Brest et Caen, même combat

Brest et Caen, même combat
Par Eurosport

Le 26/07/2011 à 13:52Mis à jour Le 26/07/2011 à 19:27

L1, LE CASTING (2/10). Deuxième volet de notre série sur les forces en présences de la Ligue 1 avec Caen et Brest. Deux clubs qui abordent leur deuxième saison dans l'élite sur la corde raide. Pour le SMC, il faudra digérer le départ de Youssef El-Arabi. Quant à Brest, tout dépendra de Nolan Roux.

Pour Caen et Brest, sauvés in extremis la saison dernière, le plus dur commence. Après avoir terminé leur première saison en Ligue 1 post-remontée respectivement aux 15e et 16e places, vient celle de la confirmation. Le troisième club qui les avait accompagnés, Arles-Avignon, n’a pas fait long feu. L’ambition affichée est donc de se maintenir, bien sûr, mais surtout de pérenniser sa présence parmi l’élite. Les Normands sont bien placés pour savoir que la tâche est ardue, eux qui ont fait l’ascenseur cinq fois en huit ans. Les Brestois, qui n’avaient plus été à ce niveau depuis 1991, savent eux aussi que leur place est encore loin d’être assurée. Si besoin était, l’exercice précédent est venu le leur rappeler. Caen avait débuté en trombe en battant Marseille (2-1) puis Lyon (3-2). Quant au Stade Brestois, il s’est même retrouvé dans le fauteuil de leader au soir des 11e et 13e journées. Pourtant, il leur a fallu tous les deux attendre l’ultime journée pour se maintenir.

Entre le maintien et la relégation, l’équilibre est précaire. Il se joue souvent à rien. A un homme souvent. Caen va ainsi devoir digérer le départ de Youssef El-Arabi. L’international marocain pesait tout de même 17 buts dans la balance du Stade de Malherbe. Pas évident à pallier. Demandez à Boulogne-sur-Mer comment ils ont vécu la perte de Grégory Thil sur blessure lors de leur seule saison en Ligue 1 avant de redescendre. On comprend mieux pourquoi Brest fait tout pour retenir Nolan Roux. Son départ pourrait changer la donne, tout simplement. D'autant plus que, pour se renforcer, les deux clubs doivent composer avec des budgets limités et sont contraints à tenter des paris. Recruter malin peut parfois être payant, parfois non. Cette saison, ils auront pour nom Pierre-Alain Frau ou Eden Ben Basat (deuxième meilleur buteur du championnat d'Israël avec 18 buts). Mais ils ont tout de même quelques atouts. A commencer par une année d'expérience et une relative stabilité dans leurs effectifs. Et ils ont déjà su montrer qu'ils avaient le niveau, lors de la première partie de saison pour Brest, lors de la deuxième pour Caen.

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AFP

Où en est l’équipe ? : Pour l’instant, l’équipe a peu bougé. Cela pourrait être une force pour le début du nouvel exercice quand d’autres chercheront encore leurs automatismes. Seules cinq recrues sont venues apporter quelques retouches à l’effectif : John Jairo Culma et Eden Ben Basat, deux inconnus du championnat israélien, Johan Martial, prêté la saison passée par Bastia, le gardien Lionel Cappone, en fin de contrat à Lorient, et le Parisien Tripy Makonda. 500 000 euros de dépenses au total. Brest a surtout réussi à conserver Bruno Grougi (9 buts et 6 passes), qui a finalement prolongé de deux ans. Mais la vraie révolution pourrait être tactique. Alors qu'il privilégie le 4-2-3-1 depuis plus de deux saisons, Alex Dupont envisage cette saison de construire son équipe en 4-4-2, avec Grougi dans une position de relayeur. Cela pourrait expliquer la préparation difficile avec une seule victoire en cinq matches amicaux, face à Nantes (3-1). C’est sans doute aussi pour cela que Brest est le seul club de L1 à disputer 7 rencontres cet été.

Ce qui devrait bouger : L’avenir de Brest est en grande partie lié à celui de Nolan Roux. L’attaquant vedette du club, auteur de 23 buts en deux saisons, veut rejoindre Schalke 04. Pour le moment, le club breton rejette toutes les offres des pensionnaires de Gelsenkirchen tant qu’ils n’offriront pas les 8 millions d’euros attendus. Mais combien de temps résisteront-ils ? S’ils y parviennent, conserver Roux serait le gros coup de leur mercato. S’il partait, des renforts pourraient arriver. Pour l’heure, les Brestois cherchent en priorité un défenseur expérimenté (Hilton ? Puygrenier ?) pour épauler le jeune Johan Martial et Paul Baysse, l’une des révélations de la saison dernière.

La stat-clef : 17. Avec 17 fautes commises en moyenne par match, Brest s’est forgé une mauvaise image. Celle d’une équipe ultra-défensive. Une tactique récompensée par une 11e place au classement des meilleures défenses de l’élite (43 buts encaissés) et un maintien assuré lors de la dernière journée. Avec une année supplémentaire  d’expérience dans l’élite et un nouveau schéma tactique, le Stade Brestois aura-t-il les moyens d’avoir plus d’ambition dans le jeu ?

En un mot : "Il faut conserver l’esprit qui nous menait l’année dernière, la combativité et le fait d’aller chercher les points sans laisser l’adversaire évoluer. Cette saison, ça va être quasiment identique, le coach a encore insisté là-dessus. On va essayer de s’appuyer davantage sur ce schéma de jeu. Il y a aussi des individualités dans ce collectif qui vont progresser. Et par rapport à notre match contre Mostar, notamment la première mi-temps, j’ai vraiment un bon feeling". (Bruno Grougi, milieu de terrain de Brest)

Premier match : Le samedi 6 août, face à Evian-Thonon-Gaillard (21h00)

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Où en est l’équipe ? : La saison dernière, Caen s’est sauvé en partie grâce à Youssef El Arabi, meilleur buteur du club et quatrième sur l’ensemble de la Ligue 1 avec 17 réalisations, et aussi à Romain Hamouma (9 buts et 6 passes). Mais El-Arabi a fait le choix surprenant de rejoindre l'Arbie-Saoudite, laissant un grand vide qu’Hamouma et la recrue Pierre-Alain Frau tenteront de combler. Mollo, lui, est reparti à Monaco à la fin de son prêt. Au moins, d’un point de vue financier, les Normands ont réussi leur mercato. Ils ont vendu leur pépite 8 millions d’euros et n’ont rien dépensé. Le club a misé sur un mélange entre jeunes prometteurs en fin de contrat (Frédéric Bulot, Ibrahima Tandia, Fayçal Fajr, Yannick M'Bone) ou prêtés (Jerry Vandam) et joueurs d’expérience, comme Frau, lui aussi en fin de contrat à Lille. Sur le plan sportif, difficile de se prononcer. Certes le Stade Malherbe a remporté ses deux de ses trois matches amicaux, mais il les a disputés face à deux équipes de Ligue 2 (Clermont et Le Havre), concédant le nul face à Cherbourg, équipe de National (1-1).

Ce qui devrait bouger : La prolongation de contrat à Brest de Bruno Grougi, que Caen, son club formateur, souhaitait faire revenir, a sans doute marqué la fin de la campagne de recrutement du SMC. Priorité à la stabilité. Avec 31 joueurs sous contrat, une volonté du staff de disposer d’un effectif plus fourni, ont devrait cependant assister à des départs avant le coup d’envoi de la saison. Le club souhaiterait réduire ce nombre à 27, soit déjà quatre de plus que la saison dernière. Sambou Yatabaré, qui a plusieurs pistes en Espagne dont la Real Sociedad, Thubault Moulin, qui devrait être prêté à un club de Ligue 2, et Rajiv Van La Parra, qui aurait des contacts aux Pays-Bas, dont partie des candidats au départ. Le gardien Alexis Thebaux, lui, est attiré par le banc du PSG et pourrait mettre le club normand dans l'embarras.

La stat-clef : 46. La saison dernière, Caen a dû son salut à sa volonté de développer un jeu offensif. Pour preuve, avec 46 buts inscrits, les hommes de Franck Dumas affichaient la 6e meilleure attaque de Ligue 1. Le revers de la médaille, c’est qu’ils présentaient également la 18e défense avec 51 buts encaissés. Des statistiques  à l’image de la saison du SMC. Sur les 19 premiers matchs de la saison, le Stade Malherbe s’est classé 19e, mais a terminé 6e de la phase retour. Une irrégularité qui se retrouve aussi au niveau des résultats du club à domicile et à l’extérieur : 17e de L1 à domicile, les Caennais ont impressionné à l’extérieur (7e). Au moins, Caen connaît ses forces et ses faiblesses.

En un mot : "Je le dis ouvertement, je pense que l’on s’apprête à vivre une saison sympathique. Au niveau du recrutement, on en a fait beaucoup. Donc on va aborder la saison avec un effectif beaucoup plus ample que l’année dernière. La saison dernière, au fil des blessures et des suspensions, on était un peu léger, ce qui nous a valu un certain nombre de résultats négatifs durant une période de l’année qui aurait pu être préjudiciable. Cette saison, on part avec un mélange de jeunes et de joueurs expérimentés, qui ont pour la plupart l’habitude de jouer ensemble. Les automatismes sont déjà présents. L'équipe est plus complète que la précédente, plus fournie, et au risque de me tromper, je pense très sincèrement qu'elle réalisera un meilleur parcours que celui de la saison passée". (Jean-François Fortin, président de Caen)

Premier match : Le samedi 6 août, face à Valenciennes (21h00) 

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