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L'OL s’en lèche déjà les babines : Rayan Cherki, frissons garantis
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Publié 25/10/2019 à 00:35 GMT+2
LIGUE 1 - Entré en jeu face à Dijon le week-end passé (0-0), Rayan Cherki est la seule éclaircie dans la grisaille lyonnaise actuelle. A 16 ans, le prodige lyonnais suscite des attentes aussi démesurées que justifiées. Mais surtout logiques au vu de son immense talent.
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Un murmure. Du genre de ceux qui précèdent des instants particuliers. Puis une ovation. Du genre de celles qui marquent une carrière. A première vue, le Groupama Stadium a de quoi très vite oublier cet OL-Dijon indigeste de samedi dernier (0-0). C’était la première de Rudi Garcia sur le banc lyonnais ? C’était surtout les débuts professionnels de Rayan Cherki vous répondront les supporters rhodaniens.
On ne vous refera pas la longue litanie sur la formation lyonnaise et la liste, longue comme le bras, des phénomènes sortis par l’OL ces dernières années. On ne soulignera pas, non plus, comment les jeunes pousses lyonnaises, à commencer par Maxence Caqueret et Amine Gouiri cette saison, ont progressivement laissé la place à de jeunes Français à fort potentiel de revente, privant de fait Lyon d’une partie de son ADN historique.
Surclassé systématique
Mais Cherki, c’est autre chose. Déjà. À 16 ans, il est devenu le week-end dernier le premier joueur né en 2003 à fouler les pelouses en L1. Le deuxième, seulement, dans les cinq grands championnats européens. Mais commencer tôt ne garantit pas de s’installer durablement. L’OL en est conscient. C’est donc prudemment qu’il a accompagné sa pépite. Mais la prudence a vite été rangée au placard face à un tel phénomène.
Par où commencer ? Peut-être par le mot qui revient le plus quand il s’agit de parler de lui. Comme un crack français sévissant au PSG, Cherki n’a qu’une obsession : le jeu. Avant d’être un joueur, le mot est important ici, c’est surtout un passionné, un amoureux du ballon et de ses évolutions. Un artiste qui ne vit que par la gonfle et les mouvements qui gravitent autour.
Un obsédé donc mais surtout un surclassé. C’est aussi ça Cherki. Un prodige systématiquement mis dans la catégorie du dessus pour progresser plus vite. Pour être plus vite confronté à l’adversité aussi. Normalement, le jeune Rayan devrait être membre des U17 lyonnais cette saison. Au lieu de cela, il s’entraîne avec les pros depuis l’arrivée de Rudi Garcia après un été déjà passé à leurs côtés. Et lorsqu’il "redescend", c’est indécent. En Youth League, mercredi, la pépite s’est signalée par un doublé. Portant son total à 4 buts en 3 matches. Pas de quoi calmer les attentes.
A Lyon, vous ne trouverez personne pour dire du mal de lui. Du côté de l’académie, on a rarement vu ça. Plus que les stats, c’est l’impression de facilité laissée par le gamin qui laisse tout le monde baba. "Rayan crée sans cesse des gestes. On ne sait jamais ce qu’il va faire quand il reçoit le ballon. A partir du moment où c’est efficace, pourquoi s’en priver ?",reconnaissait ainsi Pierre Chavrondier, son entraîneur en U17 (qu’il a rejoint à 14 ans, évidemment).
Cherki, c’est du dribble, de l’élimination et des gestes qui attirent l’œil plus que de raison. Preuve qu’à Lyon, on continue de bien former, il a réussi à gommer quelques scories de son jeu pour gagner en efficacité. Son aisance technique s’accompagne aussi d’une dextérité des deux pieds improbable. Cherki marque souvent du gauche. Mais frappe parfois ses coups francs du droit. "Même moi, je ne sais pas si je suis gaucher ou droitier", rigolait-il récemment sur Twitter.
Le numéro 18 lyonnais, arrivé de Saint-Priest (tiens, ça vous rappelle quelqu’un ?), ne semble pas connaître lui-même ses limites. Déjà a-t-il fixé son poste de prédilection : derrière l’avant-centre, en attaquant de rupture (vraiment, ça ne vous rappelle pas un joueur qui a quitté l’OL l’été dernier ?). Alors, dans ces cas-là, c’est souvent le bingo des comparaisons qui se met en place. Dans Téléfoot en septembre dernier, Bruno Genesio le rapprochait d’Hatem Ben Arfa. Certains l’estiment déjà plus fort.
United avait mis… 10 millions sur la table !
En faisant autant de bruit, impossible de cacher sa pépite. Ce fut d’ailleurs l’une des réussites majeures du mercato lyonnais : réussir à lui faire signer son premier contrat pro dans son club formateur. Jean-Michel Aulas, face à la concurrence, s’est même personnellement impliqué, chose rare pour un joueur venu de l’académie. Le 7 juillet dernier était donc un jour de fête à l’OL.
Pourtant, comme l’a révèlé RMC, un jour plus tôt, Manchester United faisait des pieds et des mains en coulisses pour le convaincre de signer avec les Red Devils. Avec un argument choc : un chèque de dix millions d’euros. Pour un gamin de seize ans, faut-il le rappeler. Finalement, Lyon, son "club de cœur", a eu le dernier mot. Et il risque de s’en féliciter pendant longtemps.
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