OL - Pour Bruno Genesio, la goutte d’eau n’est plus très loin

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LIGUE 1 - Dans une spirale de résultats négatifs, l’OL est en situation de crise avant de se déplacer à Montpellier dimanche (17h). Son entraîneur, Bruno Genesio, est au centre des interrogations. Peut-il résister à la crise ? Pas si sûr.

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"J’ai l’impression de répéter les mêmes choses assez souvent". Mais rien ne change. Dans les résultats en tout cas. Jeudi, Bruno Genesio avait la tête des mauvais jours. Comme si le ciel normand lui était tombé sur la tête.
Eliminé en Coupe de France en quart de finale par une équipe de Caen (1-0) largement à sa portée, l’OL a laissé filer une chance de s’offrir une demi-finale bouillante à domicile face au PSG. Et, accessoirement, de remplir l’armoire à trophées, désespérément vide depuis 2012.
Pourtant, il y a encore un mois, l’OL baignait dans la réussite. Une victoire sublime dans le money-time face au PSG justement (2-1) et une qualification en huitième de finale de Coupe de France après sa victoire à Monaco (2-3). Un mois plus tard, le tableau est bien noir.
Depuis sa victoire face au ténor parisien le 21 janvier, Lyon n’a glané que deux petits points en cinq matches de Ligue 1. Face à Lille et face à Saint-Etienne. Après avoir mené. Face à des formations en position délicate. Pas très glorieux. C’est passé en Ligue Europa face à Villarreal mais pas en Coupe de France jeudi. Du coup, Bruno Genesio est de nouveau ciblé : peut-il résister un tel vent de face ?

Une tactique délicate à gérer

C’était son idée l’été dernier. Tout le recrutement lyonnais a été façonné autour de celle-ci : un bloc bas et des joueurs explosifs en contre. Quand il y a de l’espace, l’OL est redoutable. Impossible de le nier. D’ailleurs, si Lyon s’en sort aussi bien dans les grands matches, face aux grosses cylindrées, ce n’est pas un hasard. C’est ici tout le mérite tactique de Bruno Genesio qui souhaitait ajouter une corde à l’arc lyonnais.
Problème, en privilégiant cette configuration, le coach lyonnais a empêché son groupe de progresser en attaque placée. Face aux "petites équipes", l’OL galère. Franchement. Sans ADN collectif fort, il compte sur ses individualités pour faire des différences. Quand Fekir a marché sur l’eau, les hommes de Genesio ont réussi à avancer. Mais, quand il bute sur des défenses désormais averties, les choses se compliquent.
Pendant un temps, l’apport d’Houssem Aouar ou de Tanguy Ndombélé ont permis à l’OL de progresser dans le jeu court et les combinaisons. Mais ce n’est clairement pas suffisant. Surtout pour un club où le beau jeu a longtemps été prôné.

Un coaching défaillant

Tout un symbole. 69e minute du bouillant derby face à Saint-Etienne. Nabil Fekir se blesse. Alors que Bruno Genesio a deux options offensives sur le banc en la personne de Maxwel Cornet et Myziane Maolida. Mais c’est Mouctar Diakhaby qui est choisi. L’OL passe à cinq derrière. Forcément, il recule. Et finit par encaisser un but en fin de match.
Ce n’est pas la première fois que le coach lyonnais n’arrive pas à influer sur le cours du match. A Monaco, à dix contre onze, il n’avait pas su prendre le match à son compte et avait vu son équipe se liquéfier. À Lille, alors que son OL perdait clairement la main sur le match, il avait attendu la 79e minute pour opérer son premier changement offensif. Perdant qui plus est. Cette saison, l’OL a perdu des points précieux après avoir mené. Le coaching, s’il ne fait pas gagner, doit au moins permettre de tenir des résultats. Une qualité que cet OL 2017-2018 ne possède pas.

Un meneur d’hommes en cause

C’était tellement inattendu que cela est devenu un coup de maître. Fin septembre, c’est un Bruno Genesio cassant qui annonce la mise à l’écart de Memphis Depay du groupe lyonnais pour la réception de l’Atalanta Bergame. Conséquence : piqué au vif, le Néerlandais flambe complètement par la suite avec notamment cinq buts en cinq matches de championnat. En lançant complètement Houssem Aouar dans la rotation, il avait réussi à recadrer et relancer un joueur dont il attendait plus. Voilà pour le bon point.
Pour le reste… A longueur de conférence de presse, Genesio met en causes ses joueurs. Manque d’humilité, manque d’investissement et individualisme. Voilà pour le tableau général. Mais ses prises de position ne changent pas grand-chose. Sa gueulante après le nul concédé face au LOSC (2-2) n’a vraisemblablement pas eu l’effet escompté.
"J’ai l’impression de répéter les mêmes choses assez souvent". A elle seule, cette déclaration dit tout. Sûrement dépassé par des attitudes qu’il ne comprend pas, il ne semble pas dégager une autorité à la hauteur des attentes lyonnaises. Oui, Bruno Genesio est respecté par beaucoup au sein de l’instiution lyonnaise. Mais est-il craint par ses joueurs ? Vraiment pas sûr.

Une culture de l’excuse

C’est ici une technique de communication comme une autre, adoptée par d’autres avant lui. Il n’empêche, face à la tempête, Genesio prend rarement la foudre. Si certains coachs voire présidents font le choix de faire paratonnerre, l’entraîneur lyonnais a choisi une autre méthode. Se dédouaner.
D’abord, c’est le calendrier qui est mis en cause. Calendrier pourtant similaire à l’OM par exemple qui joue la Ligue Europa et a les mêmes objectifs. Puis, ce sont les arbitres, coupables de ne pas assez protéger Nabil Fekir par exemple. Puis, les joueurs ou, grand classique, le manque d’efficacité. Un panorama très complet mais qui n’englobe jamais sa propre responsabilité.

Des objectifs non tenus ?

Pourtant, il faudra bien y penser à un moment. Car, désormais, Bruno Genesio est sur un fil. Même si Jean-Michel Aulas a constamment pris la défense de son entraîneur depuis plusieurs mois, difficile de reconduire un homme qui ne tient pas les objectifs du club : une place en Ligue des champions ou un grand parcours en Ligue Europa.
Pour le premier objectif cité, cela commence à devenir compliqué. Sauf effondrement de Monaco ou de l’OM dans la dernière ligne droite, le podium sera difficile à aller chercher. Dès lors, seul un parcours d’envergure en Ligue Europa pourrait sauver la tête de l’entraîneur lyonnais. Mais entre Arsenal ou encore l’Atlético, les favoris sont nombreux. Et l’OL n’en fait pas partie, même si la finale, qui se disputera au Groupama Stadium, sera dans toutes les têtes.
"C'est le président qui décidera en fin de saison. Si on atteint les objectifs, ce sera plus facile pour lui et moi de continuer. Quand tout allait bien, je ne pensais pas à l'an prochain", a précisé Genesio après la défaite à Caen. "Quand tout allait bien"…
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