Ayew, une histoire de famille

Ayew, une histoire de famille
Par Eurosport

Le 17/12/2009 à 17:36Mis à jour

Après Abedi Pelé, son père, et André Ayew, son frère, le jeune Jordan est venu perpétuer l'histoire de famille à Marseille en marquant à Lorient (1-2), mercredi. Pour ses débuts en L1, l'attaquant de 18 ans a marqué les esprits. Préféré à Valbuena pour affronter St-Etienne, est-il le joker de l'OM ?

A Marseille, on connaissait déjà parfaitement Abedi Pelé, l'une des stars des années 90 en remportant notamment trois ballons d'or africain (1991, 1992 et 1993). On a également découvert son fils, André Ayew, mis sur le devant de la scène par Eric Gerets lors de la saison 2007-2008 et oublié aujourd'hui à Arles. Voilà que le petit dernier, Jordan, frappe à son tour à la porte. Et de quelle manière. Profitant des absences de Mamadou Niang et Brandao, l'habituel pensionnaire de CFA 2 a découvert la Ligue 1. Entré en jeu à la place de Fernando Morientes dès la 63e minute, alors que Lorient avait ouvert le score, il ne lui aura fallu que cinq minutes pour s'illustrer. Sur un caviar de Baky Koné, le jeune attaquant est parvenu à tromper la vigilance de Fabien Audard et à relancer l'OM.

Du haut de ses 18 ans, le natif du Nord n'en revient pas lui-même. "Je croyais qu’il y avait hors-jeu, j’étais étonné. C’est un rêve qui se réalise. Maintenant il faut continuer à bosser. Le coach m’avait mis en confiance avant le match. Il m’avait dit de jouer comme à l’entrainement. J’ai fait ce qu’il m’a dit de faire. Je suis rentré sans pression", s'enthousiasme Ayew. Son but, c'est avant tout une histoire de famille : "Mon frère et mon père m'ont beaucoup aidé en parlant avant le match. Les autres joueurs m’ont aussi mis à l’aise. C’est une grande soirée pour moi. C’est une grande soirée aussi pour ma famille et pour le centre de formation de l’OM qui m’a formé". Tiraillé entre le Ghana et la France au sujet de son avenir international, Jordan s'est fait un prénom en une seule soirée.

"Ne m'en faites pas un phénomène"

En débloquant la situation, il a surtout fait le bonheur des Marseillais. Un Marseillais en particulier : son père, Adebi Pelé, qui n'a jamais caché que Jordan était le plus doué de ses deux fils, n'hésitant pas à le comparer à Cristiano Ronaldo. "Il m'a dit qu'il allait mourir tellement il était heureux. C'est génial !, a confié à L'Equipe l'ancien meneur de jeu de l'OM, retenu au Ghana. J'ai eu Jordan quand il était dans le bus. Je lui ai dit de ne pas prendre la grosse tête, de travailler, d'écouter le coach. Il m'a dit que Didier (Deschamps) lui avait parlé aussi après le match, lui avait donné des conseils. Il l'a prévenu de garder les pieds sur terre, de ne pas s'enflammer. Je suis vraiment très content que quelqu'un comme Didier s'occupe de lui". Les deux hommes se connaissent bien pour avoir remporté la Ligue des Champions ensemble en 1993. "Faire jouer le fils d'un ancien partenaire ça donne un coup de vieux !", sourit d'ailleurs l'entraîneur olympien.

Mais Deschamps se réjouit surtout de pouvoir compter sur un élément issu du centre de formation pour renforcer une attaque qui en a bien besoin. "Il est jeune, il a fait quelque chose de très bien, il vient de temps en temps avec nous, il a des qualités. C’est bien car il vient du centre de formation. C’est bien pour les gens qui l’ont amené jusque là. Marseille doit être un club qui doit pouvoir donner sa chance à des jeunes du centre de formation", félicite D.D. qui met également en garde : "Il a encore une longue route. On va faire en sorte que ça ne parte pas dans tous les sens, qu’il garde les pieds sur terre. Il a la chance d’avoir un papa qui pourra l’aider". "Maintenant ne m'en faites pas un phénomène", insiste-t-il.

D.D. défend Morientes

Au-delà de la belle histoire, le coup d'éclat d'Ayew illustre bien les problèmes actuels de l'OM en attaque. Sans Niang ni Brandao, le club phocéen n'a plus beaucoup d'options. Seul Baky Koné semble aujourd'hui capable d'assurer l'intérim. Titulaire en Bretagne, Fernando Morientes s'est de nouveau montré transparent. Pour une fois, Marseille a gagné un match qu'il a débuté dans le onze. Mais il l'a fait après sa sortie. "Il est conscient qu'il peut faire mieux. Si j'ai besoin, je l'utiliserai. Après, de grâce... Il y a des mots que j'ai du mal à entendre. Il y a un respect de l'homme à avoir. Il n'a plus 22 ans, c'est sûr, mais il n'a pas du mal non plus à marcher et à se déplacer !", tente de le défendre Deschamps. Si Brandao fera son retour, l'attaquant a été préféré à Mathieu Valbuena pour le voyage à Saint-Etienne. Le dernier de la famille Pelé sera-t-il le nouveau joker de l'OM ?

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