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Thuram laisse pantois
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Publié 28/06/2008 à 09:35 GMT+2
Les médecins de l'équipe de France et de la Juventus Turin, qui avaient ausculté Liliam Thuram, ont montré une certaine surprise à l'annonce par l'ex-capitaine des Bleus de l'hypertrophie cardiaque dont il est atteint et qui l'empêche de s'engager au PSG.
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Le moins que l'on puisse dire, c'est que "l'affaire Thuram" a surpris pas mal de monde. Le joueur en premier lieu, mais également les médecins qui ont eu à l'ausculter durant sa carrière. L'actuel médecin des Bleus, Jean-Pierre Paclet, a affirmé qu'il n'y avait "pas eu d'électrocardiogramme ni d'échographie" avant l'Euro 2008 auquel a participé Thuram. Or seule une échographie - que la "FIFA demande de faire tous les deux ou trois ans" selon le Dr Paclet - est à même de détecter l'hypertophie cardiaque détectée chez le joueur âgé de 36 ans. Interrogé pour savoir si cette malformation était connue de l 'encadrement médical des Bleus, le docteur Paclet a répondu qu'il était "couvert par le secret médical".
Son prédécesseur, notamment lors des victoires en Coupe du monde 1998 et à l'Euro 2000, Jean-Marcel Ferret, a, lui, assuré que les examens passés par Lilian Thuram à son époque "étaient dans les limites de la normale, dans une certaine fourchette"."Là, apparemment, il a dû sortir de cette fourchette. Nous, chaque fois qu'on lui a fait des tests, il était dans cette fourchette." De son côté, le médecin de la Juventus Turin, Riccardo Agricola, a affirmé que le club italien "n'a jamais rien constaté" en ce sens. "Pour nous, Thuram a toujours été apte. Il est possible que les signes de cette malformation se soient manifestés après la période pendant laquelle Thuram a été un joueur de la Juve" .
Wenger sceptique
Au milieu des relatifs étonnements affichés par les différents médecins dans les mains desquels Thuram est passé au cours de sa carrière, le manager français d'Arsenal, Arsène Wenger, fait montre d'un certain scepticisme soulevant quelques interrogations. L'ancien entraîneur à Monaco de Lilian Thuram s'est en effet demandé si le défenseur le plus capé des Bleus (142) avait passé "des visites médicales assez approfondies au niveau cardiaque" lors de ses transferts. "Et je m'implique dans ça parce que je l'ai vu à Monaco : je pense qu'à l'époque, on lui a fait passer tous les tests, mais personne ne m'a jamais dit qu'il y avait un problème médical. Je ne sais pas si le staff de l'équipe de France doit être impliqué dans cela, je pense que c'est plutôt les clubs qui devraient l'examiner à chaque fois qu'il change de club", a-t-il préconisé.
Et c'est justement au Paris SG, où Thuram allait s'engager, que son anomalie cardiaque a été détectée jeudi, après qu'il eut subi, accompagné du médecin du club, le professeur Eric Rolland, la batterie de tests médicaux préalable à sa signature. "Nous avons effectué une série de tests classiques, orthopédique, musculaire et osseux, avec un bilan tout à fait satisfaisant, a expliqué le médecin. Mais lorsque je l'ai accompagné au service cardiologique de la Salpêtrière, on a détecté les premières anomalies qui nécessitent de pousser l'enquête. Les chiffres restent dans la zone normale mais arrivent à la limite."
Associé aux antécédents familiaux du joueur (son frère est décédé il y a quelques années sur un terrain de basket, a priori de la même maladie), les cardiologues ont tiré la sonnette d'alarme, a expliqué le professeur Rolland. "Il est nécessaire de pousser l'enquête familiale pour voir si Lilian est porteur de cette maladie." Lilian Thuram n'est donc pas encore définitivement fixé sur son sort. Il devrait l'être dans un mois, le 30 juillet, quand les résultats définitifs de cette enquête seront connus. "Si je dois arrêter, cela voudra dire que j'ai eu de la chance qu'on découvre cela à ce moment-là. Si on découvre que j'ai quelque chose, je pourrai dire qu'on l'a découvert au bon moment. S'ils me disent qu'il n'y a pas de problème, alors je rejouerai", a affirmé l'intéressé.
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