Le défi était grand pour Valentin Rongier. Et il l'a relevé. Débarquer dans un club à l’issue d’un feuilleton et après quatre matches de championnat n’est déjà pas idéal. Quand c’est à l’OM, où le contexte est, indépendamment de cela, particulier et la pression constante, s’imposer devient d’autant plus difficile. C’est ce qu’a réussi l’ancien-Nantais, devenu en moins de trois mois un membre indiscutable du onze de départ d’André Villas-Boas. Avant la réception de Brest ce vendredi (20h45) en ouverture de la 15e journée, Rongier reste ainsi sur sept titularisations en Ligue 1.
Pourtant, le technicien portugais de l’OM a d’abord cantonné Rongier au banc. "A son arrivée (en qualité de joker alors que le mercato était clos depuis la veille, ndlr), on sortait d’une victoire face à Saint-Etienne et j’ai maintenu ma confiance en mon milieu pour le déplacement à Monaco", s’en expliquait-il fin septembre. Bis repetita face à Montpellier après le succès des Phocéens à Louis II (3-4).
Puis, alors que Rongier pouvait peut-être avoir, enfin, sa chance… "Je lui ai expliqué qu’en conséquences de la quantité de changements due aux expulsions (de Dimitri Payet et Boubacar Kamara face au MHSC, ndlr) et aux blessures, je préférais reconduire mon milieu à Dijon" a argumenté Villas-Boas. Bilan après trois rencontres de Ligue 1 pour Rongier avec Marseille : trois bouts de match.
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Valentin Rongier sous le maillot de l'OM, le 21 septembre 2019 contre Montpellier.

Crédit: Getty Images

Avec Rongier titulaire, l’OM est passé de 6e à 2e

Mais "Rongier (a) attend(u) son opportunité avec une énorme dignité", d’après son coach. Et il a su saisir sa chance. Depuis sa première titularisation dans l’entrejeu olympien, avec Morgan Sanson et Kevin Strootman face à Rennes le 29 septembre (1-1), il n’a plus raté une seule minute en L1. Et sur la période, l’OM est passé de la sixième place au fauteuil de dauphin du PSG. La densité du championnat rend ce rang peu pérenne, mais l’installation de Rongier dans le onze n’est pas anodine dans la bonne passe marseillaise, même si Payet attire bien plus de lumière en ce moment.
Ne cherchez pas son impact dans les statistiques offensives les plus usitées : pas de but, ni de passe décisive. Mais le liant que Rongier apporte au jeu phocéen est précieux, tout comme ses qualités à la récupération. Avant le dernier match de l’OM, remporté à Toulouse (0-2), le relayeur de 24 ans était le milieu de terrain marseillais le plus efficace dans ce domaine depuis son arrivée, avec 6,1 ballons récupérés par rencontre. Et il en a encore gratté six.

Valentin Rongier (OM) au duel avec Lionel Carole (Strasbourg)

Crédit: Getty Images

Option offerte et perspectives

Sur les sept matches qu’il vient d’enchaîner, Valentin Rongier est le seul membre à temps plein du triangle à pointe basse au cœur du 4-3-3 instauré par André Villas-Boas, qui le considère "parfaitement placé dans ce système". Kevin Strootman, Boubacar Kamara, Morgan Sanson et Maxime Lopez se disputent les deux places restantes. Ou jouent ailleurs. C’est souvent le cas de Kamara, dont le poste préférentiel est défenseur central. C'est aussi celui de Lopez, depuis deux matches. Le jeune joueur du cru (21 ans) évolue plus haut, et avec un certain succès. Est-ce que cela va durer ? L'intégration réussie de Rongier permet en tout cas de l'envisager.
Ex-capitaine des Canaris, Rongier reste loin d'avoir un statut similaire à l'OM, même s'il est déjà un rouage essentiel du dispositif de Villas-Boas. "Il gagne de l’importance petit à petit", s’est satisfait son entraîneur ce mercredi en conférence de presse. Si son influence dans le jeu croît, le poids de sa parole va en faire de même. Pour l'instant, sa communication est lisse, sans fausse note. Dimanche, Rongier a ainsi salué "la ferveur" du public marseillais, "partout où (il) se déplace", quelques semaines après s'être prudemment aventuré sur le volet sportif, estimant que son équipe devait "tuer le(s) match(es) plus rapidement."
Brillamment passé, le test de l'adaptation n'est qu'une étape. Arrivé contre la somme de 13 millions d'euros (hors-bonus) et sous contrat jusqu'en 2024, Rongier risque d'être de plus en plus scruté face aux micros, tout comme attendu dans le secteur du leadership et de l'incarnation de l'avenir olympien. Il a lutté pour se voir conférer de telles responsabilités, à lui de les assumer.

André Villas-Boas et Valentin Rongier (OM) en discussion

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