Après PSG-Dijon : Les sifflets ? "Ce n’était pas contre Neymar, c’était plus un truc pro-Cavani"

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LIGUE 1 - Sifflé par une partie du public du Parc des Princes mercredi face à Dijon (8-0) après avoir tiré le dernier penalty alors que les supporters réclamaient Edinson Cavani, Neymar a quitté la pelouse vexé. Retour sur l’épisode avec des supporters parisiens présents au stade qui n’ont pas hésité à participer à la bronca contre le Brésilien

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Crédit: Eurosport

Le PSG est décidemment un club à part. À part sur le terrain. Dijon, écartelé au Parc des Princes mercredi (8-0), ne dira pas l’inverse. Ce PSG-là est au-dessus, bien trop fort pour le commun des mortels. Mais le PSG est surtout à part en dehors du terrain. Car mercredi, c’est encore une histoire d’égo qui a parasité la soirée parfaite du club parisien.
Et pas n’importe lequel. L’égo de sa superstar, Neymar. La raison ? Ces sifflets tombés des tribunes du Parc des Princes à la 83e minute. Alors qu’Edinson Cavani, déjà buteur, avait l’occasion de devenir le meilleur buteur de l’histoire du PSG en transformant l’essai, le Brésilien s’est saisi du ballon pour s’offrir un quadruplé. Et une petite bronca de la part de son public. "Sur le coup, je l’ai trouvé un peu égoïste" affirme Jordan, 27 ans, adhérent au CUP et supporter de Paris depuis plus de quinze ans qui a participé à la curée.
Lilian, 19 ans et supporter depuis l’arrivée des Qataris, ne dit pas autre chose : "Il avait faim. Après son triplé, il a continué à jouer pour marquer. Du coup, il jouait un peu moins collectif". Mais, quand même, siffler un joueur sur le point de réaliser un quadruplé historique, n’est-ce pas exagéré ? "Honnêtement, sur le moment, tout le stade a crié Cavani. C’est ce qu’il manquait à la soirée. On voulait juste fêter ça avec lui. Ce n’était pas contre Neymar, c’était plus un truc pro-Cavani" détaille-t-il.
Mais, à la réflexion, Lilian comprend que ses sifflets aient pu être mal perçus, même par certains supporters parisiens : "C’est compliqué quand même de le siffler. Même dans ma tribune, c’était partagé. Mais c’est vrai qu’à la réflexion, c’était un peu disproportionné".
Tellement que sur les réseaux sociaux, c’est une mini-guerre numérique intestine entre supporters qui s’est déclarée. La raison est évidente : comment est-ce possible de siffler un joueur qui vient de marquer un quadruplé et qui enchante le Parc depuis son arrivée ? Lilian, encore lui, fait acte de contrition : "On en veut toujours plus. Ça fait un peu enfant gâté. Mais je ne regrette pas, je voulais que Cavani marque".
Pas Jordan. Cet habitué du Parc a connu les affres de la zone de relégation avant de voir les étoiles débouler à Boulogne. Alors joueur le plus cher de l’histoire ou pas, cela ne change rien pour lui. "Neymar le joueur n’était pas visé. C’était plus son attitude. Je comprends qu’il puisse être vexé mais il faut qu’il comprenne les raisons. Il faut remettre les choses dans leur contexte". Encore une fois, c’est davantage l’envie de voir Cavani devenir meilleur buteur de l’histoire du PSG au Parc qui a pris le dessus.
Pour lui, cet épisode aurait dû rester un fait de jeu, rien de plus. Mais la mine énervée du Brésilien au sortir de la pelouse l’a déçu : "C’est un peu dommage de réagir comme ça. Ce n’est pas comme ça qu’il rentrera dans le cœur des supporters. Il aurait pu donner la balle, ça aurait été plus beau. Tout le monde aurait été gagnant".

Un régal pour la presse étrangère

Et, forcément, ce jeudi, toute l’attention médiatique, à tort ou à raison, se focalisait sur l’évènement. Du pain-béni pour la presse étrangère, notamment espagnole, qui se plaît à répéter depuis plusieurs mois que le Brésilien est malheureux à Paris et que le Real souhaite le récupérer dès la saison prochaine. "Ça, c’est sûr, ils doivent être contents" reprend Jordan.
Mais, comme l’explique Lilian, impossible sur le moment de penser aux conséquences d’une simple expression d’un mécontentement : "Sur le moment, on est dans le match, on ne pense pas du tout aux répercussions médiatiques". Jordan confirme : "On ne va pas réfléchir avant de chanter, de sauter ou de siffler en fonction de ce que diront les médias le lendemain…"

Un supporter peut-il siffler ses propres joueurs ?

Il n’empêche, les sifflets de certains ont remis sur le tapis une question presque philosophique pour des supporters : est-il acceptable de siffler ses propres joueurs ? Neymar ou pas d’ailleurs. Sur cette question, Jordan a un avis tranché. "Je me souviens que cette année, Kurzawa ou Di Maria ont été sifflés au Parc. C’est marrant, personne n’a bronché à l’époque. Il n’y a pas eu toutes ces polémiques". Et il n’a pas tort.
C’est aussi parce que Neymar a boudé que la polémique a pris. Une attitude logique de la part du joueur, sûrement déçu d’être sifflé après un match historique de sa part. Mais, là encore, Jordan est inflexible : "Il peut bouder deux ou trois mois, ça ne changera rien. Tant pis pour lui s’il ne comprend pas qu’on voulait juste célébrer avec Cavani".
Finalement, c’est Lilian qui résume le mieux le paradoxe parisien. Logiquement, ce jeudi, on devrait parler de la barre des 100 buts atteinte par le PSG, du record de Cavani ou du 8-0 historique à domicile. "C’est presque dommage qu’on parle plus de ça que du 8-0". Mais c’est aussi ça Paris. Un club décidément à part.
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