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Incorrigibles OM et PSG
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Publié 06/04/2012 à 17:06 GMT+2
Le 3-0 du match aller avait amorcé deux belles séries à Paris comme à Marseille. Quatre mois et demi plus tard, le PSG et l'OM sont retombés dans leurs travers de l'époque. Leur affrontement de dimanche (21h00), en clôture de la 31e journée de L1, doit les remettre dans le droit chemin.
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Un OM-PSG ou un PSG-OM répond à une exigence. Une seule : il ne tolère pas la défaite. Le dernier en date, Paris l'a perdu. Sèchement. Corrigé à Marseille (3-0). Quand le PSG a pris l'eau au Vélodrome, la saison n'était pas à un stade suffisamment avancé pour tirer des conclusions. A l'époque, la thèse d'une montée en puissance était défendable. Quatre mois et demi plus tard, Paris n'est pas plus avancé. Deuxième de Ligue 1 à l'issue de la 15e journée, le club de la capitale l'est toujours à l'aube du 31e acte, qui se conclura dimanche soir (21h00), au Parc des Princes. Son immobilisme au classement reflète celui qui le freine sur terrain. L'équipe jadis entraînée par Antoine Kombouaré n'a pas grand-chose à envier à celle aujourd'hui dirigée par Carlo Ancelotti. Paris est toujours ce collectif approximatif.
A l'aller, il n'avait "pas existé dans les duels et dans l'impact", pour reprendre les mots de Kombouaré. "Incapable de répondre au défi physique", le PSG s'était montré inexistant devant et terriblement fébrile derrière. Mais c'est surtout dans l'attitude qu'il avait pêché. Antoine Kombouaré : "Eux, ils ont fait le match qu'il fallait, avec de la rage, de la grinta, du physique. Nous, on a été naïfs." Blaise Matuidi : "On a perdu au mental." Momo Sissoko : "Ce qui a fait la différence, c'est la détermination de l'OM. Ils ont été plus rigoureux." Ce 27 novembre 2011, Paris a donc concédé son plus lourd revers de la saison. Une semaine après s'être incliné devant Nancy (0-1). Quatre jours avant d'anéantir ses espoirs européens face à Salzbourg (0-2). Ces défaites ont eu le mérite de remobiliser les troupes. En L1, l'invincibilité parisienne a duré quatorze rencontres. Jusqu'à samedi dernier... à Nancy (2-1).
Paris tâtonne toujours
Entre-temps, Ancelotti a pris les rênes. Sans que le club de la capitale balaie les incertitudes du début de saison. Sous l'ère Kombouaré, le quatuor Pastore-Ménez-Nene-Gameiro faisait la différence. L'équipe n'était pas un modèle d'équilibre, son fond de jeu était contestable. Mais elle possédait la meilleure défense de l'Hexagone et la troisième attaque. Aujourd'hui, le jeu parisien tatonne encore. Ses progrès semblent infimes. Sa solidité a volé en éclats. Depuis la reprise, Paris a encaissé 15 buts en 11 matches. Soit le 16e bilan de L1. Ses quatre dernières sorties se sont soldées par autant de contre-performances. Quant à son rendement offensif, il dépend toujours d'un éclair individuel. Ce fut encore le cas à Nancy, où Paris a, dixit Matuidi, "manqué de réalisme défensivement et offensivement". "Déçu par la qualité de jeu" proposée en Lorraine, Ancelotti s'accroche à "l'état d'esprit", aux "nombreuses opportunités créés" et à la "discipline" affichée à Marcel-Picot pour croire en des jours meilleurs.
Son homologue marseillais ne s'accroche pas au doux souvenir du match aller pour raviver des lendemains qui chantent. "Pour moi, l'histoire ne se répète jamais", a martelé Didier Deschamps vendredi. Dans son esprit, la promenade du 27 novembre appartient à un passé lointain. Très lointain. A l'époque, l'OM avait profité du 3-0 infligé à son meilleur ennemi pour calmer l'exaspération ambiante. Pour effacer un piètre début de saison. Pour se relancer après deux nouvelles claques, à Montpellier (1-0) et chez l'Olympiakos (0-1). Ce soir-là, les trois buts inscrits par Loïc Rémy (9e), Morgan Amalfitano (65e) et André Ayew (83e) avaient redonné du peps aux Marseillais. Comme si, une fois de plus, ils attendaient d'être au pied du mur pour relever la tête. "On les a mangés, s'était alors enflammé un Amalfitano en pleine explosion. A chaque fois qu'on a le couteau sous la gorge, on réagit, mais c'est dommage de se mettre en difficulté."
Marseille ne fait plus bloc
L'OM avait accumulé tant de frustration qu'il était devenu urgent de se révolter. "L'équipe a montré du caractère", avait souligné Stéphane Mbia. "C'était engagé, on a su mettre de la solidarité, de l'engagement, on a démontré que nous étions des hommes", avait insisté Charles Kaboré. Les vertus affichées ce 27 novembre ont porté les Phocéens durant trois mois. Trois mois au cours desquels ils ont aligné neuf matches sans défaite en L1, décroché une qualification inespérée pour les 8es de finale de la Ligue des champions et tracé leurs routes en coupes. L'OM a longtemps joué sur tous les tableaux. Mais il n'en avait visiblement pas les moyens.
Le 26 février, à Brest (1-0), Marseille a amorcé une spectaculaire dégringolade. Résultats : cinq défaites en six matches de championnat, une piètre élimination en Coupe de France face à Quevilly (3-2), et une autre, nettement plus prévisible, en Ligue des Champions, face au Bayern (2-0, 0-2). Un bilan à peine revigoré par une troisième finale de Coupe de la Ligue en trois ans et un nul ramené de Nice (1-1), où DD "a retrouvé la solidarité que l'on avait perdue ces derniers temps". Celle qui animait son équipe face à Paris, et qui s'est fissurée mardi. A Munich, seuls Nkoulou et Mandanda en ont paru conscients. Pour expliquer sa "honte", le défenseur camerounais a évoqué les lacunes mentales d'un OM aux abonnés absents "dans l'envie, dans l'état d'esprit et dans l'attitude". Au point que son capitaine n'a pas hésité à émettre de sérieux doutes quant à la cohésion d'un "groupe pas forcément solidaire". En médecin avisé, Deschamps affine le diagnostic : "Il y a une part de doute, un peu moins de confiance, de réussite." Tout ce qui manquait à l'OM avant le match aller.
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