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Tuchel, un management sans concession… mais pas sans conséquences ?

Tuchel, un management sans concession… mais pas sans conséquences ?

Le 04/12/2018 à 22:13

LIGUE 1 - Avec sa gestion des cas Edinson Cavani et Adrien Rabiot, Thomas Tuchel affiche son style de management. Sans concession. Reste à savoir si cela ne provoquera pas quelques vagues à moyen terme alors que le milieu de terrain formé au club semble d'ores et déjà se diriger vers un départ l'été prochain.

Dans le football comme en amour, il y a les mots et les faits. Et encore, les signes d'affection ne veulent pas tout dire. Surtout avec Thomas Tuchel. S'il est un adepte du "happy management", l'entraîneur allemand n'est pas à Paris pour se faire que des amis. Alors qu'Unai Emery (2016-2018) et Laurent Blanc (2013-2016) ont parfois été critiqués par le passé pour leur manque d'autorité sur le vestiaire parisien, le management de l'Allemand est ainsi fait de décisions franches et symboliques. Qui ne seront peut-être pas sans certaines répercussions.

Dès son arrivée dans la capitale, son caractère bien trempé était déjà connu. Il n'est pas le genre de technicien à faire des concessions. Ou à effectuer certains choix pour ne pas froisser ses protégés. Depuis quelques semaines, c'est assez flagrant. Bien sûr, il y a quelques exceptions. En toute logique : une star planétaire ne se gère pas comme le commun des footballeurs. "Les joueurs spéciaux doivent être traités spécialement", a ainsi glissé l'Allemand en parlant de Neymar. Mais pour le reste, il ne s'arrête pas au CV ou à certaines situations particulières.

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Rabiot, la rupture consommée ?

Des cadres supposés ont ainsi déjà pu "apprécier" ce changement de management à Paris. Rappelez-vous contre Marseille, Tuchel n'avait pas hésité à se passer de Kylian Mbappé et Adrien Rabiot en raison d'un retard manifeste à la causerie d'avant-match. Et depuis, le jeune milieu de terrain français, absent le week-end dernier pour des raisons personnelles, n'est plus vraiment dans les petits papiers de l’Allemand, qui ne cessait pourtant de louer ses qualités lors de ses premières semaines à Paris.

Remplaçant contre Lille, laissé sur le banc à Naples, Rabiot a dû se contenter de cinq petites minutes face à Liverpool, un match déterminant pour Paris et très attendu par les joueurs. Forcément, cela ne plait pas au caractériel international tricolore. Ce mardi, L'Equipe a d'ailleurs évoqué une envie qui se dessine dans clan Rabiot : le milieu, formé au club, serait de plus en plus enclin à quitter le navire parisien l'été prochain quand il sera libre de tout contrat. Cela ne surprendra pas grand monde à Paris même si l'Allemand a tenté de nuancer sa position en conférence de presse mardi. Le longiligne gaucher devrait d'ailleurs débuter titulaire.

Vidéo - Tuchel l'assure, la mise à l'écart de Rabiot est uniquement "une décision sportive"

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Le collectif avant les individualités

Edinson Cavani serait aussi bien placé pour témoigner du management version main de fer de Tuchel. Avec l'ancien technicien de Dortmund, le serial-buteur uruguayen n'a pas le droit à un traitement privilégié. Qu'importe son statut de meilleur buteur de l'histoir du PSG ou son envie de gonfler ses statistiques, il sort régulièrement, notamment lors des chocs de Ligue des champions. Et a dû se contenter d'un rôle de remplaçant à Naples (1-1). Le week-end dernier, il est même resté sur le banc contre Bordeaux, voyant Eric Maxim Choupo-Moting lui passer devant dans la rotation. Tuchel s'est justifié en expliquant qu'il voulait faire souffler l'Uruguayen. Mais le Matador, compétiteur dans l'âme, n’a jamais été friand de repos pour assouvir sa soif de buts.

A force, des crispations peuvent voir le jour. Mais ce possible agacement de ses cadres ne semble pas traumatiser Tuchel, qui n'a visiblement aucun état d'âme à se passer de certaines individualités. Avec lui, le collectif passe avant tout. Or, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Il le démontre avec Cavani et Rabiot. Tuchel, qui aura d'autres choix forts à faire avec Gianluigi Buffon et Alphonse Areola quand les matches qui comptent vont arriver, affirme à travers eux sa prise de pouvoir sur l’effectif parisien. Et impose sa manière de voir ou de gérer son groupe. Reste à savoir quelles seront les suites à court et moyen terme. Et si Paris y trouvera son compte.

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