LOSC - PSG : Pourquoi Lille (14e) devrait (quand même) commencer à s'inquiéter

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Une décevante 14e place, la pire attaque de L1, un stade qui plombe l'avenir du club… les motifs d'inquiétude ne manquent pas pour Lille au moment de recevoir le PSG ce mercredi (21h00).

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Crédit: Eurosport

Qu'il semble loin le temps où Lille réalisait le doublé Championnat - Coupe de France. C'était pourtant en 2011. Cette saison, on a même du mal à reconnaître l'équipe qui a terminé à la 3e place derrière le PSG et Monaco en mai dernier. Un constat s'impose : le LOSC n'est plus le LOSC. Après 15 journées, les Nordistes pointent à la 14e place, à seulement deux points de la zone de relégation. Certes, ils comptent un match en retard qu'ils disputeront le 7 janvier face à Evian. Mais, match après match, le même constat inquiétant s'impose. Surtout que l'équipe ne montre pas grand-chose dans le jeu. Et si la situation n'est pas encore dramatique, plusieurs signaux doivent pousser le club à vite redresser la barre.

Un rythme de relégable

Un coup d'œil sur les derniers résultats du LOSC fait froid dans le dos. Lille n’a gagné aucun de ses 6 derniers matches de Ligue 1 (1 nul, 5 défaites), sa plus longue disette depuis août-septembre 2012. C’est la plus longue période sans victoire en cours dans le championnat. Résultat : l'équipe de René Girard affiche seulement 16 points au compteur, soit quasiment moitié moins que la saison dernière à la même époque (30). C'est bien simple. Si celui-ci avait débuté lors de la 5e journée, elle serait actuellement lanterne rouge derrière Lens et Caen. Toutes compétitions confondues, les Lillois n’ont remporté aucun de leurs 10 derniers matches (4 nuls, 6 défaites et seulement 4 buts marqués). Pour avoir trace de leur dernier succès, il faut remonter au 27 septembre contre Bastia, c’était en L1 (1-0).

L'attaque en panne…

Cette saison, plus que les saisons précédentes, le souci des Dogues vient de l'attaque. Orphelin de Salomon Kalou mais un effectif quasiment inchangé, Lille n’a marqué que 9 buts après 14 matches de L1 (sur un total de 172 tirs tentés), soit l'attaque la plus faible du championnat. Cela faisait 22 ans que l’on n’avait plus vu le LOSC aussi peu prolifique à ce stade de la compétition (5 buts après 14 matches lors de la saison 1992/93). Un mal plus préjudiciable qu'il n'y paraît. Depuis le retour de la L1 à 20 clubs en 2002/2003, 9 des 14 équipes ayant inscrit moins de 10 buts après 14 matches ont finalement été reléguées, dont les trois dernières (Grenoble en 2009/10, Arles-Avignon en 2010/11 et Nancy en 2012/13).

… mais (désormais) aussi la défense

Que le Lille de Girard peine à se procurer des occasions, ce n'est pas vraiment une nouveauté. En revanche, ce qui est nouveau, c'est que le club a aussi perdu sa solidité défensive. Celle sur laquelle il avait basé ses succès passés. "L'an dernier, on marquait peu de buts mais on n'en prenait pas. Là, on a toujours du mal à marquer mais chaque erreur nous coûte cher", ne peut que constater René Girard dont la philosophie défensive est régulièrement critiquée. Cette saison, le LOSC possède la quatrième défense de l'élite à égalité avec celle de l'OM avec 13 buts encaissés. Un bilan a priori honorable. Mais Enyeama, Kjaer et compagnie se montrent beaucoup plus fébriles cette saison, surtout à l'extérieur (10 buts encaissés en 7 matches contre 3 à domicile). En L1, l'arrière-garde nordiste a craqué au moins une fois lors de chacun de ses six derniers matches. Durant sa série noire de 10 matches, ce total passe à 16, soit 1,6 but par rencontre. Maintenant que le réalisme offensif s'est envolé, ça ne pardonne plus.

Girard fait mine d'ignorer le danger

L'an passé, René Girard avait été élu meilleur entraîneur de L1 par ses pairs. Cette saison, il peine à trouver les solutions au point que les supporters réclament sa démission. Pire, il se réfugie derrière l'arbitrage, les horaires des matches, un calendrier très chargé ou encore les blessures. Un moyen de protéger un groupe en proie au doute. Mais une façon aussi de se voiler la face. "Je ne suis pas inquiet", "ce n'est pas le moment de regarder derrière", "nous ne sommes pas encore à mi-championnat"… Le Gardois (déjà expulsé deux fois !) s'est même réfugié derrière le manque de chance pour expliquer la défaite à Bordeaux (1-0), alors que son équipe n'avait cadré qu'un seul tir. Mais, à un moment, il va falloir ouvrir les yeux sur la réalité de la situation. Lille ne serait pas la première formation bâtie pour jouer l'Europe à être reléguée pour ne pas avoir su réagir à temps. Demandez à Nantes (2007), Lens (2008) ou Monaco (2011)…

Le "boulet" du Stade Pierre-Mauroy

Avec le Stade Pierre-Mauroy, le LOSC s'est doté d'un magnifique écrin. Mais celui-ci a un prix et c'est le secteur sportif qui le paie au prix fort. "Le stade rapporte de la notoriété, de l'attractivité, mais économiquement, c'est un boulet", reconnaissait il y a quelques jours Michel Seydoux. Si la construction de l'enceinte a été prise en charge par les collectivités (pour 320 millions d'euros), le club doit payer un loyer de 4.7 millions d'euros par an. Une somme qui pourrait même atteindre les 5.2 millions d'ici 2017. Et les recettes ne sont pas à la hauteur (1 million par an contre les 10 millions espérés). De l'aveu même de son président, Lille a donc dû se résoudre à "un essai de réduction de prise de risque financier qui a un impact." Restriction budgétaire oblige, le LOSC recrute donc à faible coût et les ambitions sportives ont du mal à suivre.

L'avenir du club en stand-by

Depuis trois ans, Michel Seydoux cherche un repreneur. En vain. Et le stade n'aide pas. Marc Coucke, , est censé être celui-ci. Depuis qu'il a revendu Omega-Pharma, l'homme d'affaires belge aurait récupéré un milliard d'euros. Il aurait donc les moyens. Mais ses déclarations lundi dernier sur la RTBF ont sans doute eu l'effet d'une douche froide à Lille. "Je ne sais pas si j'ai, personnellement, le temps et les possibilités pour investir dans ce club, s'est-il interrogé. Le stade est génial mais avec les contrats qu'il y a sur le stade est-ce que c'est possible d'avoir un club en bonne santé ? Je ne suis pas certain." En attendant, on se demande où va le club…

Le mercato comme remède ?

La situation actuelle (et sans doute l'envie de rendre le club vendable) va pousser Lille à s'activer cet hiver. "Nous travaillons sur des dossiers", a reconnu Michel Seydoux dans L'Equipe. Le LOSC viserait tout particulièrement un attaquant (Jozy Altidore ?) et un défenseur (Antonio Milic ?). Mais miser sur le mercato reste aléatoire. Et le président compte surtout sur son effectif actuel : "Il faut une capacité de remise en cause. Je suis persuadé qu'on l'a avec les hommes en place. Il y a du talent chez nous."  Lille attend sans doute mieux de Divock Origi (trois buts). Marvin Martin, la plus grosse recrue du club depuis 2011, n'a plus marqué en L1 depuis 4736 minutes. Roux, Mendès et Rodelin ont également déçu jusque-là. Seul le jeune Ronny Lopes, prêté par Manchester City, a su amener de la percussion et du mouvement, mais il est blessé depuis plusieurs semaines.

Une fin d’année encore chargée

Le LOSC est le club français qui a disputé le plus de matches cette saison (23). Depuis fin juillet, il a dû s'atteler aux barrages de la Ligue des champions, la Ligue Europa et le championnat. Et même si la qualification pour les 16es de finale de la C3 reste conditionnée à son premier succès européen cette saison (le 11 décembre face à Wolfsburg), la suite de son calendrier n'incite pas à un optimisme béat. D'abord, c'est le PSG qui se présente dans le Nord ce mercredi. Viendront ensuite le derby contre Lens au Stade de France, puis les réceptions de Toulouse et Bordeaux (en Coupe de la Ligue) puis un déplacement à Marseille pour conclure l'année. Le mois de décembre a beau être celui qui réussit le mieux au LOSC historiquement (1.54 point par match), il faudra sans doute attendre la trêve hivernale pour retrouver un second souffle. A Lille, on a hâte d'être en 2015 !
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