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PSG - De Bonal 2008 à Bonal 2014 : "Si on m'avait dit ça..."
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Publié 26/04/2014 à 11:48 GMT+2
En 2008, le PSG sauvait sa peau en déplacement à Sochaux. Six ans après, nous avons retrouvé des supporters qui avaient fait le déplacement au stade Bonal. Ils analysent, parfois avec regrets, l'évolution de leur club.
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La préparation de cet article a été nourrie par la participation active du site Canal Supporters, qui traite au quotidien de l'actualité la plus proche du Paris Saint-Germain.
"Si on m’avait dit, à la sortie du stade Bonal en 2008, que le PSG deviendrait ce qu’il est désormais, j’aurais cru à une blague." Il y a six ans, Mickaël se rendait à Sochaux pour voir le Paris Saint-Germain arracher le maintien en Ligue 1 sur un doublé d'Amara Diané. Ce dimanche, le PSG pourrait gagner son deuxième titre de champion d’affilée et s’offrir le premier doublé coupe-championnat de son histoire, encore à Sochaux. Julien, abonné jusqu’au plan Leproux, Justin, habitué du Parc depuis neuf ans, Mickael, 26 ans et ex-abonné, et Heidi, abonné depuis ses 18 ans en 2006, étaient du déplacement à Bonal en mai 2008. Ils nous donnent leur vision sur l'évolution radicale de leur club ces dernières années.
Les Qataris, une arrivée aussi inattendue que réussie
Julien : "Franchement, en 2008, imaginer un PSG tel qu’il l’est aujourd’hui, ça aurait été dur à croire. Après, si on m’avait vendu le projet avec l’ambiance qu’il y avait dans les tribunes à l’époque, j’aurais dit oui de suite. Mais, même en 2011, je pensais que ça allait être plus long. A l’image de ce qu’a rencontré Manchester City ou même Chelsea, je m’attendais à plusieurs désillusions. Mais le PSG a recruté une vraie équipe avant de recruter des joueurs. Et ça a été efficace."
Justin : "En 2008, Lyon était au-dessus. J’aurais été surpris si on m’avait dit ce que le PSG est devenu six ans plus tard. A la limite, on pouvait être titré avec équipe moyenne comme Bordeaux, c’était imaginable. Mais faire venir au Parc des joueurs comme Cavani, Ibrahimovic, Thiago Silva et avoir un budget (quasi) illimité, ça m’aurait probablement fait halluciner."
Mickael : "A la sortie de Bonal, j’aurais sans doute cru à une blague. J’aurais été perplexe mais c’est une situation qui m’aurait séduit bien sûr. Mais à cette époque, c’était dur à croire vu la situation que l’on traversait. Maintenant, on ne va pas s’en plaindre."
Heidi : "A l’époque, c’était dur de supporter le PSG. Le lundi, en arrivant au boulot, on ne savait plus comment expliquer la contre-performance du PSG. Honnêtement, j’aurais rigolé si tu m’avais annoncé l’arrivée d’Ibrahimovic. On ne s’attendait d’ailleurs pas plus au plan Leproux car, à la fin de la saison 2007-2008, le club était vraiment très près de ses supporters. On ne pouvait pas s’attendre à tant de changements."
Le club a changé, pas seulement en bien
Julien : "Tout a commencé avec les interdictions de stade qu’il y a eu en 2009. Il y a eu une coupure par rapport à 2008 et c’est dommage. Il y avait une grande mixité dans les tribunes du Parc et, en perdant ça, le club a perdu son identité. S’il fallait en passer par là pour pacifier le stade, OK. Mais ça n’aurait pas dû être définitif. Aujourd’hui, il n’y a plus de mentalité ultra. Les dirigeants qataris veulent faire du Parc une place forte. Mais l’ambiance ne sera jamais à la hauteur même si le stade est plein. Aujourd’hui, les places sont tellement chères que cela exclut d’office beaucoup de supporters. Avant la place en parcage coûtait huit euros et un abonnement 180 euros. Maintenant, il faut compter trois à quatre fois plus. Malgré tout, je ne regrette pas car je prends beaucoup plus de plaisir à voir évoluer le PSG qu’avant. Mais ce n’est plus le même club. Je rêverais d’une ambiance digne d’avant avec les joueurs d‘aujourd’hui. Ce serait un cocktail extraordinaire."
Justin : "Aujourd’hui, beaucoup de nouveaux supporters ne connaissent pas l’épisode de Sochaux. Or, c’est vibrant de supporter un club en difficulté. En cas de défaite, c’était la fin du club. On craignait tous que le PSG soit dissous en cas de descente en Ligue 2, que le PSG n’existe plus. On s’est maintenus, mais le PSG n’existe plus pour autant. Le club a totalement perdu son identité avec le plan Leproux. Mais c’était calculé. Pour vendre le PSG, le club devait être sain à la fois financièrement et dans ses tribunes. Ils n’ont pas su trouver de meilleures solutions que d’arrêter les abonnements, mais il fallait faire quelque chose. J’aurais toutefois préféré garder la même ambiance et prendre plus de temps pour venir en Ligue des champions. Et garder les valeurs du club."
Mickael : "Le plan Leproux n’a pas fait que du bien. Cela a pacifié les tribunes car ce n’était plus possible mais le PSG perd peu à peu son identité et a perdu son âme en perdant ses supporters. Du côté des joueurs aussi, on peut assimiler à une perte d’identité à l’exemple de Nenê. Mais, le Qatar voulait des résultats rapides et c’est le cas. Donc on est contents."
Heidi : "Je rêve d’un PSG cohérent dans ses transferts. Autant la venue de Verratti est logique, autant Ibrahimovic... C’est bon pour le marketing, mais c’est un transfert "Football Manager". Et, puis le PSG doit avoir un public. Mais j’attends avec impatience la prochaine crise pour qu’on puisse faire un petit nettoyage dans les tribunes. Les crises, j’en ai connu pendant dix ans et je ne vais pas arrêter d'aimer le club. Mais le public actuel ne sauvera pas le club comme en 2008. Dans les années 2000, le FC Barcelone a été sauvé par son public. Dès la première crise, les Qataris verront qu’ils ont besoin d’un public, de personnes qui connaissent le ballon."
"Mon PSG idéal, c’est un PSG avec des supporters, avec un budget, mais en même temps avec une équipe, un peu comme Chelsea. Dix ans plus tard, on ne dit plus : "c’est le club des Russes" ; on dit : "c’est Chelsea". Aujourd’hui, c’est une équipe cohérente, avec des piliers. Je veux ce genre d’équipe avec une âme et un public. Or, le PSG a complètement perdu son identité. Le PSG n’existe plus. Tout a changé. On ne pourra pas avoir un grand club, sans deux grands virages. Aujourd’hui à chaque but, il y a des lumières comme si c’était un concert ! Mais ce n’est pas ça le football et il faut que les Qataris le comprennent. Leur projet tient debout parce que les résultats suivent. Mais s’il venait à y avoir une crise, le Parc serait de suite à moitié vide ! J’en suis sûr. Aujourd’hui, Paris n’est plus le PSG, c’est un club qui se prend pour un grand d’Europe et qui croit éliminer Chelsea facilement."
Ils ont "sauvé" le PSG, ils s'éloignent du Parc
Julien : "Je n’ai fait que deux matches au stade en cinq ans. Le Parc des Princes est devenu un stade de consommateurs. Les Qataris ont voulu suivre le modèle anglais. Tu viens, tu prends, tu consommes ton match et tu reviens la semaine d’après. C’est tellement différent de 2008. Cette année-là, le vrai sauveur du PSG, c’est le Parc ! S’il n’y a pas cette ambiance, Paris descend à la fin du championnat. J’en suis persuadé."
Justin : "Personnellement, je suis toujours abonné mais je vends toutes mes places hors Ligue des champions, Marseille, Lyon, Monaco et Saint-Etienne. Si c’est pour ne pas vibrer dans un stade, ca ne vaut plus le coup de s’y rendre. On s’ennuie dans les tribunes. On avait le meilleur public pour une équipe moyenne et on est devenu un grand club avec un public "zéro". Un nouveau public va finir par se mettre en place, mais ça va prendre du temps. Pour l’instant, les banderoles et les mégaphones sont interdits au Parc des Princes. Du coup, on consomme notre match mais, côté tribune, on se fait un peu chier."
Mickael : "Aujourd’hui, on a peu de bruit et de chants. Avant, on s’entendait jamais à cause de l’ambiance. Ca craquait des fumigènes dans tous les sens."
Heidi : "Au Parc, rien n’est plus comme avant. Aujourd’hui, dans les virages, on a des touristes et des familles qui n’ont pas cette culture de supporters, de faire des animations. Je suis toujours abonné mais je revends toutes mes places. J’y suis allée en début d’année et ça m’a mis le cafard. Si je veux voir du spectacle, j’ai Canal Plus. Aujourd’hui, je ne vois pas l’intérêt d’aller au Parc. Il faut se dire qu’on n’aura pas une ambiance anglaise au Parc. Regardez l’Atlético à Vicente-Calderon. A Sochaux, en 2008, mais aussi contre Saint-Etienne (NDLR : la journée précédente), le club n’a jamais été aussi proche du public. Malgré la pauvreté incommensurable du jeu du PSG, il y avait une vraie âme à travers le public et c’est ce qui a sauvé le club de la relégation. Et c’est ça que j’attends au Parc. Qu’on puisse être un public."
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