Laurent Blanc au PSG : le 4-4-2 de Carlo Ancelotti menacé?

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Avec Laurent Blanc, le PSG s’apprête à investir un coach qui se méfie du 4-4-2. Le système de jeu qu’avait stabilisé Carlo Ancelotti ces sept derniers mois. A Bordeaux comme en qualité de sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc n'a cessé de dire le mal qu'il pensait de cette organisation, trop fragile pour "le coeur du jeu".

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Le PSG clame depuis l’arrivée de QSI son envie de continuité. Mais avec Laurent Blanc à la place de Carlo Ancelotti sur le banc, le club de la capitale peut se préparer à une rupture sur le plan tactique. Avec Blanc, une phrase revient immédiatement à l'esprit. "Au plus haut niveau, le 4-4-2 n'existe plus", affirmait en octobre 2011 le sélectionneur de l'équipe de France de l'époque. Une idée qu’il a toujours martelée, à Bordeaux ou à Clairefontaine. Le 4-4-2, c'est pourtant le système qu'avait utilisé avec succès Ancelotti à partir de décembre dernier. Un changement survenu après le dernier match de poules de Ligue des champions face à Porto qui l'avait obligé à abandonner son fameux 4-3-2-1 "en sapin de Noël" et l'éphémère 4-3-3. Les résultats avaient suivi dans un schéma qui semblait correspondre davantage aux caractéristiques des stars parisiennes.
La saison dernière, Ancelotti a eu plusieurs fois l'occasion d'expliquer ce choix. Pour l'Italien, le 4-4-2 est "le meilleur système défensivement" et permet de "faire plus de contre-attaque, c'est plus facile". "Avec trois milieux de terrain, c'est plus difficile de mettre la pression dans le camp adverse", a-t-il justifié. Dans ce système, chacun avait su trouver sa place. "La position d’Ibra est importante pour nous, quand il est plus en retrait. Mais la profondeur est très importante en attaque, et c’est pour ça qu’avec Lavezzi ça nous donne plus de solutions, détaillait-il. Avoir Matuidi à droite parmi les deux récupérateurs permet de soulager Jallet et surtout Lucas, car Pastore sur la gauche recule plus défensivement que Lucas. Pastore a besoin d’espaces pour exprimer ses qualités."
Les leçons de Ferguson
Dans l'état actuel de son effectif, Blanc peut-il se permettre de bousculer cet équilibre ? Lors de son passage réussi à Bordeaux, entre 2007 et 2010, il a d'abord opté pour le 4-4-2 pour utiliser au mieux les qualités de Yoann Gourcuff. Mais il l'a abandonné progressivement au profit d'un 4-2-3-1 plus dense au milieu. Chez les Bleus, il y a également eu recours mais dans de rares occasions. La liste seule des adversaires - Norvège, Biélorussie, Luxembourg, Albanie, Etats-Unis - permet d'illustrer l'un des principes de base du Cévenol : le 4-4-2 convient uniquement pour des adversaires réputés plus faibles. Car le risque, avec deux attaquants et deux milieux excentrés, est de voir la formation se transformer en 4-2-4 et affaiblir le cœur du jeu qui lui est si cher. Blanc : "Si parmi tes quatre attaquants, il n'y en a pas un qui descend dans le milieu de terrain, dans la zone des milieux défensifs adverses. Il se crée alors un espace qui est difficile à animer."
C’est surtout la Ligue des champions, objectif suprême du PSG, qui a orienté Blanc vers ces certitudes. Alors qu'il était à la tête des Bleus, c'est l'analyse qu'il tirait déjà en novembre 2011 dans France Football à propos de la finale de 2009 entre Manchester United et Barcelone : "L'un comme l'autre sont organisés pareil. Un seul attaquant axial, deux autres sur les côtés, et trois mecs dans le cœur du jeu. A ce stade de la compétition, plus personne ne joue avec deux attaquants axiaux". De là à imaginer une tactique pour la L1 et une autre pour l'Europe, il y a un pas qu’il est possible de franchir. Sir Alex Ferguson opérait ainsi, raconte-t-il : "Un jour, Ferguson m'a expliqué : 'Il m'a fallu beaucoup d'années et d'échecs en Coupe d'Europe pour comprendre que la Ligue des champions, tu ne peux pas la gagner comme ça (en 4-4-2, ndlr)'. En championnat, Manchester peut parfois se permettre de jouer avec deux pointes parce que la valeur de l'adversaire fait qu'il ne va pas se retrouver en difficulté au milieu. Mais en Ligue des champions, non."
Un 4-2-3-1 comme Kombouaré ?
Concrètement, on imagine déjà ce que ça pourrait donner. En 2011, après un résultat mitigé du 4-4-2 face aux Etats-Unis (1-0), Blanc relevait l'obligation d'avoir "un joueur physique parmi tes deux attaquants centraux". "Si tu as Giroud, tu peux faire monter le bloc et jouer sur lui en déviation", expliquait-il dans Téléfoot. Un grand gabarit, le PSG en possède actuellement un avec Ibrahimovic. Mais on l'aura compris, Blanc devrait privilégier un schéma à une pointe, une nouvelle fois sur le modèle Ferguson, avec "un deuxième attaquant superposé qui, en réalité, fait davantage le travail d'un numéro 10". Pastore a les qualités pour être celui-ci dans un rôle similaire à celui que tenait Gourcuff à Bordeaux. Lavezzi (à gauche) et Lucas (à droite) pourraient alors jouer les attaquants de soutien sur les côtés. Un visage qui pourrait ravir les nostalgiques d'Antoine Kombouaré qui alignait à son époque un trio Ménez-Pastore-Nenê en soutien de Gameiro devant un duo de récupérateurs Matuidi-Bodmer. Un retour en arrière pour un bon en avant ? Pas sûr. Si Blanc a l’impression qu’il lui manque des profils pour mettre en place son ambitieux projet de jeu, il pourra s’appuyer sur les colossaux moyens du PSG pour les obtenir.
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