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Jean-Michel Aulas (Lyon) : "La question du changement d'entraîneur n'est pas taboue"

Aulas : "La question du changement d'entraîneur n'est pas taboue"

Le 17/03/2018 à 20:31Mis à jour Le 18/03/2018 à 08:44

LIGUE 1 - Pour Eurosport.fr et avant OM-OL, "le match le plus important de la saison pour Lyon", le président des Gones a fait le point sur la situation de son club. Les "excès d'individualisme des joueurs", la situation précaire de Bruno Genesio : JMA n'élude aucune question.

Comment avez-vous vécu l'élimination en Ligue Europa alors que cette compétition était un objectif majeur ?

J-M.A. : C'est une déception, c'est certain. On était lancés après le match aller réussi à Moscou. Bien sûr, on s'était dit qu'il fallait essayer d'aller jusqu'à cette finale à Lyon. Si on était tombés face à l'Atlético ou Arsenal, peut-être que cela nous aurait fait moins mal. Après, ça se joue à peu. Un manque de précision et un excès d'individualisme.

Cette équipe de Lyon n'aime pas le confort et les rencontres supposées plus faciles. Est-ce qu'elle ne manque pas de coups de pied aux fesses ?

J-M.A. : Des coups de pied aux fesses peut-être. C'est certain qu'il faut une remobilisation sur des matches qui apparaissent confortables. On a battu Monaco, Marseille et Paris cette saison mais perdu des matches beaucoup moins difficiles a priori. Comme face à Moscou. Je mets cela sur le compte d'excès d'individualisme. Quand on se présente face au gardien, qu'il y a un partenaire mieux placé et qu'on choisit d'y aller quand même, j'appelle cela de l'individualisme.

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Bruno Genesio est fatalement responsable de tels égarements.

J-M.A. : Tout le monde a sa part mais il est aussi responsable des victoires face à Paris, Marseille et Monaco.

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En l'état, ce match face à l'OM et alors que le podium s'éloigne semaine après semaine pour Lyon semble être désormais le match le plus important de l'année pour vous.

J-M.A. : Dans ce contexte et les éliminations en Coupe de France et en Ligue Europa, il s'agit effectivement du match le plus important de la saison.

Il semble bien difficile d'imaginer que Bruno Genesio puisse rester sur le banc de l'OL en cas de défaite à Marseille après une nouvelle saison sans trophée.

J-M.A. : Ce n'est pas mon avis et jusqu'à preuve du contraire, c'est moi qui commande. J'ai 30 ans de carrière et plus de succès que d'échecs. Bien sûr, nous n'aurons pas de trophées mais les compétitions en France sont particulières puisque l'Etat qatari injecte 300 à 400 millions d'euros d'aide par an dans la gestion d'un club qui confisque, du coup, tous les trophées. La vraie compétition, nous la jouons contre Marseille. En France, il faut éliminer le Qatar et Monaco qui a des règles fiscales spéciales.

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Pour être clair, est-ce que Bruno Genesio sera encore le coach de Lyon la saison prochaine en cas de non qualification pour la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive ?

J-M.A. : Nous ne serons pas en ligne avec nos objectifs initiaux. Quand j'ai le sentiment qu'un changement d'entraîneur peut améliorer l'équipe, je peux le faire. Ce n'est pas une question taboue mais elle se pose à la trêve ou à la fin de saison. Aujourd'hui, la décision n'est pas prise. La qualification en Ligue des champions n'est pas le seul critère. Nous avons par ailleurs raté le quart de finale de Coupe de France à Caen et le 8e de finale de Ligue Europa.

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J-M.A. : La question est prématurée. Bruno a tout ma confiance et on fera les comptes en fin de saison.

Le Groupama Stadium a manifesté son mécontentement, la grogne monte chez les supporters. Comment vivez-vous la défiance qui s'installe autour de votre équipe ?

J-M.A : Je comprends l'impatience de ceux qui veulent être tout en haut mais l'ambition ne peut pas être synonyme de courtermisme.

Est-ce qu'une absence de Ligue des champions l'an prochain vous obligerait à vendre les éléments les plus cotés de votre effectif cet été pour rester à l'équilibre ? On pense notamment à Nabil Fekir.

J-M.A. : Depuis que l'OL a créé sa formidable organisation économique, nos fonds propres sont supérieurs à ceux de la moitié du foot français. En cas de non-qualification pour la Ligue des champions, nous aurons sans doute des opérations à faire mais elles ne concerneront pas forcément Fekir. On a beaucoup de pépites avec notre centre de formation, qui ont une forte valeur marchande. On peut penser à Willem Geubbels par exemple.

Nabil Fekir contre l'Atalanta Bergame en Ligue Europa

Nabil Fekir contre l'Atalanta Bergame en Ligue EuropaGetty Images

Comment vivez-vous justement cet épisode et le refus d'un de vos jeunes les plus prometteurs de prolonger son contrat ?

J-M.A. : Je le vis comme un échec pour tout ce qu'on a fait en matière de formation. S'il fait le choix de partir alors qu'on lui a fait la plus grosse offre jamais proposée à un jeune de notre effectif que ce soit pour Benzema, Tolisso ou Lacazette, alors c'est qu'il prend en compte des éléments extra-sportifs qui faussent le jeu.

Lesquels ?

J-M.A. : Le soleil sans doute...

Aujourd'hui, son avenir est-il scellé ?

J-M.A. : Il est sous contrat jusqu'en juin et son père m'a assuré qu'il ne partirait pas libre. Il y a une chance sur deux qu'il ne prolonge pas avec nous cet été.

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