Avant Lyon - Saint-Etienne - Rudi Garcia, un coaching trop neutre ?

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LIGUE 1 - Alors que Lyon a (enfin) entamé une série de résultats positifs, Rudi Garcia a lui dégagé un vrai onze-type. Problème, plusieurs joueurs importants doivent désormais se contenter des miettes. Conscient des conséquences que cela pourrait avoir, l'entraîneur de l'OL veut miser sur le coaching pour impliquer le plus grand nombre. Mais il n'est pas un spécialiste en la matière.

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Dans un autre contexte économique, peut-être aurait-on pu parler d'un problème de riche. Alors que certains clubs français peinent à aligner un onze compétitif en Ligue des champions, alors que Saint-Étienne devrait encore aborder le derby avec une poignée de très jeunes joueurs, ce dimanche (21h00), l'Olympique Lyonnais bénéficie lui d'un effectif qui ne manque pas de profondeur. C'est à la fois un avantage, un sacré casse-tête et peut-être même un danger pour un entraîneur comme Rudi Garcia.
Le technicien de l'OL n'est pas franchement réputé pour sa gestion des effectifs. À Marseille, il avait fini par perdre certains joueurs qui n'étaient pas des titulaires indiscutables, mais qui avaient un vrai rôle à jouer dans la rotation. "Il m'est parfois arrivé d'être bon à l'entraînement et de ne pas jouer, racontait par exemple Morgan Sanson il y a quelques mois. Il y a eu une cassure et ça a influé sur les performances collectives." Le coach lyonnais doit-il craindre qu'un tel scénario se répète ?
Les tensions l'ayant opposé à Jeff Reine-Adélaïde, parti à Nice quelques semaines après avoir manifesté publiquement son souhait de bénéficier de plus de temps de jeu, en étaient peut-être les prémices. Samedi, nos confrères de L'Equipe assuraient que la frustration avait gagné plusieurs joueurs : Bruno Guimarães, Maxence Caqueret ou encore Rayan Cherki.

Ne pas toucher aux acquis

Tous installés dans le onze plus ou moins récemment et sur des durées plus ou moins longues, les trois milieux de terrain sont maintenant des remplaçants de luxe. Le Brésilien n'a plus été titularisé depuis le 27 septembre dernier, à Lorient. L'international Espoirs n'a cumulé qu'une grosse trentaine de minutes de jeu depuis le choc face à l'OM le 4 octobre dernier, date de la dernière (courte) apparition du prodige de 17 ans. Héros du quart de finale de Ligue des champions face à Manchester City, Moussa Dembélé fait lui aussi partie des oubliés des dernières semaines.
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Si athlétique mais si perfectible : le "petit" Diomandé va-t-il faire plus que dépanner ?

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Rudi Garcia a ses raisons. Depuis trois matches, l'OL a enclenché une spirale de résultats positifs en gagnant à Strasbourg (2-3), en pulvérisant Monaco (4-1) et en accrochant le robuste LOSC (1-1). Après un début de saison particulièrement délicat, le technicien de 56 ans ne veut pas prendre le moindre risque d'enrayer la machine. "Parfois, c'est important d'envoyer le message que ceux qui jouent et gagnent peuvent continuer à jouer", a-t-il expliqué en conférence de presse.
Et alors que presque tous les coaches se plaignent de l'infernal calendrier de matches, Garcia a à sa disposition un effectif taillé pour jouer sur plusieurs tableaux. Problème, la Coupe de la Ligue a disparu et Lyon est sevré de Coupe d'Europe. Pour conserver un maximum de forces vives, l'ancien coach de l'OM n'a donc pas d'autre choix que de faire tourner. "Bien sûr, j'y réfléchis, même si ça ne veut pas dire que l'équipe qui débutera face à Saint-Étienne sera différente, a-t-il précisé. Mais c'est important de concerner tout le monde."

En sortie de banc, c'est pas brillant

Jusqu'ici, Garcia a fait ce qu'il a dit. Lors des neuf premières journées de Ligue 1, l'entraîneur rhodanien a effectué une quarantaine de remplacements (39), profitant pleinement de la nouvelle règle autorisant cinq changements par rencontre. Mais substituer un joueur par un autre ne suffit pas toujours : pour véritablement impliquer le plus grand nombre, le timing et les choix comptent aussi.
Cette saison, en Ligue 1, aucun joueur lancé en cours de match par le coach lyonnais n'a été impliqué de manière directe (but ou passe décisive) sur un but dans le jeu. À Montpellier, Memphis Depay avait marqué en sortie de banc mais c'était sur penalty. Seul Stéphane Jobard, entraîneur de la lanterne rouge du championnat, est dans le même cas que son homologue rhodanien.
Tuchel (5), Stéphan (6) ou encore Villas-Boas (3) se sont montrés plus inspirés. Preuve que Garcia semble plutôt opter pour des ajustements "politiques" (Dembélé à la place de Kadewere, Caqueret pour Aouar) qui ne traduisent pas une réelle volonté de mettre en valeur les nouveaux entrants.
La valorisation est pourtant un enjeu capital pour l'OL. Plusieurs joueurs en manque de temps de jeu doivent devenir de gros actifs sur le marché des transferts à court ou à moyen-terme. C'est ainsi que Jean-Michel Aulas a rôdé un modèle économique fructueux ces dernières années. Et dans un tel contexte - on y revient - pas question de le délaisser.
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