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L'antisèche : l'humiliation parisienne ne coûte rien, mais aura-t-elle un impact ?

L'antisèche : l'humiliation parisienne ne coûte rien, mais aura-t-elle un impact ?

Le 15/04/2019 à 00:33Mis à jour Le 15/04/2019 à 08:22

LIGUE 1 - Humilié comme rarement en championnat, le PSG est tombé, dimanche, sur une équipe lilloise survoltée (5-1). Loin de fêter son futur titre dans le Nord, le club parisien a livré une prestation indigente. Une sorte de complication des lacunes qui ont émaillé sa saison. Notre antisèche.

Le jeu

Le PSG version Qatar n’avait jamais connu ça en Ligue 1. Encaisser cinq buts, subir les vagues adverses, ressembler à une équipe très fébrile…, ce Paris n’avait rien d’un champion dimanche soir, ni même d’un club qui regarde de haut le reste de la "concurrence". Dans un Stade Pierre-Mauroy chauffé à bloc, les Lillois leur ont, il faut l’écrire, opposé un football offensif de haute volée, multipliant les contre-attaques parfaitement exécutées.

Privé de quatre cadres avant le début du match, puis de trois autres lors de la première période, le leader du classement n’a pas su répondre. Il n’a, en fait, jamais montré le moindre caractère et a affiché des lacunes défensives plutôt surprenantes à ce niveau. Etouffés par le pressing haut des Nordistes en fin de match, Presnel Kimpembe et les siens ont probablement livré la prestation la plus indigente de leur saison sur la scène nationale.

Friction entre Marco Verratti et Jonatham Bamba lors de Lille - PSG (5-1) en Ligue 1.

Friction entre Marco Verratti et Jonatham Bamba lors de Lille - PSG (5-1) en Ligue 1.Getty Images

Les joueurs

Si Kylian Mbappé s’est démené sur le front de l’attaque parisienne, signant notamment une sublime passe décisive pour Juan Bernat, l’attaquant tricolore a été bien trop seul pour rivaliser avec le trio de feu des Lillois. Jonathan Bamba (un but), Jonathan Ikoné (deux passes) et Nicolas Pépé (deux passes et un but) ont rappelé pourquoi Lille est si efficace offensivement cette saison, mêlant vitesse, puissance et complicité.

A l’inverse, la défense parisienne a totalement sombré. Bernat, rapidement exclu (36e) pour avoir justement accroché la fusée Pépé, a rendu la tâche parisienne plus compliquée encore, tandis qu’Alphonse Areola, Presnel Kimpembe et Thilo Kehrer ont vécu une soirée cauchemardesque. Et que dire de Thomas Meunier, de retour dans le onze pendant 24 minutes, le temps d’inscrire un but contre son camp et de se blesser tout seul. Invraisemblable.

Nicolas Pépé a délivré deux passes sur coups de pied arrêtés dimanche lors de Lille - PSG (5-1).

Nicolas Pépé a délivré deux passes sur coups de pied arrêtés dimanche lors de Lille - PSG (5-1).Getty Images

Le facteur X

Avec un scénario aussi fou, ce Lille-PSG regorge de facteur X, ces événements qui sonnent comme des instants déterminants. On pense à ce but contre son camp de Meunier, ces deux buts (logiquement) refusés à Mbappé, les deux blessures cruelles de Thiago Silva et… Meunier ou encore au carton rouge adressé à Bernat. Le tout en moins d’une période. Mais c’est ce raté de Thilo Kehrer en début de seconde période qui a attiré notre attention. Alors que le score était de 1-1 (et que le PSG était déjà à dix), celui qui a remplacé Silva a eu l’occasion de mettre le PSG devant pour la première fois du match. Problème, sa reprise de la tête à bout portant est passée à quelques millimètres du but de Mike Maignan (49e). Dans la foulée, Lille a passé un cinglant 4-0.

La stat’

19 - Comme le nombre d’années qui ont séparé les deux matches de championnat lors desquels le PSG a encaissé cinq buts. La dernière fois, avant ce fiasco lillois, c’était donc le 2 décembre 2000 à Sedan (5-1), avec un triplé de Pius N’Diéfi et deux buts de Moussa N’Diaye et Cédric Mionnet. Cette défaite avait condamné Philippe Bergeroo, l'entraîneur parisien de l'époque.

Le tweet qui montre la frustration des Parisiens

La décla

Thomas Tuchel, sur Canal +, au sujet des problèmes d’effectif du PSG cette saison : "Oui, on manque de joueurs ! Adrien Rabiot ! Lassana Diarra ! On manque de beaucoup de joueurs et tout le monde dit que c’est normal parce qu’on gagne. Evoquer le problème avec le président ? Oui, bien sûr que je vais le faire !"

La question : cette humiliation peut-elle réveiller les consciences parisiennes ?

Huit, voilà un autre chiffre avancé dimanche soir sur Canal +. Huit, c’est le nombre de fois où Thomas Tuchel n’a pas présenté une feuille de match "complète" de 18 joueurs, en 31 rencontres de Ligue 1 cette saison. La statistique apparaitrait surprenante pour n’importe quel club de championnat, elle devient hallucinante pour un club aussi riche que le PSG. Comment une entité si puissante a pu sembler autant de fois "démunie" cette saison ?

Si l’entraîneur allemand des Rouge et Bleu désirait faire passer un message à sa direction, en pointant du doigt le travail d’Antero Henrique, ces deux "désillusions" contre Strasbourg (2-2) et Lille (5-1) qui ont décalé le sacre du PSG ne pouvaient pas mieux tomber. Reste à savoir si elles changeront réellement la donne à Paris, concernant l’avenir du directeur sportif précité ou la stratégie de recrutement de ces dernières années.

Le problème, pour Paris et pour Tuchel, c’est que ce report des festivités en rappelle un autre : Daniel Alves et consorts semblent toujours autant en difficulté lorsqu’il faut affronter des vents contraires. Les interrogations concernant une éventuelle prise de conscience parisienne existent également dans ce domaine…

Kylian Mbappé dépité après la lourde défaite du PSG devant Lille (5-1).

Kylian Mbappé dépité après la lourde défaite du PSG devant Lille (5-1).Eurosport

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