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Pinault-Ratcliffe : le duel des milliardaires aux trajectoires convergentes

Pinault-Ratcliffe : le duel des milliardaires aux trajectoires convergentes

Le 23/01/2020 à 23:42Mis à jour Le 24/01/2020 à 16:00

LIGUE 1 – L’OGC Nice accueille le Stade Rennais ce vendredi à l’Allianz Riviera (20h45), pour le compte de la 21e journée de Ligue 1. Une rencontre qui oppose deux clubs aux mains de milliardaires dont les modèles économiques diffèrent. Et si les fortunes des deux propriétaires sont relativement proches, l’un d’entre eux semble plus enclin à mettre la main à la poche. Explications.

Contrairement aux apparences, le PSG et l’AS Monaco ne sont pas les deux seules écuries françaises dont les propriétaires disposent de ressources fleuves. Le Stade Rennais et l’OGC Nice peuvent aussi s’en vanter. Le club breton appartient à la famille Pinault, à la tête de la holding Artémis et du groupe Kering. Les Aiglons, eux, sont aux mains de l’homme d’affaire britannique Jim Ratcliffe, PDG du groupe Ineos.

A Rennes, de la stabilité mais un sentiment de frustration

François Pinault, dont la fortune familiale était évaluée à 26,1 milliards d’euros en 2019 selon le magazine Forbes, est propriétaire du Stade Rennais depuis 1998. L’homme d’affaires avait à l’époque pour objectif de moderniser le club et de le maintenir dans l’élite. L’objectif a été atteint. Mais les premiers investissements sur le marché des transferts ont été bien moins glorieux.

A l’été 2000, le Stade Rennais débourse 58 millions d’euros sur le marché des transferts, ce qui en fait le 6e club le plus dépensier en Europe sur ce mercato. Mais les recrues, notamment Severino Lucas et Mario Turdo, déçoivent. Un flop symbolique qui a poussé François Pinault et son fils, François-Henri, à revoir leur stratégie d’investissement et à miser sur le long terme.

Depuis, la famille Pinault a investi dans la rénovation du stade de la Route de Lorient (appelé Roazhon Park depuis 2015), et misé sur le centre de formation. Sur le plan sportif, le Stade Rennais s’installe régulièrement dans la première partie de tableau et s’invite parfois en Coupe d’Europe. Mais il aura fallu attendre 2019 et la victoire en finale de la Coupe de France pour que le club breton remporte son premier trophée sous l’ère Pinault. Un palmarès qui paraît faible au vu des potentielles ressources dont dispose le propriétaire du club breton.

Au lendemain de cette victoire historique, François-Henri Pinault avait donné les objectifs pour la saison à venir dans Ouest-France : "Le club doit tâcher de s’installer de manière permanente dans les quatre, cinq premiers du championnat (...) Mais attention, il ne s’agit pas de rivaliser, en termes d’investissement, avec le PSG ou certains grands clubs européens ". Troisième de Ligue 1 avant de se déplacer à l’Allianz Riviera, les Bretons sont pour l’instant dans les clous. Mais le Stade Rennais aura sûrement besoin de nouveaux investissements pour enfin passer un cap et s’imposer comme un candidat régulier au podium de Ligue 1 dans les saisons à venir.

Francois Pinault, Olivier Letang et Francois-Henri Pinault - Stade Rennais

Francois Pinault, Olivier Letang et Francois-Henri Pinault - Stade RennaisGetty Images

A Nice, des premiers mois poussifs mais un projet clair et ambitieux

Contrairement au mariage Pinault-Stade Rennais, l’histoire entre Jim Ratcliffe et l’OGC Nice est très récente. Elle a débuté en août dernier, quand le groupe Ineos a racheté le club azuréen pour environ 100 millions d’euros. Au moment de ce rachat, la fortune de l’homme d’affaires britannique était estimée à 24,4 milliards, soit deux de moins que la famille Pinault.

Une fois ses valises posées en terre niçoise, Jim Ratcliffe n’a pas tardé à afficher ses ambitions pour le club. Dans une interview accordée à Nice-Matin, il semblait très clair : "Jouer la Ligue des champions et y être régulièrement, ce serait génial pour Nice, le club et la ville. Mais on doit aborder ce challenge de manière intelligente, ne pas jeter l’argent par les fenêtres".

Des déclarations qui se sont partiellement traduites durant le dernier mercato estival. Gênés par la validation tardive du rachat par l’Autorité de la concurrence, les Aiglons n’ont pu débourser "que" 46 millions d’euros cet été. "Ça a été une négociation compliquée qui a impacté le mercato. On n’a pas eu autant de temps qu’on aurait aimé", avait reconnu Ratcliffe dans les colonnes de Nice-Matin.

Un mercato en demi-teinte qui explique en partie les difficultés qu’ont les hommes de Patrick Vieira cette saison en Ligue 1. Trop irrégulier, le Gym est 11e mais reste à quatre points de la 4e place occupée par le FC Nantes. Les Niçois peuvent encore espérer accrocher une qualification en Coupe d’Europe, et entrevoir un mercato d’été 2020 conséquent et répondant aux besoins de l’effectif.

Cette saison, le Stade Rennais semble mieux structuré et bénéficie du travail effectué depuis plusieurs années par les dirigeants. Mais la réticence qu’a la famille Pinault à investir dans le club pourrait freiner son développement. A l’inverse, les nouveaux propriétaires de l’OGC Nice paraissent bien plus ambitieux, et devraient permettre au Gym de s’imposer sur le long terme comme l’une des meilleures équipes de Ligue 1. C’est en tout cas ce qu’espèrent les frères Ratcliffe.

Jim Ratcliffe

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