"On va s'en sortir"

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Une victoire aurait pu avoir des vertus libératrices. Mais en s'inclinant face à Lille samedi, le FC Nantes a touché ses limites et reste prisonnier de ses angoisses. Serge Le Dizet promet que les Canaris vont s'en sortir, mais de quel poids pèse la métho

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Nantes ne comprend plus. Ces dernières semaines, à défaut de se sortir de la zone rouge, les Jaunes avaient cru retrouver certaines certitudes. Quatre rencontres de suite sans défaite, un jeu cohérent par instants, face à Lyon ou Marseille notamment et un zest de confiance laissaient augurer d'un final moins stressant que prévu. La lourde défaite concédée samedi face à Lille, la première à la Beaujoire depuis dix rencontres, a placé l'angoisse à son paroxysme.
Face aux Nordistes, le FCNA a pris une leçon de réalisme plus que de football. Mais le résultat est le même. Trois coups de pieds arrêtés, trois buts de la tête, et un immense sentiment de frustration. "Lille a été réaliste, efficace, admet Serge Le Dizet. Ils ne sont pas deuxièmes pour rien. On ne peut pas dire qu'on était à la rue, surtout en première mi-temps. Mais on n'a pas été disciplinés sur les coups de pied arrêtés. On leur a facilité la tâche. Des cadeaux comme ça leur ont donné confiance. "
Double coup du sort
Dans sa naïveté défensive, Nantes avait bien l'air d'une équipe de bas de tableau, là où le LOSC, par son froid réalisme, ressemblait à un vrai ténor. Mickaël Landreau acquiesce devant ce constat. "On a rivalisé dans le milieu du terrain, il y a eu assez peu d'occasions franches de part et d'autre, mais, encore une fois, ça sourit à ceux qui sont en haut, pas à ceux qui sont en bas", constate le portier nantais, qui n'a pourtant quasiment pas eu un arrêt à faire pendant 90 minutes. Un match comme les gardiens les détestent.
Ça ne voulait donc pas rigoler, comme souvent cette saison. Le sort décidant souvent de s'acharner sur les plus démunis, les Canaris ont bu la tasse jusqu'à la lie, d'abord en perdant Olivier Quint, gravement blessé au genou et qui, à 33 ans bien tassés, craint d'avoir vécu les derniers instants de sa carrière. "Apparemment, les ligaments croisés ont été touchés. J'ai entendu un craquement. Ce sont les aléas du football, mais c'est dur de se dire que je vais peut-être finir comme ça", dit l'ancien Sedanais.
L'autre coup du sort, ce fut ce deuxième coup-franc somptueux de Nicolas Savinaud, identique au premier, justement refusé par M.Ledentu, qui avait levé le bras, synonyme de coup-franc indirect. "Mon deuxième but est logiquement refusé car le coup franc était indirect. Mais ni moi ni Milos (NDLR: Dimitrijevic) ne l'avions vu", assure l'homme à tout faire du jeu nantais sur le site du club. Au lieu d'une nouvelle égalisation, ce coup de maître provoqua une fausse joie suivi d'un coup de poignard, quatre minutes plus tard, sous la forme d'un troisième but lillois.
"Il faut se remobiliser"
Avec un seul point d'avance sur le 18e, Caen, et deux rencontres à disputer, les Nantais savent désormais qu'ils ne s'épargneront rien. "Il était écrit que ce serait difficile jusqu'au bout. Il faut vite se remobiliser pour Sochaux où c'est aussi très chaud ", estime Landreau, qui fêtera dans de drôles de conditions son 300e match en Ligue 1, face à Metz. "J'avais prédit à la mi-mars qu'on s'en sortirait au dernier match, face à Metz. Mais j'avais dit qu'on s'en sortirait, alors on va s'en sortir", jure pour sa part Le Dizet. Mais les certitudes toutes bretonnes du coach nantais apparaissent aussi fragiles que la position du club au classement.
Pour certains, voir le FCNA descendre aurait quelque chose de cruel, d'injuste. Au vu des 42 années passées parmi l'élite, sans interruption, depuis 1963. Mais aussi au regard de cette saison, si pénible fut-elle. Nantes n'a en effet encore jamais été reléguable en 36 journées. Sur les matches retours, les joueurs de Serge Le Dizet figurent même dans la première moitié du tableau. Mais le maintien se moque éperdument de l'histoire, des statistiques et des bonnes volontés. Dans deux semaines, le verdict sera froid, impitoyable et sans appel. Nantes le redoute. Aujourd'hui, un peu plus qu'hier.
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