sur la pelouse ne figureront que quatre des 30 meilleurs joueurs du monde (à savoir ceux sélectionnés pour le Ballon d'Or 2021) quand dix joueurs des deux équipes formaient le onze FIFA de l'année en 2012. Faut-il pour autant s'en détourner ?
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Benzema a digéré, le Real a enchaîné
HIER À 21:54

Lionel Messi et Cristiano Ronaldo lors d'un traditionnel Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone.

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Une rupture et un relais

Certainement pas. Ce n'est pas parce que Ronaldo, Ramos, Xavi, Iniesta ou Messi ont mis les voiles, ce n'est pas parce que le Real et le Barça n'ont gagné aucun titre cette année que l'affrontement ne vaut plus le coup d'oeil. Car les successeurs sont déjà là et c'est un Clasico intergénérationnel qui s'offrira à nous dimanche. "On n'a plus ni Cristiano Ronaldo ni Lionel Messi, ils nous manqueront dimanche plus que jamais, mais le niveau de notre football est toujours une valeur sûre", a prévenu dans un éditorial Alfredo Relano, président d'honneur du quotidien sportif madrilène As.
D'un côté, les vestiges de la période dorée pour les nostalgiques : Karim Benzema, Gareth Bale, Luka Modric, Casemiro, Toni Kroos, Marcelo, Gerard Piqué, Jordi Alba et Sergio Busquets. De l'autre, une palanquée de jeunes talents, parmi les meilleurs du monde, à peine sortis de l'adolescence : Eduardo Camavinga, Ansu Fati, Pedri, Gavi, Vinicius, Rodrygo, Eric Garcia, Sergino Dest. Tous sont âgés de moins de 21 ans, tous sont internationaux dans les meilleures sélections du monde.

Ansu Fati, Eric Garcia et Memphis Depay lors du match opposant le FC Barcelone, le 17 octobre 2021 en Ligue 1

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"Dream Teen", le choix contraint du Barça

Ce Clasico marque nécessairement une rupture mais aussi un relais entre deux époques. Le Barça comme le Real semblent en mesure de faire honneur à leur héritage. Cela demandera du temps et surtout de la patience mais tout est là. Les successeurs de Messi et Ronaldo ne sont pas encore mûrs, Fati, la nouvelle merveille de la Masia et successeur annoncé de Messi dont il partage le numéro dans le dos (10), et Vinicius, qui fait enfin honneur à l'investissement colossal consenti par le Real (45 millions d'euros en 2017), ne sont que des promesses mais les deux géants espagnols ont potentiellement déjà en eux les ingrédients pour retrouver leur grandeur. Le Barça n'a, de toute façon, pas le choix.
Sa "Dream Teen", le slogan de communication lancé par le Barça pour qualifier sa nouvelle vague de jeunes talents, tient sur ses épaules les derniers espoirs d'un Camp Nou désabusé par le départ de Messi et la déliquescence sportive de son club. Un choix contraint plus que stratégique. Cela tombe plutôt bien puisqu'hormis Fati, Barcelone alignera dans l'entrejeu Pedri et Gavi, les deux nouvelles têtes d'affiche qui incarnent la renaissance de la sélection espagnole. Le Real, lui, garde les reins solides et si la saison offre les premiers clasicos sans Messi ni Ronaldo, il s'agit aussi peut-être des derniers sans Kylian Mbappé…

Pedri

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