Eurosport
PSG-OM : Avec Tapie, l'affaire VA-OM retombe sur le PSG (extrait de "Histoire d'une rivalité")
Par
Publié 28/02/2014 à 08:57 GMT+1
D'ici à dimanche, nous vous proposons de lire les bonnes feuille de "PSG-OM, Histoire d'une rivalité", réédité sous la plume du duo Riolo - Pérès. Dans ce troisième extrait, découvrez comment l'affaire VA-OM a relancé en 1993 la rivalité avec le PSG grâce notamment à Bernard Tapie.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Pour le président de la LNF, surgit alors un autre problème, tout aussi épineux : trouver un remplaçant à l’OM en Coupe d’Europe (en 1993 suite à l'affaire VA-OM, ndlr). Et ce, dans les plus brefs délais. La compétition est sur le point de débuter et il faut repenser toutes les inscriptions françaises. L’UEFA ajoute d’ailleurs encore un peu de pression sur les épaules françaises : la réponse doit arriver avant le 8 septembre, soit moins de quarante-huit heures après l’exclusion de l’OM.
Pour Le Graët et Fournet-Fayard, la difficulté va alors être de trouver un club capable d’endosser le rôle de l’imposteur. Car, malgré la décision européenne, et l’instruction d’une affaire qui contient des éléments sérieux, la France croit majoritairement en l’innocence de l’OM.
Jean-Philippe Goron travaille alors pour France Info ; il se souvient de cet immense soutien populaire : "À Valenciennes, où je couvrais l’affaire, comme dans le reste du pays, j’avais l’impression que, dans l’inconscient collectif, on n’était pas loin de 'du pain et des jeux'. C’est-à-dire que l’on était prêt à tout pardonner à l’OM, tous les excès, pourvu que le club ait gagné. Cette victoire, on la voulait à n’importe quel prix."
Selon un sondage publié le 7 septembre 1993 dans les colonnes du Parisien, 61 % des personnes interrogées estiment que l’exclusion de Marseille est injustifiée, et 47 % pensent que Tapie doit rester à la tête de l’OM. Des chiffres encore plus élevés dans le Sud de la France. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 77 % des sondés s’opposent à la décision de l’UEFA.
Ces chiffres sont la seule explication valable à l’intervention de Jacques Chirac à ce moment de l’affaire. Dans un entretien au Club de la Presse d’Europe 1, le maire de Paris donne son avis sur le dossier et sur l’identité du futur remplaçant de l’OM : "On ne doit mener que les combats pour lesquels on s’est qualifié. Le PSG a gagné la Coupe de France et il se battra dans la Coupe des vainqueurs de Coupes. Il n’a aucune raison de se battre dans une compétition pour laquelle il ne s’est pas qualifié." La seule raison aurait pu être tout simplement sportive : le deuxième remplace le premier. Mais, comme le dit à l’époque Guy Roux, entraîneur d’Auxerre : "Il importait notamment de ne pas froisser les ambitions électorales dans toute une région d’un futur candidat à une échéance importante."
Le jeu des assimilations, développé par Tapie, prend donc ici toute sa dimension. Jacques Chirac, c’est Paris, et Paris, c’est le PSG. Le maire de la capitale enverra d’ailleurs une note aux dirigeants de Canal Plus et du PSG en leur demandant d’adopter une position très clairement négative sur une éventuelle substitution. Attitude que le PSG avait de toute façon déjà retenue.
Néanmoins, et dans un premier temps, Noël Le Graët, interrogé au sujet du refus parisien, avait invoqué à son retour de Zurich "l’intérêt supérieur du football français". Dans cette affaire, le PSG va plutôt choisir l’intérêt supérieur de Canal Plus et s’obstiner dans son refus. Le 8 septembre, une réunion extraordinaire est organisée au siège de la LNF. Réunion pas franchement indispensable, dont le but est de sortir un nom de club pour jouer la C1 à la place de Marseille. Les instances françaises auraient tout aussi bien pu désigner autoritairement un club. Pour Arsène Wenger, alors entraîneur de Monaco, ce rendez-vous est inutile : "Le deuxième du dernier Championnat [le PSG] doit remplacer le premier."
PSG-OM, OM-PSG, Histoire d'une rivalité, de Daniel Riolo et Jean-François Pérès, Hugo Sport, 299 pages, 17 euros.
Publicité
Publicité