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Les vérités de Lamouchi
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Publié 10/10/2006 à 15:15 GMT+2
Sabri Lamouchi et Pape Diouf ont réglé leurs comptes dans les colonnes de France-Football sur les raisons du départ précipité du milieu de terrain. Aujourd'hui au Qatar, l'ancien Auxerrois se défend d'être un mercenaire et accuse. Mais le président de l'O
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Crédit: Eurosport
Depuis trois semaines, Sabri Lamouchi coule des jours heureux au Qatar. En trois matches, il s'est hissé au rang de star avec Al-Rayyan qu'il a mené à deux victoires et une défaite. En position de meneur de jeu voire d'attaquant, l'ancien Marseillais n'y est pas étranger puisqu'il a déjà inscrit trois buts, sauvant ainsi la tête de son entraîneur, Ladislas Lozano. "Al-Rayyan est une chance pour moi. Même si je pensais finir ma carrière autre part" , confie-t-il pourtant dans les colonnes de France Football. Car son divorce avec l'OM ne s'est pas vraiment passé comme il le souhaitait. Depuis son départ, le milieu de terrain et Pape Diouf se livrent une guerre des mots pour donner leur propre version des faits. Difficile de savoir qui il faut croire...
Les deux hommes ne mâchent pas leurs mots. "Voilà un garçon qui a déserté par opportunisme, mesquinerie et appât du gain mais n'a simplement pas le courage d'assumer ses choix. Tout compte fait, je crois que son départ était une bonne chose pour le club. Je suis même ravi de ne pas avoir retenu ce faux-cul". Pape Diouf n'est en effet pas tendre avec son ancien joueur. Mais, selon ce dernier, ça n'est pas là qu'il faut chercher les raison de son départ précipité. "C'est totalement faux. Si j'avais voulu venir au Qatar, j'y serais depuis deux ans. Al-Rayyan m'a contacté pour la première fois quand j'étais à l'Inter Milan. A l'époque, j'avais refusé leurs avances", rétorque Lamouchi que rappelle "à certains - qui l'ont visiblement oublié - que j'ai revu mes conditions à la baisse pour signer à Marseille. Je n'apprécie pas du tour qu'on essaye de me faire passer pour un mercenaire".
Lamouchi : "Je ne suis pas un mercenaire"
Pour l'ancien Auxerrois, plusieurs signaux l'ont alerté dès l'intersaison et le stage de préparation à Aix-les-Bains. Albert Emon n'aurait pas apprécié ses remarques à l'encontre du préparateur physique. "Il m'a repris de volée devant tout le groupe durant ce stage. Il me reprochait de me mêler de ce qui ne me regardait pas" , explique l'ancien protégé de Jean Fernandez qui aurait souffert du départ de son nouveau mentor. "Il a pensé qu'après avoir été l'un des relais de Jean Fernandez l'an passé, il serait celui d'Albert Emon, d'une manière encore plus prononcée. Je suis convaincu qu'il a pris Albert pour un jambon. Comme Albert l'a vite remis à sa place de simple joueur, Sabri l'a pris comme une offense", avance pour sa part Diouf.
Alors pourquoi avoir prolongé d'une saison cet été ? "Dans mon précédent contrat, il était stipulé que si je jouais 25 matches en L1 - et j'en ai fait 32 -, j'avais droit à une deuxième saison de facto. C'est moi qui avais pris cette mesure pour prouver ma motivation et montrer que je m'impliquais dans le challenge. Je ne voulais pas que l'on dise que je venais en pré-retraite à l'OM" , explique encore Lamouchi. Mais, à en croire Pape Diouf, le joueur n'a pas supporté la concurrence. "Il s'est imaginé que, sur sa seule grande gueule, il serait titulaire cette saison", accuse le président de l'OM qui ajoute que, "en début de saison, il pensait hériter du capitanat à la suite du départ de Fabien Barthez. Mais il nous a semblé plus opportun de le confier à Habib (Beye). Un choix qu'il n'a jamais encaissé".
Diouf : "Un faux-cul"
Pour se défendre, Sabri Lamouchi rappelle également qu'il s'était impliqué dans la vie du club au point qu'on lui demande son avis lorsque les dirigeants hésitent entre Alain Boghossian, Zeman ou Ranieri pour succéder à Fernandez. "On me parlait de reconversion, ajoute-t-il. Je commençais à passer mes diplômes d'entraîneur. Les dirigeants me poussaient d'ailleurs dans ce sens. M. Diouf m'a même dit à l'intersaison qu'il pensait à moi pour devenir entraîneur". Là encore, Pape Diouf ajoute un bémol : "Il force un peu les termes quand il prétend avoir été associé aux choix de l'entraîneur ou des joueurs. Il était juste consulté". Idem pour son avenir d'entraîneur. "José Anigo lui avait proposé de rejoindre le staff technique de manière à devenir le responsable du centre de formation. En revanche, il n'a jamais été pressenti pour un poste d'entraîneur".
Quelles qu'en soient les raisons, un conflit de personne n'est pas étranger à ce divorce tumultueux. "M. Diouf n'a jamais vraiment souhaité ma présence, avoue celui qui a été recruté par José Anigo. Il m'en veut toujours de ne pas l'avoir laissé gérer ma carrière, il y a plus de dix ans, après l'Euro 96. Je n'avais pas d'agent à l'époque". Finalement, Lamouchi choisira Alain Migliascio et Oscar Damiani pour défendre ses intérêts. Une accusation qui fait aujourd'hui sourire Pape Diouf. "Pour mémoire, je rappellerai juste que Sabri m'avait dit à l'époque que je n'étais pas "suffisamment voyou pour traiter avec Guy Roux". Il devrait pourtant savoir que je n'ai toujours travaillé qu'avec les meilleurs, d'un autre niveau que lui en tout cas, humainement et sportivement", contre-attaque-t-il.
Finalement, la rupture semblait inévitable. Voire préméditée tant la procédure a été rapide. "Dans la foulée du match contre Bordeaux au Vélodrome (2-1, le 17 septembre), j'ai interpellé mes dirigeants pour leur faire part de ma décision. Ma situation ne pouvait plus durer. Pour moi, la meilleure décision était de rompre mon contrat. Et ils ont accepté instantanément. On sentait presque une forme de soulagement. Tout a été préparé avec une étonnante rapidité", s'étonne encore Lamouchi. Mais chacun campe sur ses vérités. Même s'il sait qu' "avec la destination qui est la mienne aujourd'hui, il est facile d'accréditer cette thèse. Mais si j'étais vraiment un mercenaire, je ne serais jamais venu à l'OM !".
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