Eurosport
Comment battre le PSG en trois leçons
Par
Publié 07/12/2012 à 23:45 GMT+1
Saint-Etienne, Rennes et Nice ont dévoilé trois stratégies pour battre le PSG en moins d’un mois. On y retrouve plusieurs dénominateurs communs.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Le PSG a chuté lors de trois de ses cinq derniers matches de L1. Saint-Etienne (2-1), Rennes (2-1) et Nice (2-1) ont proposé trois plans d’attaque différents, tous aussi efficaces. Les trois revers parisiens possèdent des gênes communs et quelques tendances lourdes. De quoi inspirer Evian Thonon Gaillard, Valenciennes ou Lyon, les trois prochains adversaires des Parisiens.
PSG – SAINT-ETIENNE : 1-2
La stratégie des Verts : L’ASSE met les barbelés au Parc. La meilleure défense de Ligue 1 s’appuie sur une charnière efficace et un grand Ruffier. Le milieu à trois Clément-Lemoine-Guilavogui joue plus bas que d’habitude et ne sort que très peu. L’ASSE, très compacte et dense dans l’entrejeu, laisse l’initiative du jeu et le ballon à Paris (52% de possession). L’entrée en jeu d’Aubameyang est le dernier étage de la fusée. Sa vitesse donne une vraie efficacité aux contres de l’ASSE. Le PSG est pris à son propre piège.
Les limites du PSG : Paris bute sur un mur, incapable de proposer le moindre mouvement offensif. La seule occasion d’Ibrahimovic sur un décalage de Ménez découle d’un contre rondement mené. Face à une défense organisée et très basse, Paris tourne en rond. Il perd surtout, et pour la première fois de la saison, la bataille du milieu. Bodmer, Chantôme et surtout Verratti jouent complètement à l’envers. La sortie sur blessure de Matuidi désorganise complètement le PSG et témoigne de l’indispensable activité de l’international français. Paris a perdu sa boussole.
PSG – RENNES : 1-2
La stratégie de Rennes : Des intentions puis du pragmatisme. Rennes était venu au Parc pour jouer relativement haut et son début de match en atteste. Mais les expulsions précoces de Costil (25e) et Makoun (52e) obligent Antonetti à revoir ses plans. Les Bretons ne toucheront que deux ballons dans la surface adverse en 90 minutes. Comme les Stéphanois deux semaines plus tôt, les Bretons font bloc devant leur surface de réparation. Les défenseurs rennais Boye et Kana-Biyik mangent physiquement Lavezzi, Ménez, Pastore et Hoarau. Rennes, très discipliné, serre les rangs.
Les limites du PSG : La grosse carence de Paris face à Rennes : le réalisme (24 tirs). La suspension de Zlatan Ibrahimovic y est pour beaucoup. Le PSG a un contrôle total du jeu (70% de possession) mais les flèches parisiennes s’entêtent à déborder sur les ailes alors que l’expulsion de Makoun a fragilisé l’axe breton. L’entrée de Pastore ne change rien. Paris délaisse l’axe et laisse passer sa chance. Blaise Matuidi signe son premier match raté de la saison et perd deux ballons qui coûtent autant de buts à Paris.
NICE – PSG : 2-1
La stratégie de Nice : Pressing haut en première période, Nice démarre la partie avec ambition. Son harcèlement gêne une équipe de Paris coupée en deux où les attaquants, obsédés par la profondeur, ne descendent pas chercher les ballons. Le milieu du PSG est perdu sous la pression de son homologue niçois. En seconde période, les Aiglons paient leurs efforts et laissent l’initiative à Paris (52% de possession), s’appuyant sur une charnière Civelli-Pejcinovic impeccable. Plus bas, Nice, très solidaire, n’est jamais pris de vitesse et tire deux flèches qui feront mouche quand Paris se jettera à l’abordage pour gagner le match.
Les limites du PSG : Face au pressing niçois, le PSG est désemparé, coupé entre un milieu mis sous pression et un trio offensif qui se caricature : courses vers l’avant et têtes baissées. Livré à lui-même, Matuidi ne prend pas que des bonnes décisions et finit par se faire expulser. Comme face à Rennes et Saint-Etienne, Paris a le ballon et tourne en rond. A l’image d’un Ibrahimovic qui, hormis son but, a beaucoup raté.
CONCLUSION : Les trois défaites du PSG en Ligue 1 ont quelques dénominateurs communs : des adversaires avec une grosse densité défensive, une grande rigueur collective, des lignes resserrés et une charnière centrale impeccable. Rennes et Saint-Etienne ont joué bas, tout comme Nice en seconde période, celle où les Aiglons ont fait la différence. Lors de ses trois revers, Paris a eu l’initiative du jeu et s’est fait surprendre soit en contre (Saint-Etienne) soit lors de ses temps forts (Nice). Véritable pompier de service de Paris depuis le début de saison, Blaise Matuidi a vu son impact réduit lors de ces trois défaites par une blessure (Saint-Etienne), un jour sans (Rennes) ou un milieu qui le harcèle (Nice). Sans un Matuidi XXL, Paris a du mal à proposer un onze cohérent. Un avertissement qui vaut pour match face à Evian. L’ancien Stéphanois purgera un match de suspension.
Publicité
Publicité