L'exigence, le modèle, Aulas, Juninho : ce qu'il reste du grand Lyon des années 2000

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LIGUE 1 – Si l'Olympique Lyonnais n'est, sportivement, plus à la hauteur des résultats qu'il a décrochés lors de la première décennie des années 2000, le club vit encore, aujourd'hui, à travers un héritage laissé par la bande à Juninho.

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Crédit: Eurosport

Il fut un temps, pas si lointain, où Lyon était une machine de guerre. Ceux qui ont la mémoire courte, ou qui sont tout simplement trop jeunes pour en avoir les pleins souvenirs ont pu revivre, sur notre site, tout au long de la semaine, la grande épopée lyonnaise de la première décennie des années 2000.
Notre goût presque génétique pour la périodisation a fini par nous faire admettre que ce temps-là était révolu. "C'est une histoire de cycles, nous a justement confié François Clerc lorsqu'on l'a interrogé sur les raisons du déclin du grand OL. L'adversité devient plus forte, il y a des joueurs qui vieillissent, d'autres qui partent. Et le renouvellement, parfois, n'apporte pas tout ce que tu voudrais."
Mais en 2020, ne reste-t-il vraiment plus rien des années fastes du club rhodanien ? Détrompez-vous. La bande à Juninho a bel et bien laissé un héritage. A vrai dire, il est beaucoup moins perceptible sur le terrain qu'en dehors puisqu'il est, en grande partie, entretenu par les supporters. Certains évènements, plus ou moins récents, ont permis de le mettre en exergue. Et si l'on devait le décrire en un mot, "exigence" serait le bon.

Supporters biberonnés aux succès et obligation de résultat

Les accomplissements de la machine lyonnaise d'hier ont profondément influencé les supporters d'aujourd'hui. Il n'y a rien de surprenant à cela : près d'un tiers d'entre eux ont entre 25 et 34 ans. Ceux-là ont vécu la grande histoire de l'OL alors qu'ils étaient relativement jeunes. Leurs premiers grands souvenirs se sont construits autour de sept titres consécutifs de champion de France, de Trophées des champions, de Coupe de France et de Coupe de la Ligue, ainsi que de joutes européennes.
Il est évidemment difficile – voire impossible – de quantifier le lien de cause à effet. Mais il y a, très certainement, une relation entre ce passif et l'appréciation des résultats actuels par les supporters lyonnais. Entre Rhône et Saône, on ne se contente plus de podiums de Ligue 1 alors que certains rivaux comme Marseille, Monaco ou Saint-Etienne se réjouiraient volontiers de qualifications régulières pour la Ligue des champions. Aucun de ces trois clubs n'a quelque chose à envier au palmarès de l'OL mais, puisque leurs grandes heures sont plus lointaines, l'exigence a fini par se tarir.
A Lyon, elle porte non seulement sur les résultats, mais aussi sur la philosophie. Si vous en doutez, rappelez-vous de l'énorme engouement qu'avait suscité le retour de Juninho, alors qu'il n'y avait, à l'époque, aucune certitude concernant ses compétences de directeur sportif. Ou alors, souvenez-vous du mandat de Bruno Genesio à la tête de l'équipe. Le technicien n'avait chuté du podium qu'à une seule reprise en quatre ans (pour une quatrième place) mais il a quitté le club sous la pression d'un peuple insatisfait du jeu prôné et produit. Jean-Michel Aulas, lui, avait longtemps défendu son bilan.

Aulas : l'origine, l'héritage et le passage de relais

Ces dernières années, le président rhodanien s'est lui-même attaqué à cette exigence. "La génération qui a vu Lyon triompher sait que concurrencer le PSG, c’est se mettre en danger pour le futur. Mais évidemment, tout est possible sur les jeux vidéos et les réseaux sociaux", nous confiait-il en décembre dernier.
C'est une forme de paradoxe : Aulas est évidemment à l'origine de cet héritage, puisqu'il a construit ce club et sa grande époque de toutes pièces. Aujourd'hui, et jusqu'à preuve du contraire, il en est même le garant. Sur les succès des années 2000, il a bâti un modèle. Celui d'un club à la fois propriétaire de son stade - dont le projet est né en 2007 - en bonne santé économique, et reconnu sportivement. Mieux, il a déjà imaginé un avenir dans lequel il cèdera définitivement les clés du camion à Juninho qui a incarné, plus que n'importe qui, la machine rhodanienne.
Certes, il manquera toujours un maillon essentiel de la chaîne tant que l'OL ne retrouvera pas les sommets qu'il a tutoyés entre 2002 et 2008. Mais tout ce qui a découlé de ces quêtes-là compte encore aujourd'hui, qui plus est en plein cœur d'une crise sans précédent pour le foot français. Quand elle sera passée, il sera de nouveau temps de préparer le passage de relais, pour faire perdurer l'héritage.
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