Pillé de fond en comble, l’OM risque le déclassement
Par Maxime Dupuis
Publié 26/06/2015 à 15:42 GMT+2
La trêve estivale est jusqu'ici un calvaire pour l'Olympique de Marseille, qui est dépouillé de toutes parts. Cela faisait bien longtemps que le club phocéen n'avait pas été autant secoué sur le marché des transferts. Et semblé aussi proche d’un précipice dont on ne connait pas bien la profondeur.
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Crédit: Eurosport
Pour l'Olympique de Marseille, l'été a déjà trop duré. C'est sans doute ce que Vincent Labrune doit se dire à l'heure où Dimitri Payet s'engage à West Ham United pour des raisons que le président du club phocéen regrette. Et qui, beaucoup le pensent, lui compris, sont motivées par l'attrait financier de la Premier League. C'est en grande partie vrai. Mais cela ne change rien au problème : l'Olympique de Marseille ne fait plus le poids. Et le reste de la Ligue 1 aurait tort de s’en réjouir. Ce qui arrive aujourd'hui à l'un de ses historiques pourrait lui arriver demain.
Après André-Pierre Gignac, parti aux Tigres de Monterrey, André Ayew, qui a rejoint Swansea, et donc Dimitri Payet, qui va découvrir le sud-est de Londres, le club phocéen a perdu trois fers de lance de la saison dernière. Trois cadres. Deux gratuitement. Le meilleur buteur, le meilleur passeur et son footballeur à tout faire : trois pertes exceptionnelles. Deux étaient prévues, pas loin d'être inévitables. La troisième, elle, ressemble à la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Il y a peu, on se demandait si l'OM aurait un entraîneur le 8 août prochain, jour de la première journée du Championnat de France. Aujourd'hui, on a plus de doutes sur les joueurs qui constitueront son effectif. En partant du principe que le départ de Giannelli Imbula est acté, puisque Vincent Labrune - qui a parlé jeudi dans l'Equipe - n'a pas semblé le remettre en cause malgré les 15 millions d'euros venus d'Angleterre, le onze-type de l'Olympique de Marseille ressemble à cela.
Heureusement, Nicolas Nkoulou est encore là. Steve Mandanda aussi. Selon L'Equipe et sauf offre exceptionnelle, le Camerounais ne quittera pas le navire. Le second, lui, n'a pas d'offre.
La jeunesse, un pari permanent
Ce onze n'est pas ridicule. Loin de là. Mais est-il du standing d'un club souhaitant se qualifier pour la Ligue des champions ? Non. Surtout lorsque l'on regarde ce qu'il y a derrière. Le banc est jeune. Beaucoup trop inexpérimenté. L'OM va recruter ? Oui, évidemment. Qui ? Karim Rekik (Manchester City) ou Ngolo Kanté (Caen) sont sur les tablettes phocéennes. Mais la politique de rajeunissement a ses limites. Miser sur des joueurs en devenir, sous-entendu sur lesquels l'OM pourra faire de l'argent à la revente, c'est bien. C'est aussi un pari permanent.
A ce jour, dans l'Hexagone, seules deux écuries du haut de tableau le font bien. De deux manières différentes. Mais les deux ont un point commun : ils s’en sont donné les moyens. Il y a Monaco, qui a développé un réseau sans commune mesure en France et dans le monde. Il y a Lyon, qui a construit pierre par pierre un centre de formation qui porte ses fruits depuis longtemps. L'équipe qui a terminé deuxième du dernier championnat en étant peut-être la plus formidable émanation collective.
A un peu plus d'un mois de la reprise du championnat, l'OM est dos au mur. Et arrive en terre que le club n'a plus connue, sportivement parlant, depuis plus d'une décennie. Si Marseille n'a terminé qu'une fois sur le podium sur les quatre dernières saisons (2012/2013), l'OM n'avait plus quitté les trois premières positions de la L1 entre 2006/2007 et 2010/2011. Epoque dorée. Epoque révolue.
Classement de l'OM en Ligue 1 depuis 2000/2001
| 2000/2001 | 15e |
| 2001/2002 | 9e |
| 2002/2003 | 3e |
| 2003/2004 | 7e |
| 2004/2005 | 5e |
| 2005/2006 | 5e |
| 2006/2007 | 2e |
| 2007/2008 | 3e |
| 2008/2009 | 2e |
| 2009/2010 | 1er |
| 2010/2011 | 2e |
| 2011/2012 (début de la présidence Labrune) | 10e |
| 2012/2013 | 2e |
| 2013/2014 | 6e |
| 2014/2015 | 4e |
L'OM de Vincent Labrune, arrivé aux commandes du club en lieu et place de Jean-Claude Dassier en 2011, présente un bilan décevant. Sportivement parlant, c'est plus que mitigé. On l'a vu. Financièrement, il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus. Cet OM qui s'avance vers la saison 2015/2016 a des faux airs du Marseille du tout début des années 2000, celui qui, sans certitude, réussissait une saison sur deux ou trois, quand la mayonnaise prenait ou qu'un cadeau du ciel (prénommé Didier) choisissait l'OM aux dépens de l'OL. Aujourd’hui, l'espoir repose plus que jamais sur Marcelo Bielsa, dont Marseille attend le retour avec une impatience à peine voilée. Normalement, lui, a décidé de poursuivre l’aventure. Normalement.
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