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L'OM passe aux aveux

L'OM passe aux aveux
Par AFP

Le 19/06/2007 à 08:00Mis à jour

L'actionnaire principal de Marseille Robert Louis-Dreyfus et son ancien entraîneur Rolland Courbis se sont livrés lundi à une séance d'auto-critique. Au premier jour du procès en appel des transferts suspects au club de 1997 à 1999, les deux hommes ont te

Devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, les aveux principaux sont venus de Courbis, sous le coup de trois ans et demi de prison ferme et 375.000 euros d'amende pour notamment complicité d'abus de bien sociaux (ABS). "Je voulais trop en faire. J'ai peut-être, sans le vouloir, commis une complicité d'abus de biens sociaux. Mais je ne savais même pas ce que cela voulait dire ABS!", a dit à la barre l'actuel coach de Montpellier, sous les yeux des ses deux principaux dirigeants Louis Nicollin et Michel Mézy venus le soutenir. Il venait d'évoquer son implication dans les discussions sur les salaires des joueurs lors des transferts "pour la difficile construction d'une grande équipe française" .

Son avocat, Frédéric Monneret, a confirmé le revirement de stratégie par rapport au procès en première instance de mars 2006. Courbis "a fait une auto-critique importante. Il a fait un grand pas vers ses juges, car il a admis pour la première fois qu'au niveau de sa participation à la négociation des transferts, qui incluait une prime pour les joueurs (présumée occulte, ndlr), il s'est rendu coupable de faits caractérisant la complicité d'abus de biens sociaux".

"Primes de départ"

Le principe des "primes de départ" est au coeur de ce dossier de quinze transferts suspects, où 10 prévenus sont renvoyés devant la cour d'appel. Dans un climat moins électrique qu'en première instance, le président Denis Jardel a souligné que ces primes "n'apparaissaient nulle part, dans aucun contrat". Elles auraient permis à l'OM, mais aussi au joueur, d'échapper à une partie des charges sociales et fiscales et constitueraient une large part des 22 M EUR détournés sur ces transferts, qui auraient aussi alimenté agents, intermédiaires et Courbis lui-même.

L'autre principal prévenu, Robert Louis-Dreyfus, condamné à trois ans d'emprisonnement avec sursis, a lui aussi admis être informé de ce principe de prime, lors des transferts de Blanc, Berizzo et Calandria. "En tant que président, j'assume les faits, évidemment. Mais c'est mal me connaître de penser que j'avais besoin d'abus de biens sociaux pour vivre". Une allusion à sa fortune personnelle, dans laquelle il a pioché environ 200 M EUR, de 1996 à aujourd'hui, pour investir dans l'OM, sa "danseuse en quelque sorte", selon le président Jardel.

Courbis avoue

RLD a estimé que ces primes correspondaient, comme dans le cas de Blanc qui était encore sous contrat à Barcelone, à une "rupture du contrat de travail". Il a aussi affirmé que les gains sur les charges sociales pour l'OM représentaient "beaucoup moins de 1%". Louis-Dreyfus a également pris soin de rappeler qu'il ne connaissait pas d'agents de joueurs, qu'il n'était "pas informé" de primes occultes pour plusieurs autres transferts (Diawara, Bakayoko...) et qu'il n'avait "jamais été averti" de risques potentiel sur des contrats litigieux.

D'où cet aveu d'impuissance: "je ne crois pas que l'on peut diriger un club de football si l'on n'est pas sur place". Et de juger "finalement assez vrai" l'avertissement d'un supporteur qui lui disait: "le club ne vous appartient pas, il nous appartient". "Il appartient, a estimé RLD, aux politiques qui vous mettent des bâtons dans les roues pour les travaux dans le stade, aux supporteurs pour assurer la paix sociale. Quant au milieu, on m'avait dit qu'il tenait les virages et j'ai rencontré un de ses représentants quand ma femme a été insultée au stade".

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