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Vieira, bouts de ficelles pour grosses attentes

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Patrick Vieira

Crédit: Getty Images

ParCyril Morin
18/10/2019 à 10:47 | Mis à jour 18/10/2019 à 10:47
@cyrilmourinho

LIGUE 1 - Avant de recevoir le PSG vendredi en ouverture de la 10e journée (20h45), Patrick Vieira est déjà à un tournant de sa jeune carrière d’entraîneur. Très convaincant jusque-là avec un effectif limité, il aborde sa deuxième saison niçoise avec plus d’ambitions mais aussi plus de munitions. De quoi susciter de vraies attentes, légitimes au vu de son CV.

Il est entré dans les mémoires collectives par la grande porte. 12 juillet 1998. Sans contrôle, Patrick Vieira envoie d’une passe Emmanuel Petit au paradis. Et la France avec. A 22 ans, il est déjà dans les livres d’histoire du sport français alors que son rôle sur le terrain aura été limité lors de ce Mondial à domicile. Laurent Blanc, Didier Deschamps, Thierry Henry ou Zinédine Zidane prennent la lumière. Déjà.

Vingt-et-un ans après, les choses n’ont pas tant changé que cela. Ces quatre-là sont devenus entraîneurs. Là encore, ils ont capté toute l’attention médiatique. Par leurs succès, nombreux. Par un échec aussi, presque plus retentissant - Monaco ne dira pas l’inverse. Dans ce panorama-là, Vieira est à la marge. Encore. Mais plus pour longtemps.

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Car à l’inverse de ses anciens coéquipiers qui ont souvent enjambé les obstacles pour débarquer au plus vite sur les bancs d’Europe, Vieira a voulu faire les choses dans l’ordre. La réserve de Manchester City pour commencer, New York City, franchise star en MLS, ensuite. Avant de débarquer à Nice. Dans un club en pleine mutation où ses débuts auront été agités.

Moins d’un but par match

Allan Saint-Maximin, Ignatius Ganago, Ihsan Sacko, Myziane Maolida, Lamine Diaby et Maxime Pelican : évoquer l’OGC Nice de Patrick Vieira version 2018-2019, c’est d’abord contempler un désert offensif. Beaucoup de jeunes, quelques grands talents mais aucun buteur confirmé. Et ce n’est pas un Mario Balotelli en crise et démobilisé pendant la première partie de saison qui aura changé quoique ce soit. La conséquence est évidente : 18e attaque de Ligue 1 avec moins d’un but marqué par match.

Et pourtant, Vieira a fait des miracles avec des bouts de ficelle. En atteste cette 7e place finale, marquée du sceau de la solidité défensive. So Ligue 1 ? Ce serait faire un faux procès au coach azuréen. Privé d’armes offensives suffisantes, le technicien français a fait avec les moyens du bord. Et a même réussi, au passage, à faire de certains de ses joueurs des attractions du championnat. Youcef Atal, Walter Benitez ou Malang Sarr ont éclos sous ses conseils.

C’est aussi ça la patte Vieira. Sans doute marqué par son expérience personnelle qui l’aura vu débarquer au grand AC Milan dès ses 19 ans sans beaucoup jouer, "Pat" n’a pas peur de lancer des jeunes. Autant une nécessité économique dû au modèle niçois qu’une philosophie. En s’appuyant sur les bases tactiques laissées par Lucien Favre, il a continué le travail en instaurant un dialogue quasi-constant et en mettant systématiquement en avant le groupe plutôt que le joueur. La séquence de sa discussion pleine de pédagogie et de sincérité avec Mario Balotelli, captée par Intérieur Sport en début de saison dernière, est d’ailleurs symbolique de son mode de management.

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Jeu politique et mercato

C’est finalement loin du vestiaire et des terrains que Vieira a dû le plus apprendre la saison passée. Dans un club niçois qui a connu un rachat animé mais surtout tardif, il a dû faire de la politique et faire preuve d’une petite langue de bois au moment d’évoquer les atermoiements de sa direction. Si Jean-Pierre Rivère avait été à l’origine de sa venue, il a finalement dû composer avec Gauthier Ganaye, 31 ans, pour composer l’effectif de la saison actuelle. Avant qu’Ineos ne finisse par faire main basse sur le club, retardant encore le mercato des Aiglons.

Dans ce contexte, Vieira est resté dans son rôle, a émis ses doutes, légitimes, publiquement quand il le fallait avant de finalement connaître une dernière ligne droite de folie sur le mercato. Avec Kasper Dolberg, Adam Ounas, l’espoir Alexis Claude-Maurice, Stanley Nsoki et Hichem Boudaoui, il a vu ses Aiglons se remplumer à vitesse express. De quoi créer des attentes légitimes. Car cette saison, l’excuse d’un effectif trop court ne tiendra pas.

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Ça tombe bien, Vieira n’a pas l’intention de se cacher. Oui, son Nice manque encore "de caractère" selon ses propres termes. Oui, son équipe patine depuis la clôture du mercato (5 matches pour une petite victoire). Mais l’ancien patron des Bleus vise quand même plus haut. Pour ses Aiglons, mais aussi pour lui.

Son nom a circulé à l’OL où sa cote est élevée. Et ce n’est pas sa dernière sortie médiatique qui calmera les éventuels clubs intéressés. Interrogé par son ancien comparse Christophe Dugarry sur RMC, Vieira a affirmé faire "ce métier pour être un jour l'entraîneur d'une équipe qui participe à la Champions League." "Ou une équipe qui participe à une Coupe du monde...", l’a relancé Duga. "Exactement"…

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