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La folle soirée de l'OM

La folle soirée de l'OM
Par Eurosport

Le 06/05/2010 à 08:03Mis à jour

Marseille attendait ça depuis 18 ans. L’OM a reconquis le titre de champion de France à l’issue de sa victoire face à Rennes (3-1). Une soirée qui a débuté avec la victoire de Lyon sur Auxerre pour se finir très très tard dans une discothèque branchée… Récit de cette soirée pas comme les autres.

19H20. Les Rennais d’abord
Le bus des Rennais pointe le bout son nez au stade Vélodrome plus d’une heure et demie avant le coup d’envoi de la rencontre. Dix minutes plus tard, les Marseillais arrivent à leur tour. Mandanda descend en premier, suivi de près par Heinze et Niang, casque bien vissé sur les oreilles. Les visages sont fermés, signe d’une tension palpable. Mbia et Taiwo, les inséparables, sortent en dernier et se dirigent… vers le parking. Ils reviennent deux minutes après, direction le vestiaire.

19H45. "Lyonnais, Lyonnais"
Les fans de l’OM sont arrivés très tôt dans le stade. Malgré la pluie, le virage Nord est déjà à moitié rempli. Les joueurs rennais viennent tester la pelouse du Vélodrome. Les noms d’oiseaux fusent. Surtout pour Briand. Il préfère en rire avec son pote M’Vila et disparait dans le tunnel menant aux vestiaires. Pendant ce temps-là, Lyon joue face à Auxerre et se voit offrir un penalty peu avant la mi-temps. Lisandro ne manque pas l’occasion d’égaliser (1-1). Réaction immédiate des supporters. Un hourra monte des tribunes. Puis des "Lyonnais, Lyonnais" se font entendre. Ce nul ravit le public marseillais car il permet à l’OM d’être sacré en cas de victoire. Mais il reste encore toute la seconde à disputer…

20H15 Le titre pour que la Coupe soit pleine
Les Marseillais entrent en piste. Ils débutent leur entraînement. Une grande banderole virage sud les accueille : "Le titre pour que la Coupe soit pleine". La pression monte d’un cran. Une demi-heure plus tard, le premier "Qui saute pas n’est pas Marseillais" résonne dans les travées. Car Lyon vient de marquer un second but. Auxerre ne reviendra pas et s’incline (2-1), laissant le champ libre à l’OM. Les joueurs olympiens ont compris la situation. Ils rejoignent les vestiaires en courant.

20H55 Furiani aussi
André Fournel, le speaker du stade, annonce la défaite d’Auxerre. Clameur dans le Vélodrome et premier "Aux armes" lancé par les virages. Deux minutes plus tard, les deux équipes pénètrent sur le terrain accompagnées du fameux "Jump" de Van Halen. Un énorme tifo est déployé chez les Ultras. On pense aussi à Furiani. C’était un 5 mai. "Lointain sont les titres et Furiani. Ce soir, les deux sont dans notre esprit", rappelle le tifo des Fanatics.

21H06 Un Argentin peut en cacher un autre
Le match débute. Et dès la 6e minute, l’OM se procure un coup franc à l’entrée de la surface. Lucho s’approche mais c’est finalement l’autre Argentin de l’OM, Heinze qui frappe. Douchez est surpris, comme les 55 377 spectateurs. 1-0 pour Marseille, virtuellement champion. Jusqu’à la 38e minute. Leroy se joue de Bonnart côté droit pour adresser un centre sur la tête de Briand. Qui ne manque pas la cible. Egalisation de l’international tricolore, tout content de marquer devant les supporters qui l’avaient tancé quelques instants plus tôt.

22H22 Ben Arfa entre en scène
L’OM peine. Deschamps choisit alors de faire entrer Ben Arfa à la place de Brandao, trop maladroit. Le public se remet à pousser. Et Ben Arfa sème la panique chez les Bretons. Marseille retrouve enfin des couleurs. Assez pour reprendre les commande de la rencontre. Lucho trouve Bonnart qui centre pour Valbuena. Niang termine le travail : 2-1. Le titre se précise. Et les fumigènes illuminent l’enceinte du boulevard Michelet. Deux minutes plus tard, Ben Arfa s’amuse avec Hansson avant de chercher Niang en profondeur. Fanni repousse sur Lucho : 3-1. Rennes est fanny. L’OM champion. Les dernières minutes permettent à Niang, Lucho et Deschamps d’être acclamés. Un message à l’attention de DD s’affiche en gros caractères chez les Winners : "Deschamps, joueur ou entraîneur, tu fais notre bonheur". Marseille savoure. Dassier aussi. En tribune, il peut enfin profiter du sacre annoncé.

22H48 La délivrance
Andrade trépigne sur le banc de touche. Mbia pousse l’arbitre à siffler la fin de la rencontre. Mais M. Buquet fera bien jouer les trois minutes de temps additionnel. Le temps d’une dernière frappe rennaise hors-cadre. Et Mandanda peut se saisir du cuir et l’embrasser. L’OM est sacré. "We are the champions" peut enfin retentir. Tous les joueurs et le staff se retrouvent sur la pelouse. Deschamps parait hagard. Ose-t-il croire à tout ça ? Il n’a pas le temps de repenser à toute sa première saison à l’OM. Il est déjà happé par ses joueurs. Quelques Ultras tentent de pénétrer sur la pelouse. Un seul y parvient, vite maîtrisé par les nombreux stadiers postés aux quatre coins du stade.

23H05 Hommage à RLD
Dédé Fournel fait chauffer le micro. Il entonne toute la panoplie du parfait supporteur, reprise en cœur par les deux virages. Taiwo lui prend le micro pour pousser un : "Champion, Olympique Marseille". Heinze, lui, s’enroule autour d’un drapeau argentin. Les Brésiliens ne sont pas loin. Brandao, Andrade et Hilton arborent fièrement leur couleur jaune et verte. Tandis que les écrans du stade affichent toujours "OM, champion de France 2009-2010", le nom de Dreyfus est repris par tout le stade. La pluie s’attenue pour laisser la place au feu d’artifice. Pas de pétard mouillé. Le ciel marseillais scintille comme les yeux des supporters restés nombreux dans le stade. Ils peuvent admirer la perruque bleue et blanche de Taiwo qui danse avec Mbia ou le combat de catch improvisé entre Diawara et Koné. Bonnart, lui, a enfilé le maillot de Bangoura pendant que Valbuena gratifie la tribune Jean Bouin d’un salut de capitaine. Il est 23h15 et Deschamps est le premier à quitter la pelouse sous les vivas des socios phocéens.

23H35 Dassier et sa voix cassée
Les journalistes attendent patiemment Didier Deschamps. Mais c’est Jean-Claude Dassier qui répondra en premier aux questions dans une salle de presse pleine à craquer. La voix cassée, une coupe de champagne à la main, le président de l’OM remercie tour à tour son entraîneur, Pape Diouf et… Eric Gerets. Il annonce aussi que Margarita ne va pas faire de chèque en blanc parce que l’OM est champion. Deschamps arrive enfin. Il avoue être encore "un peu sur la retenue". Et ne réalise pas encore. Son intervention s’interrompt tout d’un coup : Valbuena a surgi du vestiaire. Il secoue une bouteille de champagne avant de la vider sur la tête et sur le PC d’un journaliste. Perturbé par la scène, Deschamps reprend difficilement le fil de sa conf’.

00H30 Gaby sait chambrer
Deschamps repartit, l’assistance attend l’apparition d’un joueur. Heinze montre le bout de son nez. Mais c’est juste pour chambrer : "Le 23 décembre, vous n’étiez pas si nombreux après le match d’Auxerre (défaite de l’OM 2-0)." Valbuena revient en salle de presse. Cette-fois il a délaissé son magnum pour un bonnet et deux iPhones. Le temps de reprendre ses esprits, le p’tit raconte sa fierté d’avoir parcouru un si long chemin pour devenir champion avec l’OM.

01H00
Plusieurs Marseillais se sont donnés rendez-vous dans une pizzeria du centre ville connue pour servir très tard dans la nuit. Une fois rassasiés, les plus courageux finiront la soirée et la nuit dans une discothèque branchée d’Aix-en-Provence. Le réveil promet d’être difficile…

AFP

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