L'OM au Vélodrome, c'est quoi le problème ?

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Depuis plusieurs années, l'OM n'arrive plus à faire le plein de points à domicile. Une situation délicate qui se répète à nouveau cette saison. Analyse d'un phénomène qui complique la vie des Marseillais avant un troisième match d'affilée au stade Vélodrome.

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Avant de recevoir Bastia lors de la 24e journée de Ligue 1, l'OM a concédé le nul devant Toulouse (2-2) après avoir peiné pour battre Valenciennes (2-1) dans son stade Vélodrome. "Trois matchs d'affilée, c'est difficile, concède José Anigo. Parfois, on préfèrerait jouer sans pression à l'extérieur pour être tranquille ! Mais notre équipe est capable de battre Bastia. On espère faire le meilleur match possible. Neuf points cela aurait été parfait. Mais prendre sept points sur neuf, ce serait correct." L'entraîneur marseillais paraît presque résigné quand il aborde cette série de trois matches à domicile. Comme si évoluer devant son public n'était plus un avantage aussi marqué qu'auparavant. Il faut dire que cette incapacité à dominer son sujet à domicile ne date pas d'hier.
Depuis son retour au premier plan lors de la saison 2004-2005, la formation olympienne s'est montrée régulièrement plus performante à l'extérieur. En dix ans, l'OM a décroché six qualifications en Ligue des champions. Et l'équipe marseillaise doit essentiellement sa réussite à un bon parcours loin de ses terres. Seules les saisons 2006-2007 et 2011-2012 ont vu les Marseillais se montrer plus efficaces au Vélodrome qu'à l'extérieur. Un vrai paradoxe pour un club qui a bâti sa légende autour de sa propension à enflammer son public à domicile. Pour expliquer cette baisse de compétitivité domestique, plusieurs éléments peuvent être mis en avant.

Un style de jeu moins flamboyant

A Marseille, la Ligue des champions est devenue au fil des ans un objectif sportif autant qu'une obsession économique. Pour tenter d'accrocher une place au sein de cette lucrative compétition, les différents présidents de l'OM n'ont pas hésité à sacrifier le beau jeu sur l'autel des résultats. Pape Diouf avait initié cette tendance lorsqu'il a décidé de confier les rênes de son équipe à Jean Fernandez, en 2005. L'ancien entraîneur de Montpellier n'avait pas réussi à atteindre le Top 3 malgré la recherche d'un jeu plus "efficace". Ses successeurs se sont aussi heurtés à la nécessité de figurer tous les ans sur le podium. Si Eric Gerets a réussi deux fois de suite à décrocher la C1, le technicien belge ne faisait guère briller son équipe à domicile (6e en 2008, 7e en 2009), heureusement le bilan extérieur  (3e en 2008, 1er en 2009) compensait largement les points perdus au Vélodrome.

L'exception Deschamps

Didier Deschamps fut le seul entraîneur olympien des dix dernières années à faire de l'OM la meilleure équipe à domicile et à l'extérieur. C'était en 2010, l'année du titre de champion. Le style de l'équipe n'était pas flamboyant, mais les joueurs dégageaient une sérénité à toute épreuve. Enfin presque... La dernière saison de DD à l'OM fut un cauchemar, notamment à cause d'une partie des supporters qui avaient choisi José Anigo dans la guerre larvée que se livraient les deux techniciens. Résultat : une 10e place en championnat et le départ du capitaine des champions d'Europe 1993 qui sera ensuite suivi de "ses joueurs".

Des joueurs qui tremblent au Vélodrome

La pression mise par les fans olympiens fait souvent trembler les jambes des joueurs de l'OM. Cette saison, Mendy, Lemina et Imbula peuvent en témoigner. Leur début de carrière à Marseille n'a pas été facilité par les sifflets nourris qui descendent très souvent des travées du Vélodrome. Les adversaires profitent alors de ces situations pour repartir de Marseille avec la besace pleine de points. Cette saison, c'est déjà arrivé quatre fois en Ligue 1... "Quand des équipes disent dans la presse qu'elles peuvent gagner ici, ça nous pique, s'énerve Lemina. Ça nous fait mal et ça fait mal aux supporters qui ne nous font plus confiance. On espère que les adversaires ne nous prendront plus de haut. On n'a plus le droit d'avoir peur au vélodrome. C'est interdit !" A Marseille, la peur a finalement changé de camp...

Thauvin montre l'exemple

Conscient de l'importance que peut engendrer la défiance des supporters face à leurs joueurs, les dirigeants de l'OM tentent de cerner le profil psychologique de leurs futurs joueurs avant de les recruter. Ils peuvent se poser des questions sur plusieurs recrues qui ont débarqué cet été. Mais pas sur Florian Thauvin. L'ancien Bastiais montre une capacité à résister à la pression qui présage d'une réussite tonitruante à Marseille. Certains voient déjà en lui le futur Ribéry ou le prochain Waddle du Vélodrome. Si les comparaisons avec ces deux idoles olympiennes semblent encore trop hâtives, les fans marseillais retrouvent dans le jeu de Thauvin cette capacité à soulever les foules. Un ingrédient essentiel pour que la passion électrise de nouveau l'enceinte du Boulevard Michelet et que le Vélodrome redevienne cette forteresse imprenable qu'elle fut il y a bien longtemps...
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