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C'est l'histoire d'un couple au bord de la rupture qui se confine ensemble…

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André Villas-Boas et Jacques-Henri Eyraud fin mai 2019, quand tout allait encore bien...

Crédit: Getty Images

ParCyril Morin
26/05/2020 à 07:41 | Mis à jour 26/05/2020 à 16:11
@cyrilmourinho

LIGUE 1 - Lundi, André Villas-Boas a confirmé rester à l’OM pour la saison à venir, poussé par le soutien de son vestiaire et sans doute rassuré par Franck McCourt sur la capacité du club à disposer d’un effectif solide. Dans l’équation, la relation avec Jacques-Henri Eyraud, qui a réussi à gagner du pouvoir dans l’affaire, risque d’être une épée de Damoclès au-dessus de la saison marseillaise.

Vous avez adoré lire le récit de ces couples en difficulté qui se sont résignés à partager le confinement sous le même toit ? Alors, vous risquez d’apprécier la saison de l’Olympique de Marseille. Car André Villas-Boas et Jacques-Henri Eyraud ont décidé de prolonger le plaisir. Plus question d’un appartement. Cette saison, c’est au sein du même club qu’ils vont devoir vivre ensemble. Une sorte de cohabitation forcée qui ressemble à une menace constante au-dessus de l’ambition sportive de l’OM.

Commençons par une évidence : oui, la décision d’André Villas-Boas de rester dans le costume d’entraîneur la saison prochaine est une excellente nouvelle. Le Portugais est le vrai artisan du renouveau marseillais : sans Florian Thauvin, le meilleur joueur phocéen en termes de régularité ces dernières saisons, le Portugais a su remobiliser un groupe en fin de cycle et tirer le meilleur d’une troupe moins armée que d’autres sur le papier pour le podium.

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En ce sens, le soutien du vestiaire, a priori décisif dans sa décision, prouve qu’il n’y a aujourd’hui qu’un "Head of Football" à l’OM : lui. Le seul à encore incarner l’aspect sportif d’un club qui disputera la Ligue des champions la saison prochaine. Sauf que voilà, cet été sur la Canebière, le sportif ne sera pas l’aspect prioritaire. Exsangue, le club phocéen va devoir vendre. Et pour beaucoup dans un marché atone où les jackpots surprises, comme la vente de Zambo Anguissa pour 30 millions en 2017, risquent d’être très rares.

André Villas-Boas

Crédit: Getty Images

Quelles garanties ?

Si l’on a le droit de croire encore au romantisme dans le football, surtout à Marseille, reste une vraie question : Villas-Boas a-t-il uniquement changé d’avis pour les beaux yeux de son vestiaire ? Peut-être. Pour rejouer la Ligue des champions et essayer de refaire grimper sa cote auprès d’autres cadors européens ? Sûrement. Mais avec quelles garanties ? C’est le vrai nœud du problème. Car s’il a pu échanger avec le propriétaire américain mais également avec son président colocataire, Jacques-Henri Eyraud, difficile d’imaginer que la donne ait profondément changé.

A la recherche de 60 millions d’euros, l’OM peut-il se permettre de refuser certaines offres alléchantes ? Que se passera-t-il si un club exotique met 30 millions sur la table pour Dimitri Payet ? Si le Portugais veut retenir un joueur contre l’avis de son président ? Des questions sans réponse. Mais qui laisse transparaître une réalité : la saison de l’OM n’a pas encore commencé mais elle ne tient déjà qu’à un fil.

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Car, avec ce choix, Villas-Boas détient l’avenir à court terme de son équipe. Ultra-populaire, charismatique et bien implanté dans le paysage médiatique, il est devenu le roi d’une collocation pas comme les autres. Et le club marseillais se trouve désormais à la merci de son revirement. Et si, finalement, il se fatiguait de la situation en cours de saison ? Et si la campagne en Ligue des champions s’avère catastrophique ? On dessine le scenario du pire, vous avez raison. Mais à l’OM, on a tellement tendance à guérir plutôt que de prévenir.

Jacques-Henri Eyraud et André Villas-Boas

Crédit: Getty Images

La petite musique médiatique de la fin de contrat

Imaginons maintenant le meilleur scénario possible. Une saison réussie, un nouveau podium et une Canebière décidément enthousiasmée par le talent et l’aura du Portugais. Quelle suite donner à ça ? C’est aussi l’autre inconnue. La décision de Villas-Boas de ne pas prolonger lui donne les cartes en main. Et la petite musique médiatique autour de son cas ("doit-il prolonger ?" ou "ce club pense à lui…") au printemps prochain pourrait en déstabiliser plus d’un. De là à imiter le Bordeaux de 2010, lancé vers le titre avant de freiner des quatre fers quand l’avenir de Laurent Blanc était devenu le sujet majeur autour du club ? Le risque est réel.

Et Jacques-Henri Eyraud dans tout ça ? Il a réussi son coup. Faire avaler la couleuvre Zubizarreta à son entraîneur. En égratignant sa cote de popularité sur la Canebière, certes. Mais, paradoxalement, il sort aussi grandi de la séquence. Son post LinkedIn de dimanche, où il définit deux postes majeurs à combler à court terme à l’OM, le place en haut d’une pyramide où il s’espère moins exposé aux bourrasques.

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Eyraud ne devrait pas être souvent présent dans les vestiaires ou auprès du groupe pendant les entraînements. Il devrait laisser ça à l’élu pour le poste "Head of Football" qui risque de devoir raccourcir drastiquement sa période d’essai. Le président marseillais incarne le projet "business" de l’OM. Il symbolise surtout le fossé grandissant entre deux entités qui ont acté publiquement leur rupture mais qui ont décidé de cohabiter pour la saison à venir. Cela pourrait être le script d’une mauvaise comédie française : un couple au bord du divorce forcé à partager le même appartement. C’est en fait la réalité de l’OM…

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