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Mamadou Sakho, défenseur de rechange au PSG
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Publié 29/03/2013 à 12:28 GMT+1
Remplaçant face à l'Espagne, Mamadou Sakho devrait retrouver le terrain face à Montpellier mais n'est pas la solution privilégiée par Ancelotti. Explications.
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Mardi soir, Mamadou Sakho a vécu quelque chose de particulier en équipe de France : pour la première fois depuis l'arrivée de Didier Deschamps à la tête de la sélection, le Parisien assistait à un match des Bleus en tant que spectateur. Malgré des performances plutôt bonnes sous le maillot bleu, le défenseur central a fait les frais de l'éclosion de Raphaël Varane et du retour de suspension de Laurent Koscielny. Ces derniers s'étant plutôt bien défendus sur la pelouse du Stade de France, Sakho est ressorti de cette trêve internationale avec l'étiquette de grand perdant aux yeux des observateurs. Dans la continuité de sa saison parisienne ?
Malgré 18 titularisations depuis le début du championnat, ce qui fait de lui le deuxième défenseur central le plus utilisé par Carlo Ancelotti en Ligue 1, Mamadou Sakho n'a plus la même importance. Si le coach parisien a le choix, il le laissera toujours sur le banc dans les grands rendez-vous, préférant titulariser sa charnière 100% auriverde. Déjà bousculé par l'arrivée d'Alex au mois de janvier 2012 - quelques semaines après Carlo Ancelotti -, Mamadou Sakho est devenu le troisième homme dans l'axe de la défense. Débarqué en grande pompe l'été dernier, Thiago Silva s'est affirmé comme le nouveau maître des lieux dès ses premières titularisations. Et le Brésilien n'a pas tardé pour attribuer à son compatriote le rôle de premier lieutenant. Après seulement quelques matches en tant que titulaire, le nouveau venu annonçait son choix dans la presse : "Sakho est un bon défenseur, très technique. La grande différence c'est qu'Alex a plus d'expérience. Et je dois avouer que, même si je me suis senti bien avec les deux, j'étais plus tranquille avec Alex. Je le préfère" (octobre 2012).
L'expérience, facteur décisif pour Thiago Silva ? Difficile en tout cas de trouver d'autres points à l'avantage d'Alex en le comparant avec Sakho. S'ils peuvent s'en sortir techniquement, la relance n'est pas de leur ressort. Bons dans les airs, ils sont toujours à leur avantage quand il s'agit de négocier le marquage d'un grand attaquant, que ce soit loin de leur but ou dans leur surface. Leur physique leur est aussi très utile sur coups de pied arrêtés, offensifs comme défensifs. De ce point de vue, Sakho a pour lui l'avantage de la jeunesse, qui lui permet d'ajouter à ces points forts "à l'impact" une certaine pointe de vitesse. Celle-ci peut lui permettre de rattraper un ou deux mètres de retard sur un attaquant quand Alex n'a pas (plus ?) le même coup de rein qu'auparavant. C'est justement là qu'intervient le fameux vécu du défenseur brésilien. Titulaire partout où il est passé, Alex a eu le temps d'apprendre et de parfaire sa science du placement. Car la formule veut que plus un défenseur est bien placé, moins il aura à user de son physique (de sa vitesse pour rattraper une possible erreur par exemple) pour récupérer le ballon ou dégager son camp.
Le temps joue en sa faveur
Depuis qu'il est passé en 4-4-2, le PSG est une équipe qui a pris l'habitude de se laisser dominer, d'abandonner le ballon et le milieu de terrain à son adversaire pour mieux le prendre en contre-attaque. Pour les défenseurs, ce projet de jeu signifie plusieurs choses. Les périmètres à couvrir sont réduits, notamment dans leur dos, mais la distance entre la ligne de défense et le but ne permet plus forcément de rattraper une erreur de positionnement. En clair, en cas de placement défaillant, la sanction peut être immédiate. A l'inverse, dans une équipe qui domine son sujet et son adversaire, un mauvais positionnement d'un défenseur à 40 mètres de ses buts peut être rattrapé, soit par le fautif soit par un partenaire doté d'une pointe de vitesse suffisante. Voilà peut-être la véritable raison qui a relégué Mamadou Sakho au poste de n°3 dans la hiérarchie des défenseurs parisiens. Lui qui a toujours su, depuis le début de sa carrière, rattraper quelques failles de placement par sa puissance physique se retrouve dans un collectif qui ne permet plus ces errements. Et ce constat peut aussi s'appliquer au choix de Didier Deschamps de lui préférer Varane et Koscielny pour affronter l'Espagne mardi.
Mais en football, tout va très vite. Et sur le plan du jeu du PSG, la vérité de ce printemps ne sera peut-être pas celle de la rentrée prochaine. La prochaine période des transferts ramènera forcément de nouveaux joueurs au club, de nouveaux atouts avec lesquels Carlo Ancelotti devra composer. Et ces nouvelles compositions offriront peut-être plus de maîtrise aux Parisiens dans l'entrejeu, ce qui permettra à la défense de jouer plus haut... et à Sakho de retrouver une situation plus adéquate pour son style de jeu. Même avenir avec l'équipe de France : les prochains adversaires des Bleus ne devraient pas les faire défendre autant que l'Espagne et le Parisien aura certainement l'occasion de retrouver une place de titulaire. Entre-temps, il aura, à n'en pas douter, travaillé pour améliorer certains des points faibles qui font de lui un remplaçant en Ligue des Champions aujourd'hui.
En tout cas, il serait malvenu pour lui d'éviter toute remise en question au vu de la situation. Car s'il n'est pas des grands rendez-vous aujourd'hui, le temps joue en sa faveur. A 32 ans, Alex n'a plus beaucoup de saisons au plus haut niveau dans les jambes. A l'instar d'Ibrahimovic en attaque, le Brésilien semble avoir été appelé par les dirigeants parisiens pour permettre à l'équipe de changer de dimension le plus rapidement possible. Une fois cette mission accomplie - et elle est en passe de l'être -, il ne serait pas étonnant de voir le Brésilien partir vers d'autres aventures ou céder sa place à Sakho. Une lecture de l'histoire qui rejoint les déclarations de Claude Makelele et Carlo Ancelotti. Tout au long de la saison, les deux membres du staff parisien ont demandé de la patience à leur joueur de 23 ans tout en garantissant qu'il représentait "l'avenir du club". Bref, Sakho devrait rapidement revenir dans la lumière parisienne. Mais, grand club oblige, les erreurs ne seront plus tolérées.
FLORENT TONIUTTI
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